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Mode

Le cool hongkongais à l’assaut de Paris

Depuis 2013, la FFF (Fashion Farm Foundation) supporte les designers les plus prometteurs de Hong Kong. Un soutien concrétisé par un événement phare : la HKFG. Au cœur d’un showroom à la Paris Fashion Week, ces jeunes talents exposent leurs créations sous les yeux des médias et acheteurs à la recherche de designs innovants.

©PONDER.ER

Quel.le jeune créateur.rice ne rêverait pas d’être soutenu.e dans son projet artistique et montrer ses plus belles pièces lors de la semaine de la mode à Paris ? C’est le pari de la FFF qui supporte les designers les plus talentueux d’Hong Kong. “Nous fournissons une plateforme enrichissante pour les designers en herbe afin qu’ils puissent éclore et explorer leurs capacités. Lorsqu’ils se sentent prêts, nous leur proposons le meilleur lieu pour présenter leurs créations méticuleuses, fruit de leur travail acharné, de leur talent et de leur persévérance”, nous détaille Edith Law, présidente de l’organisation. 

En effet, depuis 2013, la FFF organise un événement unique pour ces créateurs : la HKFG (auparavant dénommé Fashion Guerilla). Le concept ? Les designers exposent leurs créations aux yeux des médias et acheteurs friands de nouveautés dans un showroom parisien. Inscrit au calendrier officiel de la Fashion Week, ce programme a permis l’émergence de talents aujourd’hui reconnus. “Nos diplômés, tels qu’Anaïs Jourden et FFIXXED STUDIOS, ont connu un succès considérable en matière d’exposition médiatique et de business grâce à notre projet”, souligne Edith Law.

Pour cette édition très particulière – car marquée par le Covid-19 –, pas de défilé prévu mais un salon ultra-léché, soit le parfait écrin pour mettre en valeur des créations canons et des fashion films innovants sur grand écran. Pour NYLON France, l’organisation FFF ainsi que les créateur.rice.s de PabePabe, PONDER.ER et Vann nous racontent les dessous de cet événement à suivre de très près !

Liu Xing et Logan Chan, créateurs de PabePabe

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour à tou.te.s les lecteur.rice.s de NYLON, nous sommes les cofondateurs de PabePabe, Liu Xing et Logan Chan. Nous avons tous deux étudié dans la même école d’art expérimental et partageons une même esthétique de la création d’œuvres d’art et de designs.

Comment et quand avez-vous créé votre marque ?

Dans un premier temps, Liu Xing a créé quelques œuvres d’art et des sacs avec des visuels forts en 2018, puis nous avons commencé à créer des pièces ensemble pour des séries. Certains téléspectateurs et camarades de classe ont demandé s’ils pouvaient commander nos pièces et nous avons commencé à produire quelques stocks pour les vendre. On n’arrête pas de se développer depuis.

Quel est l’ADN de votre marque ?

L’ADN de notre marque est une esthétique absolument ridicule. Nous créons des sacs et des designs avec des objets du quotidien, mais nous les transformons en des objets que les gens n’ont peut-être jamais vus.

Quel message voulez-vous faire passer avec cette collection ?

Nous voulons partager de l’énergie et de l’inspiration. Nous espérons pouvoir donner un coup de pouce aux gens avec notre nouvelle collection dans cet environnement déprimant.

Liu Ching & Logan Chan

PabePabe

La crise du Covid a-t-elle interféré avec votre processus créatif ?

Comme nous sommes maintenant basés séparément à Canton et à Hong Kong, nous n’avons pas pu nous rencontrer en personne pendant environ deux ans. Nous ne pouvons que communiquer fréquemment en ligne et envoyer des échantillons à distance, ce qui nous a pris forcément plus de temps pour confirmer les designs.

Quelles sont les pièces majeures de votre collection ?

Les pièces majeures sont sans aucun doute le socket bag et le on-off bag. Ces deux pièces combinent et intègrent parfaitement les objets quotidiens que nous choisissons dans la conception des sacs tout en préservant l’expérience d’utilisation réelle des objets dans la vie quotidienne. Par exemple, la façon de fermer notre socket bag est la même que celle dont vous branchez vos chargeurs au Starbucks.

Qu’est-ce que ça signifie pour vous de présenter vos créations à la Fashion Week de Paris ?

Cela signifie beaucoup pour nous car c’est la meilleure occasion de présenter nos idées auprès d’un marché international. 

Qu’attendez-vous de cet événement ?

Nous en attendons des conversations importantes et des échanges de points de vue sur l’art, les dessins et les créations.

Alex Po et Derek Cheng, créateurs de PONDER.ER

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, nous sommes Alex et Derek, nous avons tous deux grandi à Hong Kong avant d’étudier à Londres. Nous étions camarades de classe et colocataires à la Central Saint Martins et Alex s’est ensuite spécialisé dans le tricot au Royal College of Art après avoir obtenu son diplôme du CSM. Nos esthétiques différaient beaucoup l’une de l’autre lorsque nous étions à l’école, mais nous étions tous deux désireux d’explorer et de défier l’idée de “ce que peut être la mode masculine”.

Comment et quand avez-vous créé votre marque ?

Les premières discussions ont commencé lorsque nous étions à la Fashion Week de Shanghai il y a environ trois ans. C’était assez rafraîchissant de voir une nouvelle vague de talents émergents présenter leur travail sur la scène à ce moment-là. On a donc pensé à travailler ensemble pour créer une marque qui apporterait un nouveau point de vue sur la scène relativement restreinte de la mode masculine. Quelque temps après qu’Alex s’est réinstallé à Hong Kong, nous avons lancé notre marque PONDER.ER, à l’été 2019.

Quel est l’ADN de votre marque ?

Notre marque vise à “liquéfier la masculinité”, il ne s’agit pas tant de dire que porter un costume est mal, mais plutôt de diversifier ce que signifie la masculinité dans un contexte social moderne, et de savoir si nous pouvons élargir et explorer le menswear à travers une approche alternative. Nos inspirations viennent souvent de nos expériences, grandir en tant qu’homme “doux” dans des familles relativement conservatrices. À travers notre marque, nous cherchons à défier les stéréotypes de genre et les normes sociales qui sont souvent associées aux hommes. Bien que les points de départ soient généralement liés au concept de masculinité, nos résultats sont naturellement fluides en termes de genre.

Alex Po & Derek Cheng

PONDER.ER

Quel message voulez-vous faire passer avec cette collection ?

Notre collection SS22 LOVE FOR SPEED s’inspire de l’“aventurisme masculin”, le concept de garçons/hommes qui sont encouragés à s’engager dans des activités à hauts risques liées à la vitesse, à la puissance et souvent à la permission de se blesser ou de blesser les autres. Plutôt que de juger ces actes de violence et d’imprudence, nous voulions simplement soulever des questions sur la glorification de ces comportements, et en même temps, voir la beauté et le romantisme dans la vulnérabilité.

La crise du Covid a-t-elle interféré avec votre processus créatif ?

Elle a certainement perturbé notre emploi du temps et notre façon de créer, car elle a un impact considérable sur notre vie quotidienne. Mais avec une pandémie comme celle-ci, en regardant les choses positivement, cela nous oblige vraiment à être encore plus créatifs et ingénieux en termes de création d’une collection et de production de matériel promotionnel. Nous avons travaillé plus étroitement avec des artisans et des couturières locales, ce qui a été un processus intéressant en soi, car nous avons pu travailler avec des personnes de la génération où Hong Kong était encore une grande région de fabrication de textiles et de vêtements. Nous avons trouvé plus d’opportunités comme cette présentation avec la Fashion Farm Foundation, où nous pouvons laisser libre cours à notre créativité aux côtés d’un groupe d’incroyables talents locaux pour présenter notre nouvelle collection numériquement.

Quelles sont les pièces majeures de votre collection ?

Le jeu avec les textiles est devenu un élément crucial de nos collections. Vous pouvez voir des structures tricotées à la main avec des rubans de nylon (recyclés à partir de tissus en nylon usagés dans des usines avec lesquelles nous travaillons en Chine) insérés dans des pulls en mohair et des pantalons en laine tricotés de manière lâche. Nos techniques de smocking ont été associées à l’impression pour créer des pièces aux effets graphiques et aux textures marquées. Cette saison encore, le tricot a fait l’objet d’une attention particulière, avec des pièces accrocheuses que nous avons développées sur le thème de la course automobile, comme le body en laine tricotée et le survêtement en tricot avec des détails classiques de workwear en denim.

Qu’est-ce que ça signifie pour vous de présenter vos créations à la Fashion Week de Paris ?

Nous avons lancé notre toute première collection commercialisée (AW20) en janvier 2020 lors du LONDON show ROOMS du British Fashion Council à Paris. Après cela, nous n’avons pas été en mesure d’être physiquement à Paris en raison de la pandémie. Nous avons toujours le sentiment que l’Europe nous a donné beaucoup d’inspirations et d’expériences créatives depuis l’université, et la culture de la mode embrasse tout naturellement l’histoire que nous racontons à travers notre marque. Nous sommes reconnaissants de voir qu’en cette période difficile, nous sommes toujours en mesure d’être virtuellement connectés à cette communauté à Paris et de recevoir des réactions d’acheteurs, de médias et d’acteurs du secteur à travers le monde.

Qu’attendez-vous de cet événement ?

Grâce à cet événement, nous aimerions vraiment nous connecter (et nous reconnecter) avec la communauté créative que nous aimons tant, et faire connaître nos histoires et notre culture de marque à davantage de personnes qui ne nous connaissaient pas auparavant. C’est une plateforme extraordinaire pour représenter la communauté créative de Hong Kong, qui se diversifie de plus en plus, et pour présenter notre collection, à la fois numériquement et physiquement, en cette période compliquée.

Vann Kwok, créatrice de VANN

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Vann Kwok, fondatrice de la marque de bijoux fantaisie VANN. 

Comment et quand avez-vous créé votre marque ?

J’ai fondé ma marque à la fin de l’année 2019 après avoir fini mes études à Londres et mes stages chez Hussein Chalayan et Vivienne Westwood. J’ai toujours eu un fort intérêt pour la fabrication d’accessoires à la main à l’époque où je travaillais en tant que costumière/styliste pour des films et des séries. Ce n’est devenu une carrière que lorsque j’ai commencé à travailler le métal et la résine à Londres. C’est là que j’ai développé mon propre langage matériel et mon propre style qui ont préparé ma nouvelle voie en tant que créatrice de bijoux.

Quel est l’ADN de votre marque ?

Les couleurs vives et le design très léger ont permis à ma marque de se démarquer sur le marché. Beaucoup de silhouettes audacieuses sont fabriquées à la main puis formées dans de l’argent creux sans soudure pour offrir de la légèreté. Jouer avec l’équilibre et le contraste est une autre pratique commune dans nos designs. C’est comme dessiner une peinture en trois dimensions.

Quel message voulez-vous faire passer avec cette collection ?

Je suis fascinée par le fait que, souvent, ce que nous aimons et ce que nous détestons semblent être entrelacés et liés. Aperture est une collection qui explore cette dichotomie et qui, en fin de compte, trouve la beauté dans sa complexité et son intensité. Pour la collection printemps-été 2022, nous avons introduit un détail d’œillet – de petits rivets dans la surface du bijou – pour représenter l’idée de respiration et de concentration. Ces petits trous offrent espace et légèreté : un contraste intéressant avec les formes volumineuses caractéristiques de VANN.

Vann Kwok

VANN

La crise du Covid a-t-elle interféré avec votre processus créatif ?

La pandémie m’a en fait offert du temps et du calme pour réfléchir à mon processus créatif, pour assimiler de nouvelles connaissances et, surtout, pour reprendre la lecture. Cela m’a rendue plus forte et j’ai encore plus confiance en ce que je fais.

Quelles sont les pièces principales de votre collection ?

Les pièces principales sont les boucles d’oreilles en V et les motifs en forme de cœur. Les boucles d’oreilles en V sont une étape importante pour nous, car il s’agit de la première pièce creuse que nous réalisons. La série des cœurs écrasés, quant à elle, représente l’attitude de la marque, rebelle mais délicieuse.

Qu’est-ce que ça signifie pour vous de présenter vos créations à la Fashion Week de Paris ?

Cette saison, c’est la deuxième fois que nous exposons à Paris. La première fois a eu lieu avant le Covid, quand tout était “normal”. Cette saison, nous revenons plus grands et plus forts avec le soutien de la Fashion Farm Foundation. Nous sommes reconnaissants d’avoir la chance de montrer à un public plus large quelque chose de frais venant de Hong Kong.

Qu’attendez-vous de cet événement ?

Nous sommes impatients d’établir davantage de liens avec la presse et les acheteurs grâce à l’exposition physique de nos bijoux. Avec le court film que nous avons créé pour la nouvelle collection, j’espère qu’il s’agira d’une bonne introduction à de nouveaux publics dans le monde entier.

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