Nespresso à Cannes : entre iced lattes et montée des marches.

La pluie à Paris avait ce talent très particulier de rendre chaque déplacement théâtral. Les trottoirs devenaient des miroirs gris, les trenchs absorbaient l’humidité comme une mauvaise humeur collective, et les cafés brûlants semblaient moins être un plaisir qu’un mécanisme de survie. Puis, en l’espace de quelques heures, tout avait changé. La lumière, d’abord. Cette lumière beaucoup trop dorée pour être honnête. Et puis Cannes, évidemment. Ses voitures noires impeccables, ses lunettes noires encore plus impeccables, et cette sensation étrange que tout le monde est soit en retard pour une projection, soit amoureux de quelqu’un.

La pluie à Paris avait ce talent très particulier de rendre chaque déplacement théâtral. Les trottoirs devenaient des miroirs gris, les trenchs absorbaient l’humidité comme une mauvaise humeur collective, et les cafés brûlants semblaient moins être un plaisir qu’un mécanisme de survie. Puis, en l’espace de quelques heures, tout avait changé. La lumière, d’abord. Cette lumière beaucoup trop dorée pour être honnête. Et puis Cannes, évidemment. Ses voitures noires impeccables, ses lunettes noires encore plus impeccables, et cette sensation étrange que tout le monde est soit en retard pour une projection, soit amoureux de quelqu’un.

Pendant deux jours, Nespresso nous a offert ce que l’on appellerait une full fantasy. Une parenthèse presque irréelle au milieu du Festival de Cannes, où le café glacé devient un accessoire de mode à part entière et où l’on peut passer d’une plage privée à une montée des marches sans jamais vraiment redescendre sur terre.

Partenaire officiel du Festival depuis maintenant quatorze ans, Nespresso fait partie de ces présences devenues presque indissociables de la Croisette. Comme les flashs, les yachts ou les robes brodées de cristaux qui semblent ne jamais toucher le sol. Mais contrairement à beaucoup de marques qui tentent de s’approprier Cannes, Nespresso a compris quelque chose d’essentiel : ici, le luxe fonctionne surtout lorsqu’il devient un décor dans lequel les gens ont envie de vivre.

Et c’est exactement ce qu’est devenue la Plage Nespresso.

Un refuge chic mais jamais intimidant, pensé comme un été permanent. Entre deux projections et trois rendez-vous, on venait y chercher ce que toute personne normalement constituée recherche désormais en priorité : un iced latte parfaitement dosé. Et pour être honnête, voir apparaître un Coconut Vanilla Over Ice zu Yuzu sur la Croisette avait quelque chose de profondément euphorisant. Comme si quelqu’un avait enfin compris qu’en 2026, le café ne devait plus seulement réveiller, il devait aussi être photogénique.




La journée a commencé là-bas. Lunettes de soleil encore légèrement embuées par la fatigue du voyage, téléphone déjà rempli de photos du décor avant même d’avoir commandé quoi que ce soit. On a découvert leurs nouvelles recettes glacées, leur dernière machine, et toute une série de goodies des plus mignons…. Mention spéciale à la gourde tumbler, probablement l’objet le plus convoité de la plage après certaines célébrités présentes ce jour-là.

Et puis il y avait ce détail qui change tout : le temps semblait ralentir.

À Cannes, tout va normalement très vite. Les voitures arrivent, les projections commencent, les attachés de presse courent dans tous les sens. Mais sur cette plage, les conversations traînaient un peu plus longtemps. Les cafés fondaient lentement sous les glaçons. Les gens riaient plus fort. Comme si l’endroit avait réussi l’exploit de suspendre, pendant quelques heures, l’agitation du Festival.

Ensuite, retour au Martinez, ou plutôt : retour dans cette idée extrêmement précise du glamour à la française. Le Martinez ne ressemble pas à un hôtel, il ressemble à un souvenir collectif du luxe. Les moquettes épaisses, les reflets dorés, les silhouettes qui traversent le lobby comme si elles sortaient d’un film des années 70. Même les ascenseurs semblent avoir conscience de leur importance historique.

 

Nespresso avait vu les choses en grand. Chambre avec vue sur la Méditerranée, préparation glamour et cheveux avant la montée des marches, playlists qui tournent doucement pendant qu’on essaye de ne pas renverser son café sur un look qui coûte probablement le PIB d’une petite ville.

Et puis soudain, il y a ce moment très particulier où Cannes cesse d’être un concept et devient une réalité… Les marches. Celles qu’on a vues mille fois à la télévision sans vraiment imaginer un jour les monter soi-même. Ce soir-là, elles accueillaient la montée des marches de Fatherland, le nouveau film de Pawel Pawlikowski, réalisateur de Ida et Cold War. Un drame d’après-guerre déjà annoncé comme l’un des grands films de cette édition.

Quelques mètres devant nous, Sandra Hüller, déjà entrée dans cette catégorie rare d’actrices qui imposent une présence presque magnétique à chacune de leurs apparitions  montait les marches dans un sublime look Chanel imaginé par Matthieu Blazy, (lui aussi en train de s’imposer comme l’un des grands noms de sa génération). Il y avait dans sa manière d’avancer quelque chose d’à la fois parfaitement maîtrisé et totalement instinctif, comme si l’élégance n’était pas un effort mais une évidence.

Puis une fois dans la salle, les lumières se sont éteintes…Fatherland était bouleversant. Le genre de film qui laisse la salle silencieuse quelques secondes de plus après le générique. Une photographie d’une beauté presque violente, des regards plus parlants que des dialogues entiers, et cette sensation étrange de sortir d’une projection un peu différent de la personne qu’on était en entrant.

Mais à Cannes, les émotions ont rarement le temps de se déposer.

Alors on est repartis vers la Plage Nespresso, métamorphosée pour la nuit. Les lumières avaient changé, les tables s’étaient remplies, la musique flottait dans l’air chaud. L’endroit avait quitté son élégance solaire de journée pour devenir quelque chose de beaucoup plus électrique.

Depuis plusieurs années, Nespresso a compris quelque chose que Cannes n’avait pas toujours incarné avec évidence : ici, on ne venait pas forcément pour bien manger. Alors la marque a peu à peu changé la donne, en transformant sa plage en véritable destination culinaire, en invitant des chefs étoilés et en installant une vraie culture du goût au cœur du Festival. Un petit coup de poker devenu, au fil du temps, une signature.

Et cette année, tout semblait pousser cette logique encore un peu plus loin. Entre les iced lattes devenus presque un langage à part entière sur la Croisette, Dua Lipa désormais nouvelle égérie mondiale de la marque et cette manière très assumée d’embrasser les codes de 2026, Nespresso a pris un virage encore plus contemporain. Celui d’un luxe qui ne se contente plus du prestige, mais qui capte aussi les références du moment.

Dans cette continuité, la marque a choisi de s’associer à Rori, hotspot parisien déjà culte pour ses parts de pizza new-yorkaises généreuses. Un choix presque évident dans cette nouvelle grammaire : celle d’un Cannes qui ne se limite plus aux chefs étoilés, mais qui s’ouvre à des adresses déjà adoptées par une génération entière, sans jamais perdre cette maîtrise très sûre de ce qui fait le “cool” aujourd’hui. Et honnêtement ? Voir des robes de soirée couture manger des slices dégoulinantes de fromage au bord de la Méditerranée avait quelque chose de profondément réjouissant. C’est peut-être ça, finalement, le vrai luxe aujourd’hui. Pas la distance. Pas l’intimidation. Mais la capacité à rendre les choses désirables tout en restant sincèrement cool.

Et Nespresso semble l’avoir compris depuis longtemps.

Leur relation avec Cannes repose d’ailleurs sur quelque chose d’assez rare dans notre époque : la fidélité. Quatorze ans de partenariat avec le Festival. George Clooney comme figure emblématique depuis des années. Et maintenant Dua Lipa, nouvelle égérie qui partage cette même image d’élégance moderne et durable, loin des collaborations jetables qui disparaissent en trois semaines sur Instagram.

Cette notion de continuité existe aussi dans leurs engagements. Nespresso vient d’être re-certifié B Corp avec un score en forte progression, passant de 84 à 105 points en seulement trois ans, plaçant l’entreprise parmi les mieux notées au monde. Derrière les capsules et les campagnes impeccablement produites, il y a aussi une vraie réflexion sur la durabilité du café, devenue aujourd’hui une urgence climatique très concrète.

Parce que même le café est désormais menacé par le futur.

Et c’est peut-être à ça que j’ai pensé en rentrant au Martinez cette nuit-là. Après les robes, les flashs, les films, les cocktails glacés et les parts de pizza à minuit passées. À cette idée étrange que les marques qui traversent réellement le temps sont souvent celles qui comprennent que le luxe n’a jamais seulement été une question d’image.

Mais de fidélité.

Fidélité à une vision. À une esthétique. À des gens. À des habitudes aussi simples qu’un café glacé qu’on finit toujours par recommander exactement de la même manière.

Et en remontant dans ma chambre cette nuit-là, entre les lumières du Martinez, le bruit lointain de la Croisette et cette sensation un peu irréelle que Cannes crée toujours, j’ai réalisé quelque chose d’assez simple. Aussi séduisante soit cette parenthèse de soleil, de flashs et de vie suspendue, il y avait quelque chose de presque rassurant à savoir que dès le lendemain matin, je retrouverais ma propre forme de fidélité. Celle de Paris au milieu du mois de mai, encore un peu grise, encore un peu froide, ses terrasses humides, ses métros trop pleins et mon iced americano à la main malgré douze degrés dehors.

Parce qu’au fond, certaines habitudes finissent elles aussi par devenir une manière de rentrer chez soi…

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