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Ni summer body ni hot girl summer : comment défaire les injonctions de l’été ?

NYLON unpacks la régulation des corps et des pratiques censées faire honneur aux températures grimpantes mais qui enferment et dictent une vision normative de la liberté estivale.

Chaque été, ado, je me souviens d’un sentiment de manque cruel, d’un FOMO envers une période où le monde entier semblait parti à la plage se dorer la pilule, se rouler moult pelles, danser toute la nuit. Pas moi. Je me retrouvais sans faille au fin fond de la campagne autrichienne, chez ma grand-mère, au pied d’une forêt. Morose, allergique au soleil et au pollen, je passais le plus clair de mon temps assise dans le noir, couverte de piqûres de moustique, à la recherche de ma Ventoline. Je revenais pâle comme un cachet d’aspirine, le pic de fun du séjour correspondant à un chat sur MSN Messenger avant que le modem campagnard ne lâche.

NYLON te parlait récemment de la “summertime sadness” (lire ici), la mélancolie estivale, pour dénoncer une des multiples injonctions de la saison. Voici those that really got to me : tu peux évidemment passer le summer de ta life et vivre la vida loca, mais tu peux aussi ne suivre aucun régime, ne pas te découvrir une sexualité débridée ni vivre une vie nocturne palpitante. Tu peux économiser tes sous, rester en ville, déprimer, ne rien accomplir, and it’s all OK. Comme l’été est devenu un prétexte à normaliser et à imposer, on a listé quelques-unes de ces injonctions pour que tu te souviennes qu’en réalité, le choix n’appartient qu’à toi.

 

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Le summer body

Les féministes le répètent : to have a summer body, tu as juste besoin d’avoir un body et que ce soit le summer. C’est là où j’ai découvert que seuls certains corps étaient dignes d’ être montrés, ceux qui rentrent dans de prétendues normes de désirabilité, toujours hétéropatriarcales. On parle de thigh gap, de zone à problème, à gommer, modifier, camoufler. Enough is enough, tous les corps existent all year round et même quand il s’agit de les dénuder.

Hot girl summer

L’été serait aussi le moment d’exprimer tes pulsions jusque-là réprimées sous les couches de vêtements et ta vie de citadin.e. Dans ce “Sea, Sex & Sun” actualisé, les tenues microscopiques induites par les températures seraient le foreplay d’une consommation sexuelle qui n’attend que d’éclore. Ou pas. J’ai longtemps trouvé que ces espaces, ces interactions, ces injonctions au désir comportaient une grande part d’hétéronormativité propre à l’été sexué – n’étant souvent que safe à pratiquer pour un nombre restreint de personnes. Kiffe, bien sûr, mais ce n’est ni possible ni l’envie de tous.tes.

Partir loin et tout oublier

Prendre des vacances sous-entend souvent des congés payés, ce qui n’a très longtemps pas été mon cas, et j’ai travaillé à travers les mois les plus chauds, comme des millions d’étudiant.e.s ou de personnes précaires. La solitude de se sentir figé.e en ville, ne pas pouvoir s’abandonner à une soudaine vie de luxure lascive comme la promeuvent et normalisent les chick flicks, est la réalité de beaucoup. My tip : essayer d’instaurer un climat de “staycation” où tu te treates, à ton échelle, et te rends la vie plus douce que le restant de l’année.

Glow up

Tu es censée revenir “mieux” de l’été pour ces fameuses retrouvailles entre potes fin août ; ce pas de côté par rapport à ta vie quotidienne devrait être utile en plus d’être une échappatoire : un moment de self-improvement, de détox, où tu as au passage lu un livre par jour, perdu 10 kg, arrêté de fumer, devenu.e adepte du paddle. Moi, l’idée de progrès camouflée dans une performance de lâcher-prise me semble contradictoire, et sûrement pas un idéal pour tous.tes. Tu l’auras deviné, je suis team retox, je mange des frites à l’ombre en lisant Page Six. Don’t tell anyone.

Danser tout l’été

L’été, le laisser-aller est primordial, nous dit-on, et on dirait que ça passe forcément par une fiesta qui n’en finit pas. Sorry to be a party pooper mais j’ai souvent vécu la nightlife comme une injonction, la seule façon décente de se retrouver, se dépasser : une méditation et une transcendance sous des heavy beats. La vie nocturne est un élément central de l’expérience de l’été, avec au centre ce lever de soleil en communion sur une plage burinée par nos pas. Ce que je souhaite à toute personne ayant envie de festoyer. Mais pour celleux qui n’ont pas le décor maritime ou la bande de potes qui va avec, pour celleux qui préfèrent Netflix and chill, libre à toi de vivre dans une parfaite JOMO.

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