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Souffres-tu du syndrome de l’imposteur ?

Il est partout, tu le ressens peut-être sans te l’expliquer, mais no worries… Tu es totally legitimate !

Problème extrêmement courant et totalement enraciné dans la culture du travail post-pandémique d’aujourd’hui : le syndrome de l’imposteur. Celui-ci est plus fréquent que tu ne le penses, et pourtant très rarement abordé. NYLON s’est entretenu avec Carolyn Herfurth, cofondatrice de l’Institut du syndrome de l’imposteur à New York, qui te dit tout ce qu’il faut savoir sur ce sentiment trop souvent tu.

Comme l’a si bien dit Katy Perry, “t’arrive-t-il de te sentir comme un sac plastique ? De dériver dans le vent, de vouloir recommencer” ? C’est exactement la façon dont le syndrome de l’imposteur s’exprime parfois chez moi. Pas la métaphore la plus classe, je sais, mais elle est si juste. L’anxiété liée au sentiment de ne pas être légitime ressemble à une déconnexion totale de la réalité, comme si le poids du monde pesait sur tes épaules et que tu ne pouvais pas bouger ou te concentrer. Mais comme pour presque tout dans la vie, il existe des moyens de contourner ce problème. C’est dans cet esprit que je suis parti à la recherche de ce qu’est le syndrome de l’imposteur. Que faire lorsqu’on est confronté à ce problème ? Et ce que j’ai trouvé sur les réseaux sociaux n’était pas dingue, pour le dire gentiment

 

La plupart des conseils donnés sur TikTok, le soi-disant oracle de la Génération Z, étaient des discours d’encouragement d’influenceurs ressemblant à des coachs de vie. J’ai essayé de mettre en pratique leurs conseils pour mon propre syndrome de l’imposteur, mais ça n’a tout simplement pas fonctionné. Perso, je ne m’identifie pas tellement au côté girlboss-life-coach-that-girl de TikTok, j’aime que les choses soient un peu plus réalistes et humaines. J’ai donc cherché l’avis d’un spécialiste, et j’ai découvert que : 1) le syndrome de l’imposteur est beaucoup plus courant qu’on ne l’imagine, 2) il affecte les femmes, les LGBTQIA+ et les POC beaucoup plus que la moyenne des hommes blancs cis et hétérosexuels, 3) il existe des moyens simples de s’en débarrasser que tu peux mettre en place dans ta vie sans avoir à dépenser tout ton fric dans une thérapie ou un coach de vie, et 4) on ne parle pas assez du syndrome de l’imposteur.

@ladygagakindmeme Répondre à @ladygagakindmeme si tu as passé une mauvaise journée, écoute ce brave speech ❤️#ladygaga#gaga#themonsterballtour#monsterballtour#monsterball#thefamemonster#bebrave#bornthisway ♬ son original – ladygagakindmeme

Pour répondre à toutes tes questions sur le sujet, NYLON s’est entretenu avec Carolyn Herfurth, cofondatrice de l’Institut du syndrome de l’imposteur à New York. C’est parti. 

Tout d’abord, comment expliquer le syndrome de l’imposteur à quelqu’un qui n’est pas familier avec le jargon médical ? 

Pour situer le contexte historique, le syndrome de l’imposteur a été conceptualisé par deux psychologues, Suzanne Imes et Pauline Clance en 1978, qui l’ont appelé le phénomène de l’imposteur. Le terme “syndrome de l’imposteur” est en quelque sorte entré dans le langage courant de la culture pop, probablement dans les années 80. Il n’a donc pas fallu attendre longtemps pour que le phénomène de l’imposteur soit inventé, mais il est important de noter que, malgré son nom de “syndrome“, il ne s’agit pas d’un trouble diagnosticable. Il est nécessaire de préciser qu’il ne s’agit pas d’un trouble, ni d’un problème de santé mentale, mais qu’il s’agit néanmoins de quelque chose de bien réel.

Le syndrome ou phénomène de l’imposteur est ce sentiment qu’ont des millions de personnes dans le monde de ne pas être aussi talentueux.ses, intelligent.e.s, capables ou qualifié.e.s que d’autres personnes le pensent et ces sentiments existent malgré toutes les preuves du contraire. Ainsi, à chaque diplôme, promotion, croissance d’entreprise ou tout autre paramètre de réussite, les personnes prises du syndrome de l’imposteur sont très habiles à dire simplement : “Oh, je peux expliquer toutes ces choses qui ressemblent à des réussites”, comme “J’ai eu de la chance, c’était une tâche simple, j’ai trompé les gens en leur faisant croire que je suis plus capable que je ne le suis en réalité“. Si je devais résumer le syndrome de l’imposteur en une phrase courte, ce serait les personnes qui se sentent profondément comme des imposteurs.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un trouble diagnosticable, le syndrome de l’imposteur pourrait-il être une indication d’autres problèmes de santé mentale comme la dépression ou l’anxiété ? 

Ils ne sont pas nécessairement corrélés. Je veux dire que le syndrome de l’imposteur peut être à l’origine de l’anxiété d’une personne ou contribuer à l’augmenter, mais ils ne sont pas nécessairement liés l’un à l’autre dans tous les cas. Une des choses que nous croyons vraiment à l’ISI (Impostor Syndrome Institute), c’est que le syndrome de l’imposteur a été trop psychologisé. Beaucoup de psychologues vous aideront à parler de votre sentiment d’être un d’imposteur, mais cela a pour effet de vous faire porter toute la responsabilité. Nous, nous pensons que le syndrome de l’imposteur doit être replacé dans son contexte, qu’il est nécessaire d’examiner les choses qui se sont produites dans votre vie ou les choses qui vous entourent, qui vous font, qui provoquent ou évoquent ce sentiment. Cela peut être n’importe quoi ! Le simple fait que vous ayez été élevé.e par des humains pourrait très bien en être la raison.

Je veux dire, nous l’étions tous.tes, non ? Donc, si vous avez grandi dans une famille où il fallait que tout soit parfait, vous pourriez ressentir des sentiments d’imposteur plus tard dans la vie, n’est-ce pas ? Mais pour certaines personnes, il peut s’agir d’un manque de confiance en soi ou d’un manque d’aisance dans son environnement, en particulier chez les jeunes. De nombreuses recherches ont été menées sur le manque de confiance entre les personnes qui s’identifient comme des hommes et celles qui s’identifient comme des femmes, et les chercheur.se.s ont constaté qu’entre 20 et 30 ans, les femmes étaient beaucoup moins confiantes que les hommes. Mais lorsque vous arrivez à la quarantaine et à la cinquantaine, cette différence, cet écart s’estompe. Et après 60 ans, les femmes étaient en fait plus confiantes que les hommes ! Si tu es une femme dans la vingtaine et que tu as moins confiance en toi dans ton travail, les tâches, les augmentations de salaire et les opportunités de briller seront très probablement reportées sur la personne la plus confiante dans la pièce ; et si les hommes dans la vingtaine sont plus confiants que les femmes, qui obtiendra les promotions et la reconnaissance ? C’est pourquoi il est important de comprendre et de gérer la culture de l’imposteur de manière générale. Et ce n’est pas seulement une question de genre, des études ont également montré que les problèmes de diversité y sont liés. Les personnes de couleur et les personnes LGBTQIA+ sont plus exposées au syndrome de l’imposteur, surtout lorsqu’elles travaillent dans des environnements peu diversifiés. Les personnes qui travaillent dans des domaines créatifs sont également plus sujettes au syndrome de l’imposteur. Il s’agit d’un problème qui affecte constamment de nombreux groupes de personnes et qui doit faire partie de la discussion sur la culture du travail aujourd’hui.

Comment une personne peut-elle identifier chez elle ou chez les autres un cas de syndrome de l’imposteur ? 

Quand on vit ces expériences d’imposteur, on commence généralement à montrer des comportements qui nous aident à faire face ou à couvrir ces sentiments. C’est ce que nous appelons des mécanismes d’adaptation et de protection. Les premiers signes sont les suivants : si ta confiance est faible, si tu n’es pas sûr.e de la réponse, si tu n’es pas sûr.e de tes connaissances sur un sujet ou si tu n’es pas aussi compétent.e que les autres le pensent, tu risques de ne pas lever la main lors d’une réunion. Tu ne vas peut-être pas partager tes idées. Tu ne chercheras peut-être pas à obtenir une promotion. Passer sous le radar est un comportement. La procrastination en est un autre. La recherche d’un perfectionnisme constant peut en être un autre et ils peuvent également être corrélés dans un cycle ; par exemple, un désir de perfectionnisme constant peut conduire à la procrastination, qui peut t’amener à penser que tes compétences ne sont pas suffisantes pour accomplir une tâche donnée.

 

Quel que soit ton degré de confiance, plus tu te lanceras, plus tu continueras, plus tu auras confiance en toi. C’est aussi simple que cela. 

Que peut faire une personne une fois qu’elle a perçu ces sentiments et comportements d’imposteur ?

Le truc, c’est qu’il n’y a pas de remède exact pour le soigner. Tu ne te sens pas comme un imposteur lorsque tu fais tes courses au supermarché ou que tu promènes ton chien, tu te sens comme un imposteur lors d’une réunion. C’est quand ta carrière a du succès que cela se produit le plus souvent, et plus tu grimpes sur l’échelle professionnelle, plus tu risques d’en faire l’expérience.

Alors quelle est la solution ?

À l’ISI, nous enseignons trois outils – c’est le travail de ma cofondatrice, Dr Valerie Young, qui a créé cette solution appelée Rethinking Impostor Syndrome. Le premier outil consiste à normaliser le syndrome de l’imposteur. Les gens doivent savoir qu’il n’y a absolument rien qui cloche chez eux et qu’ils sont en bonne compagnie. Je veux dire que 70 % des gens en font l’expérience à un moment ou à un autre, donc tu n’es vraiment pas seul.e dans ce cas et en le comprenant, tu peux trouver d’où viennent ces sentiments en premier lieu. Est-ce parce que j’ai reçu, enfant, le message que tout doit être parfait ? Est-ce parce que je suis la première génération de ma famille à aller à l’université, à obtenir un emploi de col blanc ou à avoir une quelconque réussite financière ? Il y a de nombreuses raisons. Comprends-le, parles-en, ce n’est pas forcément un secret. Le comprendre, c’est le normaliser, ce qui le rend beaucoup plus facile à gérer. 

Le deuxième outil que nous conseillons est de recadrer la situation. Par exemple, tu as ce moment d’imposture et tu te dis : “Oh, dois-je lever la main ou pas ? Devrais-je ou ne devrais-je pas partager cette idée ?” Nous disons : “Vas-y !” Pour aider les gens dans cette démarche, nous aimons utiliser le terme “réaliste humble”. Il faut se dire que si 70 % des gens se sentent imposteurs à un moment ou à un autre, il y a ces 30 % restants qui ne s’y identifient pas du tout. Certains parmi ces 30 % sont des narcissiques ou super intelligents, mais les autres sont des personnes comme les autres qui ne se sentent tout simplement pas imposteurs. Ils sont ce que nous appelons des réalistes humbles. Ils ont une relation différente avec la compétence, l’échec, le succès, la peur et la critique constructive. Une façon de penser humblement réaliste serait de dire “Vous savez quoi ? Je ne sais pas tout et si je me plante, ce n’est pas grave ! Les erreurs font partie de la vie”, plutôt que “OMG, les gens vont comprendre que je n’ai aucune idée de ce que je fais !”.  

La troisième étape consiste à continuer malgré tout. Il faut foncer ! Ne réfléchis pas à deux fois, fais-le. Parce que, quel que soit ton degré de confiance, plus tu te lanceras, plus tu continueras, plus tu auras confiance en toi. C’est aussi simple que cela. 

 

Les réseaux sociaux et la numérisation du travail et de notre vie quotidienne font-ils que le syndrome de l’imposteur est de plus en plus présent dans la vie des gens – surtout des jeunes ?

Le syndrome de l’imposteur a définitivement gagné en temps d’antenne, ne serait-ce qu’au cours des deux dernières années avec la pandémie, et ce qui est inquiétant, c’est qu’il y a beaucoup de conseils bien intentionnés, mais mauvais. Il y a deux types de conseils que nous trouvons quelque peu dangereux : le premier est celui qui consiste à dire que c’est ton “superpouvoir”. Le syndrome de l’imposteur te rend humble ou te fait travailler plus dur. Eh bien je pense que personne n’a besoin de passer par là pour se motiver à travailler dur. C’est devenu une grande partie de la culture du travail aujourd’hui, de toujours te pousser à faire plus, cette relation entrepreneuriale au travail qui pourrait devenir très toxique et conduire à d’autres problèmes plus tard dans la vie.

Et puis ce sont des conseils trop incitatifs. L’autre jour, j’ai entendu quelqu’un dire qu’il fallait dresser une liste de ses réalisations et la consulter chaque fois qu’on a un moment d’imposture. Cela semble être un conseil positif, mais le problème est que le syndrome de l’imposteur est le plus souvent lié à la capacité de la personne à justifier ses réalisations en les qualifiant de “pure chance” et à se discréditer pour tout ce qu’elle a fait. Et ce n’est pas ce que tu veux faire lorsque tu as un moment d’imposture. Au fur et à mesure que tu dresses cette liste et que ces sentiments et ces pensées font surface, la situation n’est pas claire sur le plan émotionnel.

C’est l’une des principales raisons pour lesquelles nous cherchons à normaliser le syndrome de l’imposteur. Les gens doivent savoir que ce problème ne leur est pas propre et qu’il ne s’agit pas d’un superpouvoir. C’est quelque chose que la plupart d’entre nous vivront au moins une fois dans leur vie et il existe des moyens simples et sains de le gérer.

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