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Le whatever boy-friend, un remède au power couple ?

We have a new player dans le dating game des célébrités : un regular guy partage son quotidien avec celui d’une A-list star. Le whatever boy-friend, fin du marketing de la fame ?

Scientifique, biochimiste, médecin ou avocat: c’est dans ces secteurs (liste non exhaustive) que travaille le futur petit copain de Kim Kardashian. Fraîchement séparée du comédien Pete Davidson, l’ex-Mme West décrivait avec ironie sur le plateau du Late Late Show with James Corden le portrait-robot de sa love target alors que le monde entier trépigne d’impatience. Un date loin du strass et des paillettes, à mille lieues du pedigree de ses ex, comme si Kim voulait crier “Je suis comme vous”. 

Avant elle, Keira Knightley, Nathalie Portman ou Kate Mossont délaissé rock stars et acteurs hollywoodiens pour épouser une vie plus sereine. Après l’acteur Jamie Dornan, Keira Knightley s’est mariée en toute discrétion avec l’ex-membre des Klaxons, James Righton. Nathalie Portman a, elle, laissé tomber le heartbreaker hollywoodien Jake Gyllenhaal pour s’enfuir avec le danseur étoile Benjamin Millepied tandis que Kate Moss a fondé une famille avec le (relativement) discret cofondateur du magazine Dazed & Confused, Jefferson Hack.

Le mouvement du whatever boy-friend semble s’étendre dans la celebrity culture : de Britney Spears, en lune de miel topless avec son coach sportif Sam Asghari, à Katie Holmes, qui a troqué Tom Cruise pour le chef Emilio Vitolo et désormais pour le bassiste Bobby Wooten, en passant par l’actrice Kaley Cuoco, en couple avec un acteur de seconde zone et poète à ses heures perdues, Tom Pelphrey, ou Bella Hadid, qui, après The Weekend, a craqué pour le producteur Marc Kalman. Moins de 3 000 followers sur Instagram, maigrichon assortissant ses looks à ceux de Bella, ce whatever boy-friend agit tel un pansement magique sur le cœur brisé de la top.

@jlo Valentine’s Day 🤍💗 #MarryMeMovie @papijuancho ♬ original sound – JLO

Pourvu que ça dure

Mais ces romances peuvent-elles last forever ? La passion effrénée entre anonymes et célébrités ressemble à une relecture moderne de Cendrillon dans laquelle le château est remplacé par une villa hollywoodienne et la belle-mère infernale par un manager perfide. Tout à coup, une somebody s’éprend d’un less famous guy qui doit désormais braver tapis rouge et paparazzis. Dans les magazines, on raconte qu’il permet à la star de garder les pieds sur terre. 

Si le happy ending n’est pas toujours au rendez-vous – remember l’horrible break up entre Zac Efron et une serveuse australienne en 2020 –, ces alliances ouvrent un débat culturel plus large sur l’amour, le couple, les frontières entre la célébrité et le “monde ordinaire”, et nous montrent que derrière le flash se cache parfois la solitude et que la célébrité n’est pas que glamour et plaisir. Ces unions exogames qui traversent la pop culture forment évidemment la base d’une bonne love story. Comme dans Coup de foudre à Nothing Hill, que j’ai découvert enfant, revu préado et après rupture. Dans cette comédie romantique au happy ending réconfortant, le rôle du whatever boy-friend est tenu par Hugh Grant, qui prend les traits d’un libraire maladroit à lunettes rondes. Par hasard, la star hollywoodienne Anna Scott (incarnée par Julia Roberts) entre dans sa librairie et là, coup de foudre. Pendant plus de deux heures, je suivais les péripéties du couple avec les mêmes questionnements : Peut-il entrer dans son monde ? Peut-elle penser que l’amour de ce libraire est sincère ? Est-il là simplement pour la gloire ?

Netflix a proposé une version moderne de cette histoire avec Marry Me en 2022, où Jennifer Lopez, une star de la pop, tombe amoureuse d’un professeur de maths incarné par Owen Wilson. Dix ans plus tôt, Disney fournissait la version féminine, avec Starstruck, où une ado sortait avec une vedette hollywoodienne. 

Le power couple, un modèle par défaut

Mais dans la vraie vie, les célébrités ont surtout tendance à sortir avec d’autres célébrités. La preuve avec les Bennifer, marié.e.s à Vegas, les Kravis et leur dolce vita gothique en Italie, ou encore l’union des “nepotism babies” Brooklyn Beckham et Nicola Peltz. L’année 2022 a montré que le power couple avait encore de beaux jours devant lui, même si l’union entre deux vedettes à l’exposition médiatique similaire interroge quant à sa sincérité et ses visées marketing.

Déjà, en 1957, le sociologue Edgar Morin notait dans son ouvrage Les Stars qu’il était préférable pour une star de sortir avec une autre star, expliquant que les publicitaires élaborent sans cesse des romances falsifiées pour la promotion de films ou autres fictions, citant en exemple les grands couples de l’époque, Simone Signoret et Yves Montand, Liz Taylor et Richard Burton, ou Alain Delon et Romy Schneider, dont le film La Piscine en 1969 scellait les retrouvailles. Catchy enough ? La formule perdure dans les teen soaps : Gossip Girl avait Blake Lively et Penn Badgley (Dan et Serena à l’écran), Twilight a permis aux fans de vivre la romance vampire entre Robert Pattinson et Kristen Stewart. Aujourd’hui, c’est Elite avec Ester Exposito et Alvaro Rico ou Natalia Dyer et Charlie Heaton dans Stranger Things.

Les stars préfèrent rester dans leur système, avec celleux qui vivent la même vie pailletée entre voyages promo et chambres d’hôtel luxueuses – mais vides. Ce que le sociologue italien Francesco Alberoni décrivait en 1972 dans The Powerless Elite comme une endogamie (soit se marier avec les gens d’un même milieu) habituellement visible dans les classes sociales supérieures. “Je mentirais si je n’admettais pas que le fait d’être une pop star ne faisait pas partie de l’attraction”, confirmait David Beckham à propos de Posh dans son autobiographie My World en 2000. ”C’est ce qui m’a attiré et, de même, le fait que je sois bon dans mon travail a fait partie de son attrait pour moi. Nous avions tous deux du succès et nous pouvions nous entendre sur un pied d’égalité.” Beckham explique également qu’il a abordé sa future femme en passant par son manager. L’accès dont il avait besoin pour approcher la pop star lui a été accordé en vertu de son statut de célébrité. Dans le power couple old school, être médiatique is hot – and the only way to make it.

 

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Un storytelling plus authentique

Mais ces power couples s’attirent aussi les critiques du public, en parallèle avec une remise en question plus large de la celebrity culture et ses tendances ostentatoires. Difficile de valider les clichés de Travis Scott et Kylie Jenner exhibant leurs jets privés respectifs et commentant “Mine or yours ?” sur Instagram. En affichant autant de détachement des réalités sociales, l’image du power couple se dégrade. En 2020, en pleine pandémie, le New York Times alertait déjà sur le phénomène dans l’article “Celebrity culture is burning”. 

Serait-ce le bon moment pour le whatever boy-friend ? C’est l’avis du sociologue américain Graeme Turner, qui explique dans son ouvrage Ordinary People and the Medias : The Demotic Turn que les stars doivent changer et articuler leur vie de rêve à la poursuite de l’“authenticité”. Pour lui, cette montée critique doit se lire en écho avec la visibilité croissante accordée aux “personnes ordinaires” dans les médias, et la place grandissante des questions de représentation dans la société. En 2022, le whatever boy-friend rend la star amoureuse heureuse. C’est Katie Holmes et Bobby Wooten qui s’embrassent, c’est Bella Hadid et Marc Kalman qui font un pique-nique, c’est l’envers du couple froid et distant incarné par Donald et Melania Trump – ensemble seulement pour la gloire. Des nouveaux couples qui offrent un récit nouveau de l’amour post-capitaliste, plus féministe, plus sincère et surtout plus en adéquation avec la société d’aujourd’hui. Le power couple n’a pas le choix : il va falloir se réinventer.

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