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Lily Collins : Once upon a time in Paris

Lily Collins a organisé un mariage tout en produisant et en jouant dans la saison 2 du plaisir le plus coupable du petit écran. Pour elle, rien n'est impossible !

Photographes : AB+DM
Styliste : Danielle Goldberg

Robe GIVENCHY

Cette année, Lily Collins a été la vedette de deux productions élaborées. La première est la deuxième saison, plus big, plus osée et plus audacieuse d’Emily in Paris. La seconde est son mariage champêtre en plein air, quelque part entre époque victorienne et americana, célébré en septembre dans le resort boisé de Dunton Hot Springs, dans le Colorado. L’événement s’est déroulé en comité restreint : rien d’excessif (même si la confection de sa robe Ralph Lauren a nécessité près de 200 heures de travail), mais avec un côté résolument épique. 

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Bandeau de tête et robe RICHARD QUINN / Gants WING + WEFT / Bottes LE SILLA

Ce feeling était sans doute dû au fait que Collins n’a jamais vu le lieu de l’événement avant le grand jour. Pendant la préparation, la comédienne de 32 ans se trouvait évidemment à Paris – en plein pic de Covid – pour jouer et produire la deuxième saison de cette série romantique et tape-à-l’œil, que beaucoup trouvaient justement trop tape-à-l’œil et trop romantique. Le tout dans une ville où la joie de vivre était éteinte : lorsque le tournage de la saison 2 a commencé en mai, le couvre-feu à 19 h était encore en vigueur, et seuls les supermarchés et les pharmacies étaient ouverts. Pendant son temps libre, elle choisissait un menu qu’elle ne pouvait pas goûter et la décoration d’un mariage dans un espace qu’elle n’avait jamais vu.

“J’étais en train de le planifier tout en tournant la série, avec neuf heures de décalage. Je finissais le tournage, puis communiquais via Zoom avec les personnes en charge et répondais aux e-mails”, raconte Collins à NYLON. Pourtant, elle n’a jamais douté et elle a eu raison : le 4 septembre, elle a épousé le réalisateur Charlie McDowell, 38 ans, qui est assis à côté d’elle lors de notre interview Zoom. Leur lieu de villégiature ? Un cottage bohème et ensoleillé dans la propriété d’un ami dans le sud de la Californie. “[C’était] très excitant et génial ; tout s’est passé de façon soudaine”, ajoute-t-elle.

Collins a pris l’habitude de gérer deux mondes simultanément et pas seulement parce qu’elle est actrice. Elle le fait dans la vie réelle depuis l’âge de 5 ans, lorsqu’elle a quitté son Angleterre natale pour les États-Unis à la suite du divorce de ses parents. Son père est le célèbre musicien Phil Collins, ce qui fait de Lily un membre certifié de l’aristocratie hollywoodienne, et elle a même participé au Bal des débutantes à Paris, une étape classique pour les enfants de célébrités. Cependant, comme le révèle son compte Instagram, Collins est aussi à l’aise dans les montagnes que dans sa ville d’adoption, Beverly Hills. Elle tient des réunions Zoom vêtue d’une simple chemise Oxford bleu clair, mais lorsque notre conversation s’oriente vers la supernova hitchcockienne qu’elle incarnait pour le shooting photo de cet article, elle s’exclame  : “J’ai adoré tout ça : la perruque, l’ambiance, les vêtements.” Et ses choix de carrière n’ont pas été les plus faciles non plus : après s’être fait les dents sur des projets aussi sombres les uns que les autres (To the Bone ; Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile ; Okja), elle est désormais la nouvelle incarnation du stéréotype hollywoodien. Lorsque Emily in Paris a été diffusée pour la première fois sur Netflix à l’automne 2020, les difficultés de l’héroïne et ses rêves trop beaux pour être vrais se sont révélés être exactement la cuillerée de sucre dont les téléspectateurs avaient besoin pour supporter la réalité de la quarantaine.

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Bibi et robe MOSCHINO COUTURE / Gants MISCREANTS / Bagues CARTIER

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Bibi et robe MOSCHINO COUTURE

La deuxième saison, qui sera diffusée le 22 décembre, est toujours aussi riche en émotions – elle se déroule dans un monde sans Covid, entre autres – mais tout n’est pas que gaffes malheureuses et pains au chocolat. L’accent est mis sur les conséquences de la relation d’Emily avec Gabriel, son voisin chef français, dans la fin de la saison 1. Cet arc touchant rappelle la seconde moitié de la troisième saison de Sex and the City, lorsque Carrie entame une liaison avec Big (le créateur dEmily in Paris, Darren Star, était également celui de SATC). D’un point de vue moral, le public sait que ces couples ne devraient pas être ensemble : Big est marié ; Gabriel a peut-être ou pas complètement rompu avec sa petite amie, qui se trouve être Camille, l’amie intime d’Emily. Mais c’est aussi pour cette raison que nous voulons les voir ensemble. “Elle n’imite en aucun cas la vie de Carrie”, estime Collins, même si elle concède : “Emily a probablement grandi avec des posters de Carrie Bradshaw sur son mur.” Emily a pour signe astrologique Carrie avec un ascendant Charlotte. Comme Carrie, elle peut être un peu instable quand il s’agit d’affaires de cœur. En l’espace d’une saison, nous l’avons vue coucher avec un jeune de 17 ans, sortir avec un client, et bien sûr coucher avec Gabriel. Ensuite, il y a le flirt homoérotique entre Emily et Camille, qui est subtilement orchestré dans un moment subliminal puisqu’elles se sont accidentellement embrassées sur les lèvres lors de leur première rencontre. Quand j’ai lu cette séquence dans le script, je me suis demandé où ça allait nous mener”, se souvient Collins. Et les scénaristes me disaient : “On ne sait pas non plus.”

On a beaucoup parlé du côté “Charlotte” d’Emily : le côté sérieux, naïf et ringard, son inépuisable gaîté. “Beaucoup des qualités d’Emily, si on les mettait sur le papier, sembleraient tellement ennuyeuses”, dit Collins. Mais elle défend son personnage qu’elle considère comme le contraire du “bidimensionnel”. “C’est triste de penser que les gens se disent  ‘c’est trop’ face à un personnage optimiste, brillant et pétillant. Ce sont de si belles qualités, qu’elle complète avec sa vulnérabilité. Elle demande de l’aide et fait des erreurs – elle n’est pas infaillible”, ajoute Collins.

Ces critiques particulières sont également liées au genre. On n’a pas entendu beaucoup d’objections quand il s’agissait des fantasmes masculins de la série Entourage, qui narrait la vie d’un jeune homme de 20 ans très séduisant déménageant dans une nouvelle ville pour y trouver la gloire, la fortune et des conquêtes sexuelles à profusion. Mais tout le monde n’était pas prêt à adhérer au fantasme féminin que vendait Emily in Paris. Pour Lily Collins, l’aspect too much de la série reflète la crainte que son personnage éprouve à vivre. “Je pense que la réalité est exacerbée pour Emily, dans le fait de déménager à Paris, dans ce qu’elle vit, dans ce qu’elle voit”, dit Collins, qui a étudié le journalisme à l’USC et qui détache toujours bien ses syllabes comme si elle s’apprêtait à présenter un JT. Pour ce que ça vaut, certains des pièges typiquement parisiens que les téléspectateurs américains ont cités pour dire que la série n’était pas crédible sont réellement arrivés à Collins lorsqu’elle y vivait, entre marcher dans une crotte de chien ou galérer une semaine sans eau chaude dans son appartement. “C’est juste que lorsque vous les mettez tous ensemble dans une série télévisée qui a l’air aussi esthétique, cela paraît invraisemblable.

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Ensemble CHANEL / Escarpins CHRISTIAN LOUBOUTIN

Plutôt que de céder aux critiques, dans la saison 2, les créateurs de la série ont encore appuyé sur le côté bonbon qui a rendu Emily in Paris si facile à regarder. La célèbre styliste Patricia Field, qui a préféré continuer son job de consultante sur les costumes de la série plutôt que de reprendre son rôle sur le nouveau reboot de Sex and the City, a multiplié les prises de risques en matière de mode. Collins s’est d’ailleurs émerveillée de la confiance que lui a accordée Field. “[Elle] demandait : « Que veux-tu porter ?” Je n’aurais jamais pensé que quelqu’un d’aussi emblématique me demanderait ça”, se souvient-elle.

Les deux femmes se sont rencontrées pour la première fois lorsque l’actrice a visité la galerie de Field à New York, avant le tournage de la première saison de la série. “Nous avons eu une petite séance préliminaire de prise de contact et d’essayage, ce qui nous a beaucoup aidées [à avoir] ses tailles, son énergie”, explique Field, qui décrit le look qu’elle a créé pour Emily comme “très Emily et très Lily. Emily et Lily sont vraiment…  Elle était vraiment faite pour ce rôle.” Ensuite, la série a confié à Jeremy O. Harris, scénariste de Zola, le rôle d’un créateur de mode féroce – dans tous les sens du terme – qui devient le faire-valoir amical d’Emily. “Il a dit publiquement qu’il était super fan de moi, ce qui était adorable, et j’ai été très surprise”, explique-t-elle à propos de ce dramaturge très connecté, dont les louanges pour la série contrastent avec les commentaires sur Twitter de son milieu “branché” habituel.

“J’aime la joie – je pense que c’est surprenant pour les gens étant donné le genre de choses que j’écris – mais il y a beaucoup de légèreté dans mon travail”, déclare Harris, qui estimait récemment dans un tweet que c’était sa manif virtuelle en soutien d’Emily in Paris qui lui a valu le rôle – il aimerait refaire le coup avec Squid Game. Quand je regardais [Emily in Paris], je me disais : “C’est tellement amusant. Pourquoi tout le monde est si énervé ?”

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Robe ALIÈTTE

Harris a trouvé le casting d’EIP très accueillant – “Il y avait une ambiance de pensionnat français un peu bizarre, et moi j’étais le type qui apportait un peu de fun” – mais travailler avec Collins l’a beaucoup surpris, dans le bon sens. “Quand j’ai intégré pour la première fois Emily in Paris, il y a eu une sorte de problème de traduction autour de mes cheveux et de ce dont j’avais besoin en tant qu’artiste noir. Quand Lily l’a appris, elle m’a dit : “Tu sais que je suis productrice, n’est-ce pas ?” Et elle s’est immédiatement mise en mode productrice, envoyant des SMS et appelant tout le monde, en s’assurant que je me sente à l’aise pour mon premier jour de tournage”, raconte-t-il. “On pense souvent que les actrices qui ont eu le privilège d’avoir une telle lignée familiale sont frivoles ou dilettantes, mais ce n’est absolument pas le cas de Lily. C’est un tel plaisir de rencontrer des actrices qui sont prêtes à défendre des personnes ayant moins de privilèges ou moins de pouvoir qu’elles.”

McDowell, que Collins a commencé à fréquenter à l’été 2019, l’a rejointe pendant quelques mois sur le tournage. Ses meilleurs souvenirs de leur séjour à Paris sont les longues promenades dans la ville avec leur chien de sauvetage Redford (que McDowell fait momentanément apparaître à l’écran pour le présenter). Parfois, Harris venait chez eux pour chiller. Il raconte que la relation du couple m’a donné envie de devenir un meilleur partenaire pour mon petit ami parce qu’ils sont un tel modèle d’amour… Leur maison est une maison de rires, de collaboration intelligente et profonde et d’admiration mutuelle.” Pendant une pause dans le tournage, McDowell et Collins ont voyagé à Copenhague et ont tellement aimé la ville qu’ils l’ont ajoutée à l’itinéraire de la lune de miel de trois semaines et demie dont ils reviennent. “C’était un voyage d’aventure et de gastronomie, atypique pour une lune de miel. C’était vraiment une expérience à vivre”, dit-elle à propos de leur séjour en Scandinavie, qui comprenait “des endroits incroyables, écoresponsables et durables, qui embrassent la nature et les caractéristiques de leur région.”

Leur mariage, qui s’est déroulé le week-end de la fête du Travail, a également été un retour à la nature, un retour à l’héritage américano-britannique que partage Mme McDowell. “Le cadre nous rappelait les collines et les forêts d’Angleterre. Nous avons tous les deux la double nationalité, c’est donc quelque chose que nous voulions mettre en valeur”, explique-t-elle. La cérémonie s’est déroulée dans l’intimité, avec seulement leurs amis proches et leurs familles. McDowell est également né de célébrités : il est le fils des acteurs Mary Steenburgen et Malcolm McDowell, et le beau-fils de Ted Danson. “C’est tellement agréable de pouvoir enfin dire que je suis une femme mariée, [mais] parfois ça me fait me sentir très vieille”, lâche Collins avant de s’interrompre, de rougir et de prendre un moment pour regarder McDowell, qui donne un coup de pied vers l’écran en signe d’approbation.

Les jeunes mariés sont également collègues. McDowell a dirigé Collins dans Windfall, un film sur un jeune couple qui arrive dans une maison de vacances pour découvrir qu’elle a été cambriolée. Ils travailleront ensuite ensemble sur Gilded Rage, qui explore le meurtre tristement célèbre du banquier d’affaires Thomas Gilbert Sr. en 2015. Comme 18 mois de confinement l’ont appris à tous ceux qui vivent une relation amoureuse, il y a une raison pour laquelle les gens séparent leur vie professionnelle de leur vie personnelle. Mais pour Collins, jusqu’ici, tout va bien. “J’ai en fait été surprise de pouvoir vraiment faire la différence entre le réalisateur et le fiancé”, poursuit-elle. “C’était tellement agréable d’aller au travail et d’avoir confiance l’un en l’autre, mais aussi de faire une pause quand on rentre à la maison, de regarder une émission et de déconnecter.” Les limites sont claires. Lorsqu’on lui demande de s’exprimer sur ce qui l’a le plus surpris dans sa collaboration avec Collins, McDowell rigole : “Ce n’est pas mon interview, OK ?”

Collins fait de la place pour toutes ses passions comme quelqu’un qui n’a jamais trouvé cela particulièrement difficile ou étrange. C’est peut-être la raison pour laquelle la question qu’elle préfère le moins au sujet d’Emily est celle que les journalistes lui ont souvent posée au cours de la première saison : est-elle une accro au travail ou une romantique ? “J’étais genre : “Elle n’a pas besoin d’être définie par une seule chose. Elle aime son travail et elle aime aussi l’amour”, se souvient Collins. “Elle est la femme moderne.”

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Bandeau de tête et robe RICHARD QUINN / Gants WING + WEFT

Photographe : AB+DM
Styliste : Danielle Goldberg
Coiffeur : Gregory Russell
Maquilleuse : Fiona Stiles
Manicure : Thuy Nguyen
Set Designer : Robert Ziemer
Bookings : Special Projects
Videographe : Alex Van Brande
VP of Fashion : Tiffany Reid 
SVP of Creative : Karen Hibbert
Journaliste : Samantha Leach
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