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Dans le cadre de sa collaboration avec G-SHOCK, NYLON est parti à la rencontre de celles et ceux qui repoussent les limites et imposent leur propre tempo. Des personnalités à la fois ancrées et imprévisibles, solides et créatives, à l’image des montres. Et pour l’heure, on retrouve Morgane Quétier dans son garage aux abords de Lyon. Spécialiste du covering automobile, créatrice de contenu et fondatrice de la Covering Academy, elle manie les films adhésifs avec une précision chirurgicale et transforme des voitures comme on transformerait des tableaux. À 29 ans, Morgane impose sa vision dans un milieu masculin, en y insufflant de la technique, de l’esthétique… et du fun.

Tu te souviens de ta première fois au volant ?

Le tout premier souvenir que j’ai avec une voiture, c’est aussi ma toute première prestation. J’avais à peine mon permis, et j’ai dû aller chercher une voiture de sport pour travailler dessus. Franchement, j’ai eu un coup de chaud. Mais ça reste un souvenir marquant. J’étais fière.

Et enfant, t’étais déjà branchée voiture ?

Pas du tout ! Zéro intérêt pour les voitures. C’est drôle d’ailleurs, parce qu’aujourd’hui je baigne dedans. Je ne saurais même pas expliquer comment j’ai atterri là. C’est un vrai hasard… ou peut-être un alignement.

Mais comment t’as fait ton entrée dans ce monde ? C’est pas tous les jours que l’on ouvre un garage pour du covering de voitures. 

À la base, je voulais aider mon ex à monter son business. Je venais d’un master en marketing et communication, alors j’ai structuré son idée, monté le business plan, et au final… j’ai commencé à tester moi-même. Je me suis filmée, j’ai posté, et là : boom. Les gens se demandaient : “Mais c’est qui cette fille qui découpe des voitures ?” Tout s’est enchaîné, et je me suis retrouvée propulsée dans le covering.

Ton tout premier covering, tu t’en souviens ?

Bien sûr. C’était sur ma propre voiture. J’avais fait un bi-ton : moitié noir mat, moitié noir brillant, avec des bandes rouges. C’était chargé ! (rires) J’avais sûrement des trucs à prouver, mais j’étais fière.

Et si tu devais expliquer le covering à quelqu’un qui n’y connaît rien ?

C’est l’art de recouvrir un élément de carrosserie avec un film adhésif. En gros, c’est un méga sticker qui transforme l’apparence de ta voiture- couleur, texture, tout. Celle derrière moi va passer du blanc à un vert pomme satiné. Ambiance Brat ! 

Qu’est-ce qui t’éclate le plus dans ton métier ?

Le travail manuel. Dès que je pose les mains sur un véhicule, le temps s’arrête. Je dis souvent que je rentre en méditation. Je suis dans une bulle, concentrée, mais aussi complètement ailleurs. Et quand un client me dit “waouh”, je me dis que j’ai bien fait de continuer.

Un covering qui t’a marquée ?

Ceux où les clients me disent : “Fais-toi plaisir.” Là, je peux libérer ma créativité, inventer, oser. J’ai un visuel avec un film psychédélique qui change de couleur au soleil, avec des lignes pour souligner les courbes. J’ai adoré le penser, le découper. C’est là où je m’amuse le plus.

Ton atelier est unique, un peu hors du temps. Tu l’as pensé comme ça ?

Il s’est construit petit à petit. À la base, c’était juste un espace, pas très beau. Mais je voulais que ce soit accueillant, lumineux, différent d’un garage classique. J’y ai mis ma personnalité, comme dans un cocon.

Justement, on parle beaucoup de temps dans cette série. G-SHOCK est une montre pensée pour les gens comme toi, qui enchaînent les projets. Tu la vis comment, cette notion du temps ?

Pendant longtemps, le temps m’a angoissée. Je fais beaucoup de choses à la fois : covering, formation, contenu… Et en plus je suis enceinte ! Mais j’ai appris à structurer, à prioriser. Maintenant, le temps est un allié. Et surtout, j’ai compris qu’il faut aussi se créer des parenthèses pour ralentir.

Est-ce que tu regardes beaucoup ta montre lorsque tu es en pleine création ?

Oui, surtout depuis que j’ai compris que mon temps avait de la valeur. Parfois je l’oublie, et parfois je la regarde pour chronométrer un élément. Et puis, j’avoue, j’aime bien quand elle va avec ma tenue… ou avec la voiture que je suis en train de transformer ! (rires) C’est un accessoire, mais aussi un repère. Et dans ce métier, il en faut.

Et quand tu travailles, tu médites ?

Oui, complètement. Dès que mes mains touchent l’adhésif, je me mets en mode automatique. Je pense à mille trucs, je suis ailleurs, c’est apaisant. C’est un état proche de l’hypnose. J’adore ça. Presqu’une trans ou je perds toute notion du temps.

Et puis tu as lancé la Covering Academy. Pourquoi ?

Je recevais beaucoup de messages de jeunes filles qui voulaient se lancer, mais ne savaient pas comment. J’avais une compétence, alors je l’ai partagée. La Covering Academy, c’est un centre de formation, mais aussi un espace pour prendre sa place, surtout en tant que femme dans l’automobile.

Ça n’a pas été trop dur de t’imposer dans un milieu si masculin ?

Il y a un vrai paradoxe. Le covering demande de la patience, de la minutie — des qualités qu’on associe souvent aux femmes. Et pourtant, 90 % des pros sont des hommes. Il faut plus de représentations. Plus on sera visibles, plus d’autres femmes oseront.

Tu arrives à prendre du temps pour toi ?

Je ralentis. Je vois mes proches, je me pose. Parfois, je suis juste avec ma sœur sur un canapé. Ou alors je vais marcher au parc. J’ai besoin de nature pour me recentrer.

Et une voiture complète, ça prend combien de temps ?

Entre 3 à 5 jours pour un total wrap. Tout dépend du gabarit du véhicule. Une petite citadine, c’est pas pareil qu’un gros bolide aux courbes complexes.

Tu te projettes comment, là ?

Déjà, je vais être maman. Et ensuite, j’aimerais voir plus grand : déménager, proposer des formations plus poussées, réussir à équilibrer vie pro et vie perso.

Tu veux apprendre le covering à ton enfant ?

(rires) Non ! Il fera ce qu’il veut. Je veux qu’il ait le choix, qu’il prenne son temps. Ce sera sa route, pas la mienne.

Un dernier mot ?

Oui. On aime trop mettre les gens dans des cases. Moi je suis une pro du covering, mais je fais aussi du contenu, je chante parfois, pourquoi pas demain faire encore autre chose ? Il faut juste s’écouter, être authentique. Peu importe les critiques, l’important, c’est de faire ce qu’on aime. J’ai été une femme jeune, métisse, dans l’automobile-  ça ne plaisait pas à tout le monde. Mais je l’ai fait. Et je suis heureuse.

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