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Markus Klinko, architecte des icônes pop

À travers ses images devenues emblématiques, Markus Klinko a façonné l’esthétique visuelle de la pop des années 2000. Une exposition consacrée à David Bowie remet aujourd’hui en lumière le regard de celui qui transforme les célébrités en mythologies contemporaines.

Markus Klinko

Dix ans après la disparition de David Bowie, Eden House of Art présente une exposition dédiée à l’artiste dans sa galerie londonienne de New Bond Street à partir du 26 mars. Une seconde exposition majeure est également annoncée en mai à New York, sur la 5ᵉ Avenue.

Cette célébration rappelle que Bowie n’était pas seulement une icône absolue, mais aussi un homme traversé par le doute, la perte de foi et les fractures du monde contemporain. Au cœur du projet, le regard de Markus Klinko, photographe internationalement primé dont les images ont profondément marqué l’imaginaire pop.

Avant la photographie, Klinko était harpiste classique. Formé au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il signe avec EMI Classics, reçoit un Grand Prix du Disque et se produit comme soliste avec des orchestres symphoniques du monde entier.
Une blessure à la main met brutalement fin à cette carrière – un accident qui provoque une métamorphose plutôt qu’un renoncement.

Dans cette seconde vie, Klinko devient l’un des photographes les plus influents de sa génération. Son style, immédiatement reconnaissable, mêle glamour sculptural, maîtrise extrême de la lumière et sens aigu de la narration. Il ne photographie pas seulement des stars : il les érige en icônes.

Il signe certaines des images les plus marquantes de la pop culture moderne, notamment les pochettes de Dangerously in Love de Beyoncé et The Emancipation of Mimi de Mariah Carey, deux albums qui ont redéfini la carrière de leurs interprètes et imposé une nouvelle grammaire visuelle du pouvoir féminin dans la musique.

Au fil des années, Markus Klinko photographie Lady Gaga, Jennifer Lopez, Britney Spears, Mary J. Blige, Kanye West, mais aussi Kim Kardashian, Naomi Campbell ou encore Iman. Chaque portrait agit comme une déclaration : posture, regard, lumière – tout concourt à figer une image définitive.

C’est d’ailleurs en photographiant Iman pour son livre I Am Iman que Klinko croise la route de Bowie. Lors d’une séance de sélection d’images dans son studio new-yorkais, l’artiste apparaît sans prévenir. Quelques heures plus tard, il lui confie la réalisation de la pochette de Heathen.

Le 10 octobre 2001, Bowie et Klinko passent huit heures ensemble en studio. L’imagerie, nourrie de références à Man Ray, repose sur une idée forte : Bowie se met en scène en homme aveugle, symbole d’une perte de foi globale – religieuse, politique, idéologique. Une figure désabusée, lucide, presque prophétique.

Une fois la pochette validée, Bowie prolonge la séance, permettant à Klinko de capturer des images plus libres et plus intimes, qui formeront plus tard la série Bowie Unseen. Ces photographies constituent aujourd’hui le cœur émotionnel de l’exposition Bowie, The Heavens.

Le travail de Markus Klinko est également rassemblé dans le livre ICONS, véritable archive visuelle de la célébrité moderne. Présenté au Lincoln Center de New York puis exposé dans des galeries et musées du monde entier, son œuvre dépasse largement la mode ou la musique pour rejoindre l’histoire culturelle contemporaine.

L’exposition virtuelle Markus Klinko: Bowie, The Heavens est accessible dès maintenant et jusqu’au 31 mars 2026.

 

Avec le recul, quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton travail et sur les images qui ont marqué ta carrière ?

Beaucoup de mes œuvres présentes dans des musées et galeries à travers le monde sont désormais perçues comme une architecture visuelle déterminante des années 2000. J’aime me voir davantage comme un documentariste de la pop culture que comme un simple photographe. Voir mon travail occuper cette place est très enthousiasmant, et cela l’élève effectivement au-delà des commandes initiales.

Comment observes-tu l’évolution de la photographie dans la mode, la musique et la célébrité ?

Par rapport à l’époque où j’ai débuté, la photographie de mode a profondément changé : aujourd’hui, tout le monde est photographe. La technologie permet à des millions de personnes de produire des images, et les réseaux sociaux leur offrent une plateforme, ce qui transforme le marché. Mais au final, cela compte peu : la créativité se trouve dans la tête, le cœur et l’âme. Tout repose sur les idées et la magie,  et cette dimension n’a pas réellement changé.

Y a-t-il une anecdote de studio que tu aimerais partager ?

Quelques semaines après avoir photographié Bowie pour la pochette de Heathen, il est passé à mon studio pour voir la post-production. Ce jour-là, je réalisais un grand shooting maillots de bain pour GQ, et des mannequins couraient partout avec seulement une serviette autour d’eux. Bowie a souri et a dit que cela lui rappelait les années 70, avant d’ajouter : « comme si je me souvenais vraiment de quoi que ce soit des années 70. »

COLLABORER AVEC NYLON FRANCE A ÉTÉ UNE TRÈS BELLE EXPÉRIENCE.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer aujourd’hui ?

Être patient. Rien n’arrive du jour au lendemain, et même le succès ne garantit rien. On n’est bon que comme son dernier shooting.

Peux-tu nous parler de tes prochains projets ?

Je suis très enthousiaste à propos d’un nouveau documentaire sur mon travail actuellement en production, qui sera diffusé sur des plateformes internationales plus tard cette année. Je me réjouis également d’exposer avec Eden House of Art à Londres, New York, Aspen, Saint-Tropez, Miami et Dubaï. C’est le début d’un nouveau chapitre, puisque je présenterai pour la première fois de grandes sculptures dans ces expositions.

Et il paraît que tu as récemment shooté une cover pour NYLON…

Collaborer avec NYLON France a été une très belle expérience. Je souhaitais travailler avec Kim Petras depuis longtemps, et l’opportunité de cette cover était donc une évidence. J’ai hâte de réaliser encore de nombreux shootings avec NYLON.

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