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Rosa Boh-neur et Rubi Pigeon : rencontre avec les queens de la mode écoresponsable

Dénigré pendant des années au profit de la fast fashion, le marché de la seconde main explose grâce à la prise de conscience écologique – et les contraintes économiques – de la jeune génération. Un succès rendu possible grâce à des influenceuses comme Rosa Boh-neur et Rubi Pigeon, qui imposent la mode éco-consciente comme le nouveau cool.

Longtemps réservée aux fans du vintage, la seconde main s’est démocratisée ces dernières années auprès du grand public et tout particulièrement des plus jeunes générations. Depuis une dizaine d’années, le marché croît de manière exponentielle. Sites de revente en ligne, friperies, marques green : l’essor de ces commerces traduit un véritable engouement pour la mode écoresponsable.

Si ce mode de consommation moins dévastateur pour la planète a autant de succès, c’est en partie grâce à des influenceuses comme Tess Ryfa aka Rosa Boh-neur ou Rubi Pigeon, créatrice de la marque d’upcycling Rusmin, qui popularisent la mode éco-consciente sur les réseaux sociaux. Leur dernier projet ? Une collab upcycling avec Zalando, géant du prêt-à-porter qui a lui aussi lancé sa plateforme de seconde main.

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration pour L’Atelier Zalando et des pièces que vous avez réalisées ensemble pour cette résidence artistique éphémère ?

Rubi : Le but lors de cette collab était d’associer une créatrice (moi) et une influenceuse (Tess) afin d’upcycler des vêtements. On a customisé des pièces en jean. Avec Tess, on adore les années 2000 car on a grandi à cette époque. Le denim, ça nous a rappelé Britney Spears et Justin Timberlake, on l’a donc mixé avec du strass pour un style bling : c’était très fun.

Quand avez-vous commencé à consommer des pièces de seconde main ?

R : Très jeune, quand j’ai déménagé à Londres avec mes parents. C’était quelque chose qui était déjà démocratisé là-bas. J’avais 14 ans, pas forcément l’argent pour m’acheter des fringues et je trouvais que la seconde main avait plus de caractère que la fast fashion.

Tess : Je consomme aussi de la seconde main depuis toute jeune mais ça fait à peu près trois quatre ans que je me tourne vers ce type de pièces en priorité dès que je cherche des vêtements. Quand j’étais étudiante, je le faisais principalement pour le style, pour me démarquer, mais également pour avoir des pièces pas chères.

Et pourquoi avoir sauté le pas vers l’upcycling ?

R : C’est venu de manière organique à force d’acheter de la seconde main. Mon but premier était de produire une pièce que je ne trouvais pas sur le marché ou qui coûtait trop cher. Si tu te creuses un minimum la tête, tu peux la reproduire facilement avec ce que tu as déjà chez toi.

T : J’ai commencé l’upcycling pour remettre des vêtements de seconde main à ma taille ou au goût du jour. Déjà, c’est plus écolo et en plus, tu peux avoir un truc stylé et réalisé par toi-même : c’est hyper gratifiant.

Est-ce que votre sensibilité pour la mode éco-consciente vous a incitées à vous engager pour l’environnement dans d’autres domaines ?

R : Je n’ai pas commencé par l’upcycling pour sauver le monde mais parce que c’était plus pratique pour moi. Mais en regardant des documentaires, je me suis rendu compte que la mode était une industrie très polluante. Petit à petit, je suis devenue végétarienne, contre l’industrie de masse, j’utilise des produits naturels dans ma salle de bains etc.. Ça a commencé par la mode et ça a fait boule de neige sur ma consommation globale.

T : Une fois que tu commences à mettre le nez là-dedans et à prendre conscience des désastres écologiques, tu essaies forcément de faire des efforts.

Avez-vous observé un engouement particulier sur ces sujets et vos contenus depuis le confinement provoqué par la pandémie de Covid ?

R : Tout à fait. J’ai pris 20 000 followers en trois mois donc c’est assez fou. On sentait que tout le monde voulait faire des choses de ses mains, c’était très cool. Maintenant, quand je croise des filles dans la rue, elles me disent qu’elles vont arrêter la fast fashion grâce à moi. Et là, je me dis que c’est trop bien qu’on serve à ça.

Pendant des années, coudre ou acheter des vêtements déjà portés était vu comme ringard. Quel regard portez-vous sur ce succès récent auprès des plus jeunes générations ?

T : Il y a de plus en plus de gens qui comprennent que c’est bien, qui ne sont plus dégoûtés par les vêtements de seconde main. On essaie juste de dire qu’un vêtement, ça se lave et que surtout, il y en a des tonnes et des tonnes qui existent déjà ! Tout revient à la mode. Tu peux par exemple trouver des trucs hyper cool des années 2000 sur Vinted.

R : C’est vrai, le fait que la mode tourne et que tous les vingt ans, certaines pièces redeviennent cool, ça aide. On le voit avec les grandes marques de luxe qui sortent leurs rééditions : tu peux juste acheter la pièce en version vintage et le tour est joué. Tout est du marketing : on a appris aux gens que c’était dégueulasse de s’habiller en seconde main comme c’était essentiel d’avoir la dernière pièce de fast fashion à la mode. Nous, on va faire le même travail, mais à l’envers.

T : Il faut essayer de rendre la mode écoresponsable sexy.

Car la mode écoresponsable n’est pas forcément désirable ?

R : Personnellement, je ne me sens pas du tout ciblée par les marques écoresponsables. C’est pour ça que j’ai créé ma marque car je veux essayer de rendre l’upcycling cool, rock’n’roll, amusant… Il ne faut pas en faire tout un cake. Aujourd’hui, quand des gens créent un label écoresponsable, c’est leur premier argument de vente alors que nous, tout ce qu’on veut, c’est un bon boule dans notre jean : on ne demande pas la lune !

T : Pour beaucoup, être écoresponsable, c’est être minimaliste et avoir peu de fringues dans ton dressing. Nous, on n’est pas du tout comme ça, donc c’est compliqué de s’identifier à ce genre de discours.

Quels sont vos objectifs et projets pour 2021 ?

T : Je ne sais pas comment ça va se passer au niveau du Covid mais j’essaie de continuer les tutos et collaborer avec des gens qui parlent de la même chose que moi, comme Rubi !

R : Je vais travailler sur ma marque Rusmin et éventuellement collaborer avec des enseignes qui pourraient nous donner leurs invendus. J’ai envie de grandir – tout en gardant une échelle saine et consciencieuse – et d’avoir un atelier d’ici la fin de l’année.

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