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Cher journal : comment je me suis débarrassé de mon Emily in Paris dream

Paris est peut-être la plus belle ville du monde, mais sûrement pas la plus easy quand tu débarques de loin. Voici mon parcours pour briser les clichés qui avaient façonné ma vision… Et pour simplement mieux y vivre.

La première fois que l’idée de vivre à Paris m’a traversé l’esprit, c’était lors de ma première visite de la ville en 2014 avec ma famille. À cette époque, je ne parlais pas un mot de français, je n’avais encore jamais visité une ville européenne et j’avais une perception disons farfelue de la culture française. Eh bien, il s’avère que, six mois plus tard, je me suis retrouvé à l’aéroport CDG, âgé de 18 ans, tout seul, capable de prononcer environ cinq mots et deux phrases complètes en français (pour être honnête, déjà une grande évolution par rapport à six mois auparavant), avec trois valises contenant toutes mes possessions les plus importantes, l’adresse d’un studio de 10 mètres carrés loué en ligne dans le 15e arrondissement, sans aucune idée de ce qui m’attendait dans ce voyage – la chose la plus effrayante et excitante que j’ai faite dans ma vie jusqu’à présent. Décortiquons.

Mon premier chagrin d’amour aka la fin de Lucas à Paris

Ne me méprends pas, Paris est génial, mais c’est aussi une ville complexe à habiter, qui demande beaucoup d’adaptation et de patience. Laisse-moi m’expliquer : pour quiconque n’est pas français, l’image du pays est que tout y est luxueux, beau, riche et que c’est le point de départ de tout ce qu’il s’y passe. Je suis venu à Paris pour étudier la mode : alors essaye seulement d’imaginer le fantasme d’un jeune homme de 18 ans fashion-obsessed au sujet de la vie dans la capitale… Je pensais vraiment (lol alert) que mon lifestyle serait pavé de vêtements de créateur.rice, de macarons hors de prix et de visites de musée… Mais ce n’était pas exactement la réalité qui m’attendait. Mon moi adolescent devenu jeune adulte a vite compris une chose : règle numéro 1, Paris est très chère, alors tous mes scénarios bling bling sont immédiatement passés par la fenêtre. 

Deuxième grand chagrin d’amour : mon appartement. Quand on est adolescent.e, je pense qu’il n’y a rien dont on rêve et fantasme plus que son premier chez-soi. Comment tu vas le décorer, toutes les choses que tu afficheras à l’intérieur, comment tu aménageras des petits espaces rien que pour toi et tes envies, ce magnifique canapé géant (en velours rouge dans mon cas) pour recevoir tous.tes tes ami.e.s… Eh bien, mon premier appartement à Paris était à peu près de la même taille – sinon plus petit – que ce canapé géant en velours rouge dont je rêvais. Cela signifiait qu’il n’y avait pas de soirées remplies d’ami.e.s chez moi, pas de pyjama parties non plus. Cet appartement ne pouvait pas contenir plus que moi seul. L’espace est peut-être la chose la plus chère dans cette ville et cela m’a demandé beaucoup de gymnastique mentale et d’adaptation. 

Troisièmement, j’avais en tête ce conte de fées selon lequel il serait facile de se faire des ami.e.s à Paris. Le stéréotype mondial dit que les Parisien.ne.s ne sont pas les plus sympas, mais là, j’avais décidé de ne pas croire aux stéréotypes. Ma première expérience à Paris en tant que touriste avait été très positive et je n’avais que de bons souvenirs de mes interactions avec les habitants. Néanmoins, j’ai vite appris que c’était probablement parce que 1) je ne comprenais pas un mot de français et je n’avais donc probablement aucune idée de ce qui se passait réellement et 2) les interactions que tu as en tant que touriste sont incomparables aux interactions réelles qui t’attendent, face aux bureaucraties de la vie quotidienne en France. Je viens de la culture brésilienne, qui est réputée dans le monde entier pour être chaleureuse, ouverte d’esprit, généreuse et extrêmement amicale, et en y grandissant, même si je me considère comme un Brésilien très froid, le choc culturel lorsqu’il s’agissait de me faire des ami.e.s m’a surpris. Ce n’est pas que tous.tes les Parisien.ne.s ne sont pas amicaux, ni que tout le monde se sent seul.e ici, c’est juste qu’en tant qu’étranger.e qui n’a pas tout à fait saisi la vibe générale de la ville, la difficulté de trouver un groupe dans lequel tu t’intégreras est assez choquante. Et il m’a fallu un certain temps en tant qu’expat pour vraiment capter la façon dont les interactions sociales se déroulent à Paris. 

Le quatrième chagrin d’amour n’a en fait rien à voir avec la ville : c’est le fait d’être séparé de ma famille, de ma langue, de ma culture et de mon pays. J’aime absolument vivre en France, je n’échangerais Paris contre aucune autre ville du monde aujourd’hui. Mais quitter la maison de ses parents est une chose très difficile en soi. Partir pour commencer une nouvelle aventure, seul.e, dans un autre pays, c’est de la folie pure pour le cerveau. Il y a des moments où tu as l’impression de quitter un rêve (parce qu’en réalité, c’est le cas !), mais il y a aussi des moments où le mal du pays prend le dessus et où tu as envie de laisser tomber tout ce qui te retient ici et de rentrer chez toi. Mais ce qui est bien avec ces moments-là, c’est qu’ils sont éphémères. Ils constituent aussi d’excellentes occasions de se rappeler ses objectifs, des raisons pour lesquelles tu as déménagé en premier lieu, de réfléchir à ce que tu es devenu depuis que tu as déménagé et pourquoi c’est une bonne chose. Bien sûr, le fait de crave tout et tout le monde fait partie de ce processus, mais cela te permet d’apprécier dix fois plus les moments qui comptent.

Ce qu’il faut retenir de cette expérience 

Alors, cher.e lecteur.rice de ce journal, si tu as ou si tu envisages de rejoindre le club des expats, voici mes conseils : tout d’abord, ne stresse pas. Ce que tu vas découvrir ne sera probablement pas exactement ce que tu avais imaginé, mais aucun besoin de paniquer ou d’être anxieux.se. Reste toujours ouvert.e d’esprit et de cœur. S’installer dans un autre pays signifie embrasser beaucoup de choses avec lesquelles tu n’es pas familier et que tu ne comprends parfois même pas. Essaye tout, va partout et immerge-toi complètement dans l’ambiance de l’endroit où tu te trouves. Tu seras très probablement surpris.e de constater à quel point tu aimes cette nouvelle culture et tu découvriras un tout nouveau toi autant qu’un chez-toi.

N’oublie pas non plus de te détendre. Parfois, lorsque tu dois tout gérer par toi-même, la vie peut devenir assez stressante et le sentiment d’être totalement plongé.e dans un nouvel environnement peut te faire te sentir extrêmement isolé.e. Dans ces moments-là, j’ai appris par expérience que le mieux est de t’autoriser à chiller, de te promener dans la ville, de pratiquer ton activité favorite, de manger dans ton restaurant préféré et de t’occuper de tout plus tard. Les choses deviennent vraiment plus faciles quand tu es enfin bien dans tes baskets. Dernier point, mais non des moindres : kiffe for real ! You made it. Tu (y) es arrivé.e. Profite de tous les bons et même des mauvais moments, car ils feront certainement partie des meilleurs souvenirs de ta vie. 

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