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Musique

Dans la tête de Poupie

À l’occasion de la sortie de son premier album, Enfant roi, Poupie nous parle d’elle, de ses différences et du monde intérieur duquel elle puise son énergie et sa musique.

Photographe : Melie Hirtz
Styliste : Tiphaine Menon

“Pas comme les autres”, Poupie a fait de sa différence une musique. Révélée en 2019 par un premier EP éponyme qui suscite immédiatement la curiosité, la jeune artiste a ouvert les portes de l’industrie musicale d’un coup de pied insolent, jusqu’à être propulsée sur la scène des Vieilles Charrues cet été. Après un deuxième EP – marqué par un feat. avec Jul sur “Feux” – Poupie présente aujourd’hui Enfant roi, un album qui transpire liberté, insouciance et ambition. Un projet qui confirme son talent d’écriture ainsi que le potentiel fédérateur de sa personnalité.

Sur les 13 titres qui composent son album, Poupie exprime avec légèreté le sentiment de ne pas être tout à fait à sa place dans un monde régi par trop de règles, et dessine les contours de l’univers intérieur duquel elle puise son authenticité et l’inspiration de sa musique. Si certains voient en Poupie une personnalité “explosive”, impressionnés par son innocence, sa fougue et sa répartie, c’est pourtant à l’intérieur que l’activité est la plus forte. Ce monde fait de rythmes latinos, de mélodies pop et de poésie urbaine où la sincérité est reine et dont Poupie est la seule à connaître l’accès. Quelques jours avant la sortie de son premier album, la jeune artiste a accepté de nous en dessiner les contours dans un entretien à cœur grand ouvert.

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Salut Poupie ! Tu viens tout juste de te produire aux Vieilles Charrues et à Marsatac, tes toutes premières grosses scènes. Alors, ça fait quoi ?

ÉNORME, j’étais tellement contente ! Les Vieilles Charrues… Rien que de dire le nom, je me demande comment j’ai atterri là. Mais quand je suis montée sur scène, ça m’a paru évident. Je crois que les festivals ont compris avant moi qu’il fallait me programmer. Quand je suis sur scène, je suis à la maison. Je te jure, j’adore ça. Plus je vois du monde, plus ça me fait de l’effet : ça me donne envie de tout donner.

Après deux EP, et un featuring avec lovni du rap français, tu présentes ton premier album. Avais-tu une idée précise de ce à quoi devait ressembler Enfant roi ?

Je savais que je voulais des influences reggae pour mon premier disque. J’ai toujours été très fan de ce genre de musique et je pense qu’il n’est jamais dérangeant. La pop peut te rendre triste si tu es dans un mauvais mood ou casser l’ambiance si tu es de bonne humeur, alors que le reggae, ça te met toujours bien ! Sinon, je voulais que cet album serve à dire : voilà qui je suis. Mais je n’ai pas tant réfléchi que ça en vrai. J’adore la musique, j’ai fait plein de chansons, ça a fait un album et je l’ai appelé Enfant roi.

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Comment est venue lidée du titre ?

L’enfant et le roi sont deux entités qui me fascinent et auxquelles je m’identifie beaucoup. D’abord pour la liberté qui existe en chacune d’eux : un enfant peut faire des bêtises, il se fera gronder au pire, et quand tu es roi, qui va te gronder ? Ce qui est important pour le roi et l’enfant, c’est aussi de savoir agir avec respect. Les rois qui n’ont pas respecté le peuple se sont fait descendre, alors que Louis XIII a été pleuré par son peuple. J’étais déçue d’apprendre qu’on parlait d’enfant roi pour désigner un pourri gâté. Quand l’équipe m’en a parlé, je me suis dit qu’on allait redéfinir l’expression. Si on ne redéfinit pas les choses, elles ne risquent pas d’avancer.

Le titre Mojito” est une belle démonstration de créativité – avec cet entracte 80s improbable. Peux-tu nous parler de son écriture ?

C’est un son que j’ai composé avec Silvio Lisbonne, un producteur que j’adore. Pour “Mojito”, il a commencé à composer un rythme et ça m’a fait penser à un texte que j’avais déjà écrit : “Je ne supporte la menthe que dans un mojito…” Le premier couplet était sorti d’un bloc donc tout est venu très vite. Puis on est arrivé à un stade où je me suis dit : “On va mettre une autre chanson dedans.” Il m’a dit : “Quoi ?” J’ai répondu : “Je te jure, on va mettre une chanson dans la chanson ! Fais-moi une ambiance new wave.” Je me suis mise dans une ambiance qui n’était pas la mienne pour me faire voyager moi-même et ça a donné “Mojito”. Il était tard, on était dans une ambiance… D’ailleurs, le solo de saxo à la fin est un faux : je l’ai fait avec ma bouche.

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Le thème de la différence est au cœur de lalbum. Quest-ce que tu veux exprimer quand tu dis que tu nes pas comme les autres” ?

Je parle de la différence, celle qui peut exister entre soi et les autres. Beaucoup de codes et de stéréotypes demandent à être déconstruits dans nos sociétés. Il faut faire attention à ne pas les utiliser comme des références, des critères ou des repères. Il faut naître en se disant qu’il n’y a qu’un seul toi et un seul moi sur Terre, et que c’est en étant nous-mêmes que l’on peut avoir un impact positif sur les choses. En ayant une pensée, on peut tout changer. Et même si l’on ne veut rien changer, on peut inspirer les autres sans le savoir. Même la personne la plus méchante sur Terre peut avoir un impact positif sur les autres si elle est fidèle à elle-même. Je te jure que c’est vrai ! Il faut toujours être soi-même, même si c’est plus facile à dire qu’à faire.

Rester soi-même, cest possible quand on est signé sur un si gros label ?

Je pense qu’il y a beaucoup de clichés sur les gros labels. Pour moi, les choses se sont tout de suite très bien passées parce que l’équipe a cru en ma vision, pas en celle qu’ils avaient de moi. Être dans une major, ça devient compliqué lorsque l’artiste se trahit, qu’il accepte de faire des choses dont il n’a pas envie. Moi, j’ai toujours été très claire sur mes intentions. C’est important pour l’entente avec l’équipe, mais surtout pour pouvoir rester fidèle à soi-même. Je suis très heureuse d’être dans une grosse maison de disques parce qu’on avance main dans la main, et pas dos contre dos.

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As-tu toujours eu conscience du fait d’être différente des autres ?

Disons qu’il y a des choses dans mon cerveau qui ne fonctionnent pas comme dans les autres cerveaux. C’est trop cool, j’ai jamais souffert de ça. Je ne l’ai même jamais vraiment su, même si je l’ai toujours senti. Du coup, ce n’est pas facile d’être en phase avec les autres mais en restant fidèle à toi-même, tu finis toujours par trouver ta place. Petite, j’étais le clown que tout le monde adorait. Les gens s’attachaient à cette énergie, c’était ma place. J’avais peut-être envie d’être le sex-symbol, mais ce n’était pas moi. Plus j’avance, plus je comprends et ressens ce qui se passe autour de moi. Je me connais un peu mieux chaque jour et ça me permet de gérer le taux de différence qui existe entre moi et les autres. C’est devenu le moteur créatif de ma musique : faire de ma différence une force. Il y a aussi ça dans l’enfant roi : une notion de self-control.

Ta singularité impacte-t-elle ta perception du monde ?

C’est une bonne question parce que, déjà, je ne vis pas dans ce monde même si je suis très consciente de tout ce qui existe ici. En gros, j’ai d’autres endroits dans ma tête où j’existe. Ce n’est pas que je fuis le vrai monde mais c’est un univers que j’apprends à connaître depuis peu. Il y a beaucoup de règles ici, beaucoup trop pour moi. Mais on a beau se réfugier sur sa planète, il faut quand même savoir se connecter un peu ici si l’on veut prétendre aider ou aimer les autres. Je pense que plus on est positif, meilleur est le temps que l’on va passer ici. Mais ce n’est pas facile tous les jours : il y a beaucoup de galères dans ce monde, beaucoup de choses dont je ne suis même pas au courant… Tout ce qui est politique, par exemple, est encore trop adulte pour moi. Je sais que ça va bientôt me concerner, je prends juste mon temps.

À quoi ressemble ton quotidien ?

En vrai, mon quotidien est hilarant. Vu que je suis un peu bizarre, il se passe toujours un tas de trucs bizarres dans mes journées. Des actions qui surprennent les gens, les font rigoler ou les touchent. C’est bizarre mais marrant aussi. Je ne pourrais pas vivre sans ça, je m’ennuierais je pense.

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Comment préserves-tu l’équilibre entre ta carrière et ta vie privée ?

Le plus important pour moi, ce sont les gens qui m’entourent. C’est grâce à eux que je suis heureuse et que je peux continuer ma carrière. Se donner du temps et de l’amour, c’est primordial. On me reproche d’ailleurs souvent de privilégier ma vie privée aux dépens de ma carrière – j’ai déjà refusé un festival pour aller à un anniversaire… C’est important pour moi. Quand on va mourir, on n’aura pas le cachet du festival. Il y aura notre sœur, nos ami.e.s… Sans ces repères, on prend le risque de se perdre dans le contraire du bonheur, je sais plus comment ça s’appelle… Ah, le malheur.

On te décrit souvent comme une fille au tempérament explosif. Tu te reconnais dans ce terme ?

Ça me semble réducteur, mais ce n’est pas forcément faux. Je crois que je récolte ce que je sème, car je ne laisse pas transparaître la partie plus posée, réfléchie, et peut-être même sombre de mon être. Dans cette vie, tout le monde a sa propre vérité. Si un média dit que je suis explosive, il l’a perçu donc il a raison. C’est pareil pour quelqu’un qui dirait qu’il aime ma musique ou non. C’est pour cela que ça me fait rire de lire les articles : chacun peut avoir son avis. Je pense un peu la même chose des haters sur le Net. Ça me fait de la peine quand je vois que certains prennent mal ce qui peut se dire. Je sais très bien que derrière l’écran, il y a juste un gars avec un sandwich qui ne sait pas quoi faire de sa journée. Pour moi, même s’il a dit que c’était nul, il a passé trois minutes à voir mon contenu. Que ce soit en bien ou en mal, il faut laisser une trace. 

Photographe : Melie Hirtz
Assistante photographe : Moïra Laurent
Styliste : Tiphaine Menon
Assistante styliste : Léa Salaun
Set Design : Manon Simonot
Maquilleuse : Sacha Giraudeau avec les produits ANASTASIA BEVERLY HILLS
Coiffeur : Jerome Blanco-Martin
Manucure : Fanny Santa Rita @ Call my agent
Production : Producing Love
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