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Rencontre avec The Last Dinner Party, ton nouveau groupe préféré

Après plus d'une année rythmée de concerts live et une fanbase de plus en plus solide en Europe, The Last Dinner Party, qui affiche déjà complet pour leur concert à Paris le 20 février et qui s'apprêtent à s'envoler pour une tournée en Amérique du Nord, dévoile enfin leur premier album Prelude to Ecstasy ce vendredi. Et c'est en effet de l'extase pure !

Depuis un peu plus d’une année, The Last Dinner Party s’impose comme une réf’ musicale culte parmi les féru.e.s de musique rock indé. Composé de musiciennes exclusivement, le groupe a su s’affirmer grâce à un cocktail envoûtant de musique rock et mélodieuse, puisant dans une esthétique coquette alliée à des riffs puissants. La chanteuse et leadeuse du groupe, Abigail Morris, se révèle sur scène comme une véritable force de la nature, maniant une performance qui, dans un univers parallèle, en ferait la fille illégitime de Freddie Mercury et Florence Welch. Mais elle n’est pas la seule étoile montante du groupe : Emily Roberts (guitare principale), Georgia Davies (basse), Lizzie Mayland (guitare rythmique) et Aurora Nishevci (clavier) sont également des talents plus que prometteurs à surveiller de près. Ce qui fascine leur fanbase de plus en plus grande, au-delà de leur prestation scénique ultra puissante où elles invitent, entre autres, leurs fans à se déguiser en vampires de la Renaissance, c’est surtout leur univers musical ; un savant mélange de la musique rock des années 80 et de romantisme pop avec un brin de film musical. Aujourd’hui, un peu plus d’un an après avoir assuré les premières parties de dieux vivants de la musique tels que The Rolling Stones et Nick Cave, The Last Dinner Party dévoile leur premier opus, qui sort ce vendredi, et qui est, à juste titre, acclamé comme l’un des débuts musicaux les plus marquants de l’année 2024. NYLON a rencontré Abigail et Emily autour d’un café à Paris pour échanger sur leurs ambitions et leurs visions pour le groupe à l’avenir. Prépare-toi à découvrir The Last Dinner Party et plonge dans notre entretien exclusif avec le duo leader du groupe ci-dessous.

 

Pour celleux qui ne vous connaissent pas encore, racontez-nous votre histoire. Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Emily : Georgia, Abby et Lizzie se sont toutes rencontrées à l’université. Georgia et Abby ont étudié la littérature anglaise et Lizzie fait de l’histoire de l’art. Et puis, nous avons commencé à répéter ensemble il y a quelques années. Mais oui, à l’origine, c’est Abby et Georgia qui ont eu l’idée de former un groupe.

Abigail : Et ensuite, nous avons réussi à convaincre tout le monde de se joindre à nous ! En effet, Georgia, Lizzy et moi nous sommes rencontrées juste avant d’aller à l’université à Londres et nous avons construit notre amitié en passant notre première année à aller à des concerts et à s’en parler. On a commencé à penser à former un groupe et j’ai rencontré Em (Emily Roberts, guitare principale, ndlr) grâce à un ami commun qui me l’a recommandée comme la meilleure guitariste qu’il connaissait ! Ensuite, on a intégré Aurora (clavier, ndlr). On est toutes devenues amies grâce à ça.

Vous avez captivé l’attention à la fois sur les réseaux et sur scène grâce à vos tenues uniques, mêlant le barocco-gothique à des éléments médiévaux. D’où vous vient ce sens de la mode aussi pointu ?

Emily : Certaines d’entre nous ont étudié la littérature anglaise à l’université et ont beaucoup travaillé sur des sujets du 19e siècle, donc on aime bien un peu de gothique et de romantique. Ce monde de décadence a une véritable esthétique ! Mais on aime aussi se donner des thèmes de mode pour différents concerts, comme pour l’un c’était  “vampire de la renaissance italienne” et pour un autre, ça pourrait être “David Bowie”, “Princesse Diana” ou encore “Alice au pays des merveilles”. Autant visuellement qu’au niveau sonore, on essaie toujours de faire des choses différentes. “Maximal” est le mot clé qu’on utilise pour toutes en termes de visuels et de son. On est tout sauf “less is more” ! 

Abigail : Au début pour nos concerts, nous avons commencé à instaurer des thèmes vestimentaires, initialement juste entre nous au sein de groupe sans les annoncer aux fans. Ce qui est vraiment extra, c’est que nos fans ont adopté cette vibe, donc maintenant, nous n’avons pas besoin d’imposer un code vestimentaire spécifique pour chaque concert. Les gens viennent spontanément habillés à thème, ajoutant une couche supplémentaire d’excitation et de plaisir à nos performances, car on a toujours trop hâte de voir leurs looks ! 

Votre style et la direction artistique de vos clips vidéo affichent une identité visuelle marquée. Pourriez-vous m’en dire plus sur le rôle et l’importance de la direction artistique dans votre démarche créative en tant qu’artistes ?

Abigail : L’univers visuel que nous concevons joue un rôle crucial pour notre musique, d’autant plus que celle-ci se transforme et évolue continuellement. Cet univers visuel fait partie des premières visions que nous avons eues, bien avant même de commencer nos répétitions en tant que groupe. Nous nous sommes réunies pour réfléchir à notre identité, à l’imaginaire que notre nom pourrait susciter, et au monde esthétique que nous désirions créer.

Qui sont vos héros et héroïnes perso dans la musique ?

Abigail & Emily : David Bowie, toujours ! Et Kate Bush, on est vraiment fans.

Pourquoi avez-vous choisi “Nothing Matters” pour donner l’avant-goût de votre musique au grand public ?

Abigail : Pour exprimer cette sensation que tout est à découvert, sans subtilité. C’était notre manière de capturer l’audace qui semble faire défaut actuellement. On ne recherchait pas une chanson d’amour évidente. On voulait créer quelque chose de tangible, d’émancipé et de sincère, flirtant avec la provocation. 

Qu’est-ce qui unit chacune de vos chansons, selon vous ?

Abigail : Le fil conducteur de nos chansons, c’est l’extase sous toutes ses formes. Que ce soit l’extase de l’euphorie, l’extase d’endurer une douleur profonde, de s’abandonner en martyr, ou de trouver un plaisir dans l’agonie. Ce qui les unit toutes, c’est précisément l’extase, poussée à ses extrêmes, où la douleur, le plaisir et la joie se rencontrent.

Pourriez-vous élaborer un peu sur l’évolution de votre musique ?

Abigail :  Au départ, la plupart des chansons provenaient de compositions que j’avais créées moi-même au piano, ce qui est assez distinct de leur forme finale sur l’album, car je ne suis pas habile à composer des lignes de guitare. Généralement, pour la plupart des morceaux de l’album, le processus commence par une simple démo piano et voix. Je crois que lorsque tout le monde l’écoute, des idées diverses sur sa transformation potentielle émergent. Et c’est là la beauté de la collaboration au sein d’une équipe de cinq membres ; on n’est pas confiné à une approche singulière. Chaque nouvelle chanson apporte de nouvelles perspectives et approches que nous souhaitons explorer. Donc, je dirais que chaque chanson subit une évolution unique, façonnée par les contributions collectives et les idées et directions distinctes apportées par chaque membre à ce moment-là.

En parlant d’extase, Prelude to Ecstasy, votre premier album sort ce vendredi. Maintenant que votre premier album est sur le point d’être entendu par le monde entier, quel message voulez-vous transmettre ?

Abigail : L’important pour nous cinq, c’est que nous voulons créer une musique qui nous challenge et nous intéresse continuellement. On a pas envie d’être enfermées dans un seul genre musical ou un seul type de style à la mode. 

Avez-vous rencontré des défis ou des moments particulièrement mémorables lors du processus de composition de ce premier album ?

Emily : Pas vraiment, car on aime bien expérimenter et surtout s’écouter mutuellement ! Je crois que nous avons un respect mutuel au sein du groupe. Si quelqu’un est profondément attaché à une idée, nous la respectons. Quand je remarque que l’une d’entre nous est vraiment passionnée par quelque chose, je me donne un maximum pour réaliser son idée. En fait, il s’agit d’accumuler ces éléments chéris auxquels tout le monde tient pour aboutir à la chanson finale. 

Votre musique possède une essence distinctement romantique et mélodramatique, en plus d’une qualité cinématographique. Pourriez-vous partager votre perspective à ce sujet ?

Abigail : Absolument, c’est tout à fait cela !

Emily : Je pense que nous sommes toutes collectivement attirées par un style de création musicale et de narration qui transcende l’ordinaire, qui élève la narration d’un événement ou d’une émotion au-delà du banal. Nous avons une inclinaison pour des approches qui enrichissent le récit, lui conférant une dimension mystique et théâtrale. En effet, ‘mélodrame’ est un terme tout à fait approprié pour décrire notre ethos musical.

Vous avez eu l’opportunité de faire la première partie de certains artistes iconiques. Comment avez-vous vécu la transition de petites salles de concert aux festivals et aux premières parties de grands artistes ?

Abigail : C’était une expérience folle ! C’est à la fois intimidant et, étrangement, moins qu’on ne le pense. Nos ambitions ont toujours été grandes – nous adorons la scène des clubs, mais en raison de notre nature théâtrale et de notre style musical ambitieux, nous avons toujours aspiré à toucher un public plus large. Curieusement, se produire dans des lieux intimistes peut sembler plus intimidant. Le moment le plus surréaliste fut l’année dernière, lorsque nous avons ouvert pour les Rolling Stones, jouant devant la plus grande foule que nous ayons jamais eue. C’était incroyablement angoissant, mais l’immensité du public rendait l’expérience moins intimidante d’une certaine manière ; la multitude de visages se fond en un seul, réduisant le sentiment de vulnérabilité. Cela dit, jouer devant un public plus restreint apporte son propre ensemble de défis et une intensité différente. La vulnérabilité est essentielle ! Devant un petit public, la connexion est plus directe,  tu vois les réactions sur les visages des gens, et cela nécessite une certaine ouverture au public, qui, bien que gratifiante, peut aussi être assez intimidante, je trouve. 

Avez-vous des souvenirs précieux avec vos fans que vous aimeriez partager ?

Abigail : Oui, énormément ! Nous avons récemment réalisé notre première tournée principale au Royaume-Uni, et c’était très touchant de voir comment, lors de nombreux concerts, les fans nous ont apporté des fleurs, chaque personne contribuant de manière unique. Cela est devenu un geste spontané pendant notre performance de “Nothing Matters”. Recevoir ces fleurs, c’était incroyablement cinématographique, comme une scène tout droit sortie d’un film.

Emily : Et puis il y avait aussi des fans qui nous ont fabriqué des bracelets, gravés avec “Nothing Matters”, ce qui était vraiment touchant. Un autre moment marquant a été de voir des fans poster des reprises de solos de guitare sur TikTok. C’était surréaliste pour moi en tant que guitariste. Je me suis un peu reconnue dans ces fans. J’ai toujours aimé faire des petites reprises solo, et voir les fans faire de même était à la fois adorable et incroyablement cool !

Quel est votre ressenti en tant que nouveau groupe très en vogue qui doit naviguer dans les complexités des réseaux sociaux ?

Abigail : Pour moi, c’est une épée à double tranchant. D’un côté, c’est incroyablement bénéfique, et en tant qu’artiste, on doit reconnaître que c’est un outil essentiel. Se désengager complètement des réseaux sociaux n’est pas vraiment une option ; c’est une partie nécessaire pour faire connaître notre musique.

Emily : Et puis les réseaux ont joué un rôle crucial pour nous au début, comme lorsque quelqu’un a posté des extraits d’un de nos concerts sur YouTube, ce qui a fait que notre label et notre management nous ont découvertes.

Abigail : Cependant, nous nous efforçons de les utiliser d’une manière qui corresponde à nos valeurs, en mettant l’accent sur des connexions authentiques avec les fans et en partageant notre créativité. Je trouve que les réseaux sociaux, malgré tous leurs avantages, ont tendance à dépouiller une partie du mystère associé à la musique. Faire partie d’un groupe de rock a toujours impliqué un certain degré de mystère vis-à-vis du public, de ne pas tout révéler aux yeux de tous. 

Dernière question : si vous aviez l’opportunité de faire des featurings avec des artistes renommés dans un avenir proche, qui figurerait sur votre liste de souhaits ?

Emily : Oh mon Dieu, il y en a tellement !

Abigail : Charlie XCX, sans aucun doute, et imagine Snoop Dogg posant un couplet sur l’un de nos morceaux. Ce serait incroyable !

Emily : Et il ne faut pas oublier Florence and the Machine et Caroline Polachek. Collaborer avec elles serait absolument fantastique. Croisons les doigts pour que cela arrive un jour !

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