JOSHUA de SEVENTEEN à l’UNESCO : « Se rassembler permet de créer un changement réel et significatif »

Pour les deux ans de sa collaboration avec l’UNESCO, SEVENTEEN, par la voix de JOSHUA, était de retour à Paris le 25 juin 2026. L’Organisation y a célébré la première phase du Programme mondial de subventions pour la jeunesse, qui a soutenu 100 projets, et lancé sa Phase d’amplification pour dix d’entre eux. À cette occasion, NYLON France a échangé en exclusivité avec JOSHUA, Souria Saad-Zoi, cheffe de la section jeunesse de l’UNESCO, et deux jeunes porteurs de projets.

 

Photo by UNESCO & PLEDIS Entertainment (HYBE)

Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas ses paroles qu’une chanson n’a pas de sens. Beaucoup associent la K-pop à un mouvement musical fun et léger, en se basant sur des clichés qui traduisent une méconnaissance totale de cette industrie. L’engagement du groupe de K-pop SEVENTEEN en faveur de la jeunesse, tant à travers les dons financiers, les actions mises en place lors des concerts ou encore certaines de leurs chansons – on pense notamment à « Cheers to youth » et « Together » –, sont la preuve que la K-pop peut porter un message aussi fort que n’importe quel autre courant musical dans le monde.

En 2024, l’UNESCO nomme le groupe SEVENTEEN Ambassadeur de bonne volonté pour la jeunesse. De cette collaboration exceptionnelle entre les artistes de K-pop et l’Organisation des Nations unies naît un programme mondial de bourses visant à soutenir les jeunes du monde entier : « Going Together – For Youth Creativity and Well-Being ». Les 13 chanteurs ont fait don d’un million de dollars pour financer 100 projets sélectionnés parmi plus de 2 300 candidatures. Ajouté à cela du mentorat et des formations personnalisées, c’est plus de 700 activités qui ont été mises en œuvre, touchant directement 21 000 bénéficiaires et quelque 1,2 millions de personnes en ligne.

2026, un nouveau chapitre dans l’engagement

 

Le 9 juin 2025, SEVENTEEN s’associe à la Maison Sacai et JOOPITER, la plateforme de commerce numérique fondée par Pharrell Williams – lui-même Ambassadeur de bonne volonté à l’UNESCO – pour lancer une vente aux enchères caritative. L’intégralité des recettes, soit environ 250 000 dollars, est versée au lancement de la Phase d’amplification du programme, destinée à renforcer le soutien apporté à dix jeunes leaders issus du programme. Cette nouvelle étape met en lumière le succès de la collaboration, permettant d’accroître l’impact, au niveau local et mondial, et d’assurer la pérennité des projets jugés les plus prometteurs.

Photo by UNESCO & PLEDIS Entertainment (HYBE)

Åsa Regnér, Directrice générale adjointe de l’UNESCO, a reçu à Paris ce jeudi 25 juin 2026 JOSHUA, le chanteur américano-coréen de SEVENTEEN, ainsi que les dix jeunes leaders sélectionnés de la Phase d’amplification. L’événement a permis de célébrer les 100 projets portés en 2025 ainsi que la nouvelle phase du programme « Going Together ». On a pu assister à une cérémonie forte en émotion où chacune des personnes impliquées a pu s’exprimer. Les leaders ont aussi eu l’occasion d’interagir avec d’autres membres de SEVENTEEN via un écran géant, sur l’impact puissant et positif de l’art et de la créativité. C’est une véritable ode à la jeunesse et à ses engagements à travers le monde qui s’est déroulée sous nos yeux.

JOSHUA, représentant de SEVENTEEN à l’UNESCO

 

Il y a onze ans, SEVENTEEN faisait ses débuts dans l’industrie de la K-pop avec le titre « Adore U ». Depuis, le groupe s’est imposé sur la scène musicale mondiale : leur album « FML » est le disque le plus vendu au monde en 2023, leur dernier projet « 17 Is Right Here » a fait ses débuts à la 5e place du Billboard 200 et ils ont signé la bande-son d’un défilé Louis Vuitton par Pharrell Williams en 2025.

Self-producing, SEVENTEEN a toujours supporté la jeunesse et sa liberté créative. À chaque anniversaire du groupe, ils réalisent un don auprès d’organisation pour l’enfance. En 2022, ils lancent l’initiative #GoingTogether avec la Commission nationale coréenne pour l’UNESCO, contribuant à l’ouverture de centres éducatifs au Timor-Leste et à une aide éducative au Malawi.C’est donc dans la suite logique que SEVENTEEN est nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO pour la jeunesse. Bien qu’une grande partie du groupe soit actuellement sous les drapeaux, leur engagement envers la santé mentale, la jeunesse et ses actions reste intacte. C’est pourquoi JOSHUA s’est rendu à Paris le 25 juin dernier, au siège même de l’UNESCO, et nous a parlé de ce qu’implique le titre d’Ambassadeur et du futur de sa collaboration avec l’ONG.

Photo by UNESCO & PLEDIS Entertainment (HYBE)

Il s’agit de votre troisième visite à l’UNESCO. Mais c’est aussi la première fois que vous venez seul. Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être de retour et de représenter SEVENTEEN ?

Être à l’UNESCO a toujours quelque chose de profondément significatif. À chaque fois que je reviens, j’ai le sentiment que notre démarche commune en faveur de l’autonomisation des jeunes prend un nouvel élan, et que son impact devient plus visible à mesure que nous voyons les idées et les initiatives des jeunes prendre vie au fil du temps. Cette fois, en représentant l’ensemble des membres, je ressens une responsabilité encore plus grande. Plus que tout, je veux incarner les valeurs que nous partageons en tant que groupe et porter avec moi la sincérité de tous les membres tout au long de l’événement. J’espère que, comme je l’ai exprimé dans notre message aujourd’hui, la sincérité de SEVENTEEN a contribué à rendre cet événement encore plus fort, et participé à l’esprit de célébration que nous avons tous partagé.

Être « Ambassadeur » est un titre important. Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis que vous l’êtes devenu, et quelles nouvelles responsabilités cela a-t-il impliqué ?

En tant que premiers Ambassadeurs de bonne volonté de l’UNESCO pour la jeunesse, nous ressentons bien sûr le poids de cette mission, mais elle ne nous a pas semblé totalement nouvelle. Elle s’est plutôt inscrite comme le prolongement naturel du partenariat que nous bâtissons avec l’UNESCO depuis plusieurs années. Même lorsque nous ne travaillons pas activement sur un projet spécifique, je pense qu’être Ambassadeur, c’est rester attentif et s’engager avec sincérité. Pendant la célébration de notre 10e anniversaire l’an dernier, nos pensées revenaient sans cesse à la question de comment continuer à soutenir les jeunes. C’est pourquoi nous avons décidé de reverser les bénéfices de notre vente aux enchères en collaboration avec Sacai et JOOPITER à l’initiative.

Pouvez-vous nous parler de l’engagement de SEVENTEEN envers les jeunes depuis votre nomination en tant qu’Ambassadeur ? Êtes-vous fier de tout ce que vous avez accompli ?

L’engagement le plus important est sans doute le Programme mondial de subventions pour la jeunesse, que nous avons lancé avec l’UNESCO peu après notre nomination en tant qu’Ambassadeur de bonne volonté pour la jeunesse. Je pense que sa valeur tient au fait qu’il va au-delà de la simple sensibilisation ou du discours sur les besoins des jeunes. Ce qui nous importait, c’était de leur offrir l’espace, les ressources et la confiance nécessaires pour grandir et réaliser leurs rêves. En tant que SEVENTEEN, nous avons eu la chance d’expérimenter nous-mêmes la force de ce type de soutien au sein de notre communauté, notamment grâce à nos fans.

À travers cette initiative, nous avons pu mesurer à quel point les choses peuvent avancer quand on donne aux jeunes les moyens de poursuivre ce qui les anime vraiment. Cela nous rend fiers de ce que nous avons pu apporter, mais nous sommes encore plus fiers de ce que les participants eux-mêmes ont accompli. Nous leur sommes reconnaissants car nous avons beaucoup appris de leur passion et de leur persévérance.

Qu’avez-vous appris de vos échanges avec les jeunes leaders présents à l’UNESCO aujourd’hui ?

Je savais déjà à quel point ils étaient inspirants en voyant ce que leurs projets avaient accompli, mais les entendre en personne aujourd’hui m’a encore plus surpris. Ce qui m’a frappé, c’est la profondeur de leur réflexion sur leurs propres communautés et la créativité avec laquelle ils abordent les défis qui les entourent. Que ce soit à travers la danse, l’art ou d’autres formes d’expression, ils semblent trouver des façons innovantes de partager leurs expériences et de créer un changement positif.

Un autre aspect qui m’a particulièrement marqué, c’est la diversité de leurs perspectives. Chacun d’eux a sa propre mission et son propre chemin, touchant à des valeurs différentes de la vie et de la jeunesse. Mais tous partagent la conviction que se rassembler permet de créer un changement réel et significatif. Et voir cette volonté d’unir ses forces et de se soutenir mutuellement m’a laissé plein d’espoir pour un monde et un avenir meilleurs.

Quels sont les prochains projets liés à la collaboration entre SEVENTEEN et l’UNESCO ?

L’une des prochaines étapes les plus enthousiasmantes est la Phase d’amplification du Programme mondial de subventions pour la jeunesse. Dix projets d’exception, sélectionnés parmi les cent soutenus dans le cadre de notre collaboration avec l’UNESCO, bénéficieront d’un accompagnement supplémentaire pour amplifier leur impact jusqu’en décembre 2026.

À mesure que cette initiative se développe, j’espère que les jeunes leaders qui portent ces projets continueront à croire en ce dont ils sont capables, et se souviendront que la valeur de leur travail a déjà été reconnue. Je suis convaincu que cette nouvelle phase leur ouvrira de nouvelles perspectives pour aller encore plus loin et créer un impact encore plus grand dans leurs communautés.

Pour notre part, nous voulons continuer à être cette présence pour eux – celle qui encourage les jeunes à persévérer, même quand les choses semblent difficiles. Nous serons toujours là pour les soutenir sur le chemin qui les mène vers leurs rêves et leurs objectifs.

Souria Saad-Zoi, la femme qui assure les arrières de la jeunesse

 

Derrière chaque grand programme institutionnel se cache une personne qui en pilote l’exécution. Chez l’UNESCO, c’est Souria Saad-Zoi, Cheffe de la Section de la jeunesse depuis 2021, qui occupe ce rôle pour « Going Together ». Si SEVENTEEN incarne la visibilité du partenariat et que les jeunes lauréats en sont les bénéficiaires directs, c’est elle qui en garantit le bon fonctionnement : sélection des 2 300 candidatures reçues, accompagnement des 100 projets retenus, mentorat, suivi sur le terrain. Interroger Souria Saad-Zoi était donc primordial pour comprendre ce qui se joue derrière la collaboration entre diplomatie et K-pop, au-delà d’une jolie couverture médiatique pour les deux camps.

Le Programme mondial de subventions pour la jeunesse a soutenu 100 projets dans 64 pays en un an. Quels critères ont guidé la sélection, et comment avez-vous assuré une représentation géographique équitable ?

Le Programme mondial de subventions pour la jeunesse est né en 2023 d’une demande des jeunes eux-mêmes : pourquoi l’UNESCO ne soutiendrait pas directement les initiatives innovantes sur le terrain ? Ce qui distingue ce programme, c’est qu’il ne se limite pas à attribuer un budget. Il offre un accompagnement de A à Z, avec du mentorat, parce que gérer un projet, une communication, un budget, un marketing, ça s’apprend. Thématiquement, nous avons ciblé la créativité et le bien-être des jeunes, qui est devenu une priorité après la COVID, en privilégiant l’innovation locale. Pour la sélection, l’égalité de genre était une priorité absolue, tout comme la répartition géographique. L’objectif était de toucher des jeunes qui n’avaient jamais eu accès à ce type d’opportunités.

Quand SEVENTEEN est venu au forum des jeunes en 2023, est-ce que vous saviez déjà que vous vouliez les nommer Ambassadeurs ?

Ce sont des histoires qui se créent. Quand SEVENTEEN est venu au forum en 2023, il y a eu une énergie incroyable, et de leur part une vraie curiosité pour comprendre ce que traverse la jeunesse. S’en est suivie toute une année d’échanges mutuels et de réunions où nous avons autant appris d’eux qu’ils ont appris de nous. Après le succès du forum, Madame Azoulay (ancienne Directrice générale de l’UNESCO) a naturellement proposé de les nommer Ambassadeurs de bonne volonté pour la jeunesse – les tout premiers. C’est vraiment du gagnant-gagnant : deux partenaires, deux réseaux propres, deux expertises et un objectif commun : soutenir les jeunes de manière concrète pour les aider à changer de vie.

Pouvez-vous me parler de JOOPITER avec Pharrell Williams, et notamment la manière dont le luxe s’est mêlé à ce projet ?

Pharrell Williams, lui-même Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, a produit une chanson avec SEVENTEEN. L’idée a émergé d’utiliser sa plateforme de vente aux enchères, JOOPITER, pour mettre en vente les vêtements et accessoires portés dans le clip vidéo. Après la phase une, on a cherché une façon de continuer à aider les jeunes du programme en allant encore plus en profondeur dans leurs innovations. Il a donc été décidé que les fonds récoltés financeraient directement la deuxième phase du Programme mondial de subventions pour la jeunesse.

Parmi les thématiques couvertes par les jeunes leaders (santé mentale, éducation, patrimoine, égalité de genre…), y en a-t-il une qui vous a particulièrement surpris par son ampleur ou son impact ?

Ce qui est frappant, c’est la diversité des formes que prend l’engagement de ces jeunes. La danse et le hip-hop comme outils de résilience, les musées comme espaces d’expression collective, et, peut-être l’exemple le plus inattendu, le crochet, dont la dimension méditative a des effets réels sur le bien-être mental. Ce que tous ces projets ont en commun, c’est l’idée que les arts permettent aux jeunes de se créer un havre de paix dans un monde anxiogène, de se déconnecter des écrans. L’effet boule de neige dépasse souvent toutes les attentes. Pour ma part, je suis particulièrement sensible à tout ce qui est lié à l’art et à la manière dont on peut s’en servir pour s’épanouir.

Comment avez-vous sélectionné les 10 jeunes leaders qui peuvent donc bénéficier du financement supplémentaire ?

Tous les participants de la première phase ont pu soumettre un nouveau dossier. Ils ont presque tous postulé, ce qui dit beaucoup de leur engagement. Nous avons appliqué les mêmes critères : deux projets par région, égalité des genres, degré d’innovation et potentiel d’expansion. Nous avons également pris en compte tout ce qui avait déjà été réalisé afin d’identifier ceux qui peuvent aller encore plus loin dans leurs projets. Le choix a été vraiment difficile car ils méritaient tous un soutien supplémentaire.

Quelle est la suite du programme, pour les jeunes comme pour SEVENTEEN ?

L’objectif immédiat, c’est la Phase d’amplification avec les dix projets sélectionnés, en étroite collaboration avec l’équipe de SEVENTEEN. Je ne peux pas encore dévoiler les prochaines étapes, mais SEVENTEEN fait désormais partie de la famille UNESCO et j’espère que cette collaboration va continuer, sur des actions aussi innovantes que tout ce que l’on a accompli ensemble depuis 2024.

Mary Rose Pagador et Anas Mahdad, deux figures de l’avenir pour la jeunesse

 

Parmi les dix lauréats sélectionnés pour cette Phase d’amplification, Mary Rose Pagador et Anas Mahdad incarnent ce que le Programme mondial de subventions pour la jeunesse cherche à révéler : la capacité de jeunes adultes à transformer un manque concret en projet durable. Mary Rose a fondé « Project Palabasa » à Barangay Particion, pour lutter contre la crise de l’alphabétisation aux Philippines. Il s’agit d’une bibliothèque communautaire qui a déjà touché plus de 300 bénéficiaires en un an, et qui vise à s’étendre à quatre communautés supplémentaires. Grâce à elle, des enfants construisent désormais des phrases.

Photo by UNESCO & PLEDIS Entertainment (HYBE)

 

Anas a, quant à lui, fait de la danse hip-hop un outil d’affirmation, d’autonomisation et de confiance en soi pour des adolescents marocains éloignés des grands centres urbains. Son projet « Empowering Youth through Hip Hop » s’est développé à Berkane, Sidi Yahya El Gharb et El Kelaa. Avec le financement supplémentaire de l’UNESCO, le projet s’étendra à deux nouvelles villes marocaines où les jeunes disposent d’un accès limité à des espaces créatifs sûrs. Après une cérémonie où ils ont pu s’exprimer face à une audience enthousiaste, les deux leaders se sont prêtés successivement au jeu du question-réponse pour NYLON France.

 

Mary Rose Pagador, « Project Palabasa » aux Philippines :

 

Connaissiez-vous la K-pop avant de rejoindre ce programme ?

Oui, je suis la culture pop, donc j’en entendais parler. Mais en réalité, j’étais fan de SEVENTEEN depuis le lycée. Et maintenant, me retrouver à porter un projet financé par eux…c’est assez incroyable.

Qu’est-ce que cela fait d’avoir été un des 10 projets sélectionnés et donc de bénéficier d’un financement supplémentaire ?

C’est un vrai privilège. Cela nous permet d’étendre notre portée à des barangays qui n’ont ni bibliothèque ni même un coin lecture. Et c’est aussi un honneur de représenter les Philippines sur une scène mondiale. Avec ce financement, nous espérons toucher encore plus de personnes, y compris dans les villages les plus reculés.

Vous avez créé une bibliothèque communautaire à Barangay Particion en avril 2025. D’où vous est venue l’idée, et qu’est-ce qui vous a convaincue que c’était ce dont ce quartier avait besoin ?

L’idée est née en 2022, pendant mes études, lors d’un cours où nous devions évaluer les besoins d’une communauté. On vivait près d’une école et on a réalisé que la plupart des établissements, surtout dans les zones reculées, n’avaient pas accès aux livres. Ce qui nous a aussi frappés, c’est que les gens ne connaissaient même pas le concept d’emprunter un livre gratuitement. On voulait changer ça et partager des livres écrits par des auteurs locaux, philippins, ilonggos.

Vous avez co-fondé ce projet avec votre sœur Juliana Rose et Eula Pauline Noquilla. Qu’est-ce que cela fait de mener ce type d’aventure avec votre famille et vos amis proches ?

La meilleure amie de ma sœur est notre experte en éducation, ma sœur est une bookstagram et le consultant de notre bibliothèque est une parente éloignée. Quand on travaille avec des proches, on partage une vision et une mission commune. Les malentendus existent, mais ils se règlent plus vite, plus ouvertement. Pour moi, c’est un privilège, et je veux que ce projet soit notre engagement pour toute la vie.

Pouvez-vous me parler du pouvoir de l’écriture et de la lecture ?

L’éducation est une compétence fondamentale qui ouvre la porte à tout un tas d’opportunités. La lecture et l’écriture permettent aux enfants d’explorer d’autres mondes, d’élargir leur imagination, d’apprendre à penser par eux-mêmes, de s’épanouir.

La Phase d’amplification prévoit de former des parents et des enseignants comme référents de lecture. Pourquoi est-il essentiel d’impliquer les adultes pour que l’impact sur les enfants soit durable ?

Nous croyons au fait qu’il faut tout un village pour élever un lecteur. L’apprentissage ne s’arrête pas à l’école, il se prolonge à la maison. Certains parents ne savent pas eux-mêmes lire, et n’ont pas accès aux ressources. On veut également leur donner ces outils pour qu’ils puissent accompagner leurs enfants. C’est un écosystème : parents, enseignants, membres de la communauté, on doit tous être ensemble.

Le projet s’étend à quatre communautés pour la seconde phase. Qu’est-ce qui change quand on passe d’un ancrage local à quelque chose de plus étendu ?

Le premier défi, c’est de tisser de nouveaux liens avec les habitants et les autorités locales. On ne peut pas s’imposer dans une communauté. Il faut prendre le temps de se présenter, de créer du lien, d’écouter. Ensuite, chaque enfant a ses propres obstacles, pas seulement l’accès aux livres, mais aussi des difficultés d’apprentissage très différentes. Et enfin, on est une toute petite équipe, ma sœur, la co-fondatrice et moi, donc on devra aussi recruter des bénévoles pour accompagner cette croissance.

Si vous deviez décrire Project Palabasa dans dix ans, à quoi ressemblerait-il dans votre idéal ?

Dans dix ans, j’espère que l’équipe sera toujours là et que le taux d’illettrisme aura diminué. Que chaque école de notre région aura un coin lecture, que des lecteurs engagés auront émergé partout. J’espère aussi qu’on aura publié un livre sur cette aventure. Et surtout, que plus aucun enfant dans ma communauté ne manque de livres.

A la fin de notre échange, Mary Rose Pagador a souhaité ajouter ces quelques mots : « Si vous avez la capacité d’aider votre communauté, d’aider quelqu’un qui peine à lire, faites-le. Maintenant plus que jamais, nous avons besoin d’une action collective face à la crise de l’éducation. Ce n’est pas uniquement un problème philippin : des régions entières à travers le monde souffrent encore d’illettrisme. Aidez, même simplement. Et j’espère qu’un jour, nous serons tous des lecteurs ».

Anas Mahdad, « Empowering Youth through Hip Hop » au Maroc :

 

Connaissiez-vous la K-pop avant de rejoindre ce programme ?

Honnêtement, je n’étais pas un grand auditeur de K-pop. Mais quand j’ai vu l’appel à candidatures du Programme mondial de subventions pour la jeunesse et appris que SEVENTEEN avait donné un million de dollars, j’ai voulu en savoir plus. C’est donc le programme lui-même qui m’a introduit à la K-pop.

Qu’est-ce que le soutien de l’UNESCO et de SEVENTEEN a changé dans votre capacité à mener ce projet ?

Ce programme a eu un impact énorme, plus que n’importe quel autre auquel j’ai participé. Ce qui était vraiment différent, c’est qu’il m’a appris à structurer un programme de façon rigoureuse : recherche, évaluation, mise en œuvre. Avant, je pensais que l’activité en elle-même était le cœur du projet. En réalité, c’est la plus petite partie d’un ensemble bien plus vaste.

Qu’est-ce que cela fait d’avoir été un des 10 projets sélectionnés et donc de bénéficier d’un financement supplémentaire ?

Je me sens heureux, honoré et chanceux, mais aussi très conscient de la responsabilité que ça implique. Ce financement nous permet d’étendre le projet à deux nouvelles villes, en ciblant toujours des communautés marginalisées qui manquent d’espaces culturels et d’éducation artistique. L’une de nos priorités est aussi d’augmenter la participation des filles, qui était insuffisante lors de la première phase. Nous allons produire des vidéos pédagogiques de hip-hop pour toucher les jeunes qui n’ont pas accès physiquement à un atelier.

Pourquoi le hip-hop spécifiquement ?

Parce que le hip-hop est né d’une culture marginalisée, aux États-Unis, comme un moyen de résistance et d’expression pour des communautés qui n’avaient pas d’autre voix. Danse, rap, graffiti, break… Tout ça, c’est de l’activisme sous forme artistique. Et cette histoire résonne directement avec les jeunes qu’on accompagne. Le hip-hop a longtemps été perçu comme une forme d’art mineure, et c’est précisément pour cela qu’il parle à ceux qu’on essaie d’atteindre.

Comment enseigne-t-on l’intelligence émotionnelle à travers la danse ?

On a travaillé avec une spécialiste en éducation qui a formé les instructeurs. Concrètement, les exercices sont toujours ancrés dans la culture hip-hop : le travail en équipe, la résolution de problèmes, la gestion des émotions. Tout passe par le mouvement et la pratique collective. Nous utilisons le hip-hop comme outil pédagogique.

La Phase d’amplification vise une participation féminine plus élevée. Qu’est-ce qui a freiné les jeunes femmes lors de la première phase, et comment comptez-vous y remédier ?

Plusieurs raisons. D’abord, le hip-hop reste perçu comme une forme d’art non traditionnelle dans les communautés marginalisées. Introduire quelque chose d’étranger crée de l’incertitude, de la méfiance, c’est compréhensible. Ensuite, les normes culturelles jouent un rôle réel : un garçon qui demande à ses parents d’aller à un atelier n’aura généralement aucun problème. Une fille, dans ces mêmes contextes, c’est une autre histoire. On doit travailler là-dessus, avec plus de recherche, une approche plus adaptée et une vraie réflexion sur la façon dont on présente le projet aux familles.

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