Mosh, Quand la Fashion Week entre en transe avec Reebok
Reebok, Slam Jam et FEU présentent MOSH à la Fashion Week de Paris
Reebok, Slam Jam et FEU présentent MOSH à la Fashion Week de Paris
Dans ce récit, la sneaker n’est jamais décorative. La Reebok Classic s’impose comme un point d’ancrage culturel, choisie dès la fin des années 1970 par les ravers pour ce qu’elle permettait avant tout : tenir la nuit, suivre le mouvement, encaisser les heures de danse. À une époque où l’uniforme de la fête se construisait loin des logiques de performance ou de visibilité, la chaussure répondait à un besoin très concret, celui du corps en action. MOSH rappelle comment ces silhouettes, pensées à l’origine pour le sport, ont glissé vers les scènes underground avant de s’inscrire durablement dans l’imaginaire collectif. La basket devient alors un langage partagé, un signe de reconnaissance presque instinctif. Elle circule de scène en scène, de génération en génération, sans perdre sa fonction première : permettre le mouvement, libérer le geste.
@paulfogiel
Le fil conducteur du projet est le mosh pit. Né dans la scène punk de la fin des années 1970, ce geste collectif fait de collisions, de chutes et de relèvements a traversé les genres musicaux, du hard rock au rap, du dubstep aux scènes électroniques contemporaines. Plus qu’une danse, il incarne une manière d’occuper l’espace, de transformer la foule en corps commun, de faire de l’énergie brute un langage.Dans cet environnement, le vêtement joue un rôle précis. Il doit accompagner le mouvement, résister à l’impact, autoriser l’abandon sans entraver le corps. MOSH utilise cette figure comme une clé de lecture : celle d’une mode façonnée par l’usage, par la nuit, par la répétition des gestes. Une mode qui ne se regarde pas seulement, mais qui se vit.
Le premier temps fort, la MOSH Talk du jeudi 22 janvier, a posé les bases de cette réflexion. Autour de la table, Anna Dotigny (Mykonos), Alice Pfeiffer, Rachel Mbiga-Epelbaum et Fabrice Tayeau ont croisé leurs regards pour revenir sur l’histoire du mosh pit et de la culture rave qui l’a vu émerger.
Les échanges ont rapidement dépassé le cadre historique pour aborder des questions très actuelles : l’essor du sportswear dans les scènes underground, la manière dont certaines silhouettes deviennent des repères culturels, et la persistance des Reebok Classics comme symbole en 2026. Plus qu’un exercice de mémoire, la discussion a ouvert un débat sur la transmission, la récupération et la capacité de la mode à dialoguer avec des pratiques nées en marge des institutions.
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Le lendemain, le tempo s’est apaisé avec l’atelier Create Your Own Rave Poster, animé par l’artiste Armand Croisonnier. À partir de silhouettes prédécoupées de figures en pogo chaussées de la Reebok Garment Leather, les participants ont été invités à composer leur propre affiche, inspirée de l’esthétique rave et de son imaginaire graphique. Un moment plus introspectif, presque méditatif, où l’énergie de la veille se transforme en image. Chaque affiche, scannée et imprimée sur place, devient une trace tangible de cette expérience collective. Une manière de prolonger la fête autrement, par la création et la mémoire visuelle.
Le week-end a remis la musique au centre avec une Vinyl Session animée par le disquaire parisien Dizonord. Fondé en 2019 par Vincent Privat et Xavier Ehretsmann, le disquaire a été désigné en 2025 par le Financial Times comme l’un des meilleurs au monde. Pour MOSH, Dizonord a proposé une sélection de vinyles ancrés dans les cultures rave et musicales underground, pensées pour le mouvement autant que pour l’écoute. Ce moment suspendu a rappelé combien le son structure les gestes, influence les styles et façonne les communautés. La musique n’est pas ici un décor, mais un moteur, un terrain commun sur lequel se rencontrent les corps et les imaginaires.
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Le samedi 24 janvier, la DIY Rave est venue conclure MOSH dans un esprit fidèle à ses origines. Une fête brute, directe, sans artifice, portée par les DJ sets de Sottheavy, Jonas Alexander, Mykonos, Chicken & Fab, suivis d’une performance live de Prince Waly. Dans cet espace libéré, la mode se dissout dans le mouvement. Les vêtements vivent, les baskets frappent le sol, les corps se percutent et se relèvent. La fête retrouve sa fonction première : celle d’un moment de libération collective, où l’énergie circule sans hiérarchie.
Dans le prolongement du projet, Reebok lancera le 18 février 2026 la collection Reebok Classics SS26 Garment Leather. Workout Plus, Freestyle Lo et Hi, Club C 85, Classic Leather : des modèles familiers, proposés dans de nouvelles déclinaisons, entre héritage et résonance contemporaine. Pensées pour durer plus que pour briller, ces silhouettes s’inscrivent dans la continuité de MOSH. Elles accompagnent les usages quotidiens, prolongent une histoire déjà écrite et rappellent que certaines pièces traversent le temps parce qu’elles restent liées au corps et à ses mouvements. Avec MOSH, Reebok, Slam Jam et FEU proposent une lecture de la mode qui se joue loin des podiums. Une mode qui se construit dans la nuit, dans la fête, dans le débat et dans le mouvement, là où les cultures underground continuent de nourrir l’imaginaire collectif.
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