JT a une ambition folle

Les clashs de l’industrie désormais en arrière-plan, la nouvelle fashion queen du rap, JT se concentre sur son premier album… et, évidemment, sur la conquête du monde.

 

Le trait le plus important de tout vrai Sagittaire est une confiance inébranlable, alors quand je m’assois en face de JT après son shooting « It Girl » et que je lui dis à quel point elle est jolie dans son glam 90 à la Naomi Campbell, elle rétorque. « J’adore avoir l’air super belle », dit-elle sans sourciller. « En vrai, j’adore le grunge. J’aime pouvoir tout faire. Tout le monde ne peut pas tout faire et que ça ait du sens. Je me sens juste tellement moi. »

L’estime de soi n’a jamais été un problème pour la performeuse née à Miami, qui a fait ses débuts en tant que moitié du duo de rappeuses City Girls et qui accélère maintenant sa carrière solo entièrement alimentée par sa capacité à être, nul autre qu’elle-même…JT. Elle peut devenir virale avec un seul mot : Quand Zara Larsson l’a recrutée pour un remix de « Pretty Ugly » ce printemps, JT a répondu au refrain pom-pom girl de la chanson — « Have you ever seen a pretty girl get ugly like this?» —  avec un simple « no » en levant les yeux au ciel, qui a enflammé TikTok pendant des jours.

Aujourd’hui, l’artiste née Jatavia Johnson met cet état d’esprit « je peux tout faire » à l’épreuve avec son premier album studio, Club Cheetah, qui sort plus tard cette année. « Je suis tellement de choses à la fois, et donc c’est difficile d’écrire mon album en restant dans un seul genre musical  », dit-elle.


Robe McQueen, Collier Messika 

Son premier single, « Girls Gone Wild », associait la contrebasse de Miami à un clip tout aussi extravagant mettant en vedette une mode inspirée des années 90 — un départ plus dance qui « n’a pas attiré mon public », admet-elle, « Mais qui s’en soucie ? Les gens commencent à m’aimer dans l’ensemble, et c’est le plus beau sentiment sur cette era. Je vois les fruits de mon travail où la mode, la musique et la beauté sont réunis. » On est sur du rap mais l’objectif est de faire des shows comme les plus grandes stars de la pop : « J’ai l’impression que les chansons vont avec les looks. J’ai besoin d’interpréter mes chansons. Je veux me sentir comme la «  Black Britney Spears ». Je veux me sentir comme une Gaga du ghetto, b*tch. »

« Bravo à toutes les rappeuses, mais je suis tellement fatiguée de me battre dans cette industrie. Je suis trop belle pour ça. »

« Je ne dirais pas que c’est mon année, je dirais seulement que c’est ma carrière », dit celle qui du haut de ses 33 ans a déjà enduré son lot de stops et de faux départs. À l’apogée de la popularité des City Girls, elle est allée en prison pendant environ un an pour vol d’identité lié à une fraude à la carte de crédit ; avant d’être incarcérée, elle a travaillé 24 heures sur 24 pour produire un maximum de chansons et de clips afin de satisfaire les fans en son absence. Quand JT a sorti sa première mixtape solo, City Cinderella, en 2024, elle était épuisée. « J’avais besoin d’une pause, j’ai fait une pause, et je méritais une pause », dit-elle. « Je méritais d’avoir les idées claires ».

« Je veux me sentir comme la « Black Britney Spears ». Je veux me sentir comme Gaga du ghetto, b*tch. »

Elle raconte tout ça avec le même sens du rythme que dans ses couplets les plus mémorables, son flow parfait, sensible et imperturbable. « Je m’en fous de savoir qui est pour ou contre JT.  Pour atteindre JT, il faut passer par JT. On ne rigole pas avec JT, OK ? »


Rob Dsquared2, Bijoux Jacob & Co, Chaussures collection du styliste

La JT que nous rencontrons en 2026, est non seulement rechargée mais aussi légère après les dramas qui l’ont tourmentée. «Bravo à toutes les rappeuses, mais je suis tellement fatiguée de me battre dans cette industrie », dit-elle. « On a créé une telle mauvaise énergie au fil des années, ça nous rend la tâche très difficile à toutes. Je suis trop jolie pour ça. Je ne veux pas que ce soit la chose à laquelle les gens pensent quand ils parlent de moi. Mais si une sal*pe veut aller sur ce terrain-là, on peut. »

Son point de vue a changé après une rencontre avec une personalité de l’industrie (JT ne nous a pas partagé son nom) qui lui a dit qu’elle était « trop une star pour toute cette négativité. « Ce genre de problèmes c’est secondaire pour moi, » dit JT. « Mon objectif principal en ce moment est de construire mon public, ma présence sur scène, ma discographie, mes couvertures de magazines et mes campagnes. Je m’estime chanceuse aujourd’hui. Je n’ai pas le temps pour ces conneries. »

Dans sa chance, elle partage sa vie  depuis six ans avec le rappeur Lil Uzi Vert. « Nous sommes tellement similaires à tous égards. Je l’aime tellement, » dit-elle. Même lorsque les horaires et les obligations les poussent dans des directions différentes ». Si il y a une chose qu’ils savent faire c’est optimiser le temps passé ensemble.


Tenue Area, Boucles d’oreilles; Messika, Chaussures de la collection du styliste

Puis il y a son amitié avec Doechii. Le duo a sorti un feat : « Alter Ego », juste avant que Doechii ne soit primée aux Grammy avec Alligator Bites Never Heal. « Doechii a été une sœur pour moi. Je m’en fiche de ce qui se passe, Doechii m’a aidée et m’a montré une véritable sororité dans les moments difficiles. Genre tu étais avec moi quand on était personne. » dit JT en riant.

« Je m’en fous de savoir qui est pour ou contre JT. Pour atteindre JT, il faut passer par JT. On ne rigole pas avec JT, OK ?  »

Lorsque Doechii s’est produite au show Dsquared2 automne/hiver à Milan l’année dernière, elle a emmené JT pour performer « Alter Ego » en direct sur le podium, marchant dans la plus courte mini-robe noire du monde et avec les plus haut talons à lacets. (Comme si les chaussures n’étaient pas assez difficiles, son accessoires de tête a rendu la marche encore plus compliquée, selon ses propres mots, « je pouvais à peine voir »). Une photo avec Naomi Campbell à la fin du défilé a prouvé aux détracteurs (et peut-être même à JT) qu’il ne faut pas la sous-estimer. « Quand [Doechii] a eu son moment, elle s’est assurée de ne pas m’oublier ».


Tenue George Trochopoulos, Boucles d’oreilles Messika, Chaussures; Albright Fashion Library

Alors que JT se forge une identité solo, son style est devenu sa meilleure promo.Dans la même semaine, vous pouvez la voir avec un manteau recouvert de poils de chez Marni, un body à bretelles de chez Luar, un look Prada tout juste sorti du runway avec des lunettes de soleil intégrées dans un bandana, ou un chapeau et une veste oversize en peau de mouton du défilé couture Jean Paul Gaultier. Sa volonté de se transformer pour un look a fait d’elle une muse pour les photographes passionnés (comme Indiana Piorek, qui a tourné son clip « Ran Out »), les designers (elle appelle le Patric DiCaprio de Vaquera son « soulmate ») et les marques (elle est la vedette de campagnes pour MAC, Timberland et Flower d’Edie Parker).

« J’adore avoir tous ces liens avec ces gens-là. C’est juste parce que je suis une p*tain de meuf cool. » (Elle attribue à la prison sa capacité à s’entendre avec à peu près tout le monde.)

Son attrait pour la couture et la mode  ne se limite pas aux réseaux sociaux. Elle a acheté une paire d’archives extrêmement rare de talons en verre Maison Margiela pour la couverture de sa première mixtape solo, City Cinderella, et elle est venu à son shooting NYLON avec sa propre version du « Maxi flap bag »Chanel de la première collection de Matthieu Blazy. Quand je lui demande quel est son dernier achat de sac à main, elle bloque : « J’en achète tellement, » dit-elle impassible, avant de s’extasier sur les looks qu’elle va porter lors du shooting : « Je suis rentré dans la taille mannequin de la robe McQueen aujourd’hui, OK ? Trop belle ! »

La personnalité libre de JT a trouvé un accueil naturel sur TikTok, où elle interagit régulièrement avec ses fans — affectueusement surnommés les Juvies — dans les commentaires. Dans une vidéo, on peut la voir se vanter de sa place dans l’industrie musicale depuis le coffre d’une voiture noire; la vidéo suivante, elle promène son chien nu mexicain, Skrilla, dans le centre-ville de New York ou bien faisant la queue pour un matcha comme une digne fille du West Village.


Tenue et chaussures Gucci, Collier Jacob & Co

« On peut être soi-même sur TikTok, pour de vrai. Ça fait tellement d’années que j’essaie de défendre qui je suis et ma personnalité. Avant, je disais : « Si t’es pas capable d’encaisser, reste sur le banc. » Aujourd’hui, j’ai laissé cette mentalité derrière moi.

En 2023, elle s’est installée à Lower Manhattan pour de bon. Après avoir passé plusieurs années à faire des allers-retours entre les deux côtes américaines, elle a fini par comprendre que New York était la ville qui lui correspondait le mieux.

« Je sors de chez moi et je peux croiser quelqu’un habillé en papillon qui marche avec une personne en costume trois-pièces », raconte-t-elle. « Il y a tellement de scènes, de clubs et de cultures différentes à New York. Je m’y sens accueillie, je m’y sens libre. Rien de ce que je fais ne paraît bizarre ici. »

C’est exactement ce sentiment qu’elle souhaite transmettre avec Club Cheetah. Ses fans ne se reconnaîtront peut-être pas dans son goût pour les pièces de créateurs ou les vêtements d’archives, mais son engagement à être pleinement elle-même leur rappelle de ne jamais se laisser enfermer par le regard des autres. « Tout le monde pourra s’identifier à ce projet. J’adore révéler l’assurance d’une bad bitch chez les personnes les plus atypiques. »

Photos : Eric Johnson
Stylisme : Briana Andelore
Interview : Kevin LeBlanc
Rédactrice en chef : Lauren McCarthy
Directrice créative : Karen Hibbert
Coiffure : Tevin Washington 
Maquillage : Raisa Flowers
Vidéo : Aubree Lennon
Directeur de la photographie : Jackie Ladner
Production : Daniel Smit et Kiara Brown
Directrice Marketing Mode : Jennifer Yee
Fashion : Stephanie Sanchez, Ashirah Curry, Noelia Rojas-West
Responsable éditorial : Nolan Feeney
Responsable réseaux sociaux : Charlie Mock
Responsable talents : Special Projects 

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