Welcome dans WEEDKILLER, le monde merveilleux d’Ashnikko
Devenue virale sur TikTok, la chanteuse s’impose comme une force fantastique qui enchantera ton quotidien et tes playlists.
Le premier album d’Ashnikko, WEEDKILLER, raconte l’histoire d’un monde qui n’est pas sans rappeler le nôtre. Au lieu d’humains vivant sur Terre, ce sont des “fae” qui vivent sur une planète sans nom, recouverte de forêts. À la place du changement climatique, de la pollution et de la guerre, il y a les Weedkillers, des machines dotées d’intelligence artificielle qui détruisent lentement et dévorent violemment la biomatière de la planète. L’héroïne de cette histoire est une fae à qui l’on a arraché les ailes pour les remplacer par des pièces de machines, devenant ainsi la moitié de ce qu’elle déteste. Mais derrière ses cheveux bleu Kool-Aid qui dansent dans le vent, elle est déterminée à prendre sa revanche.

Si tu suis Ashnikko depuis « Stupid » en 2019, alors tu ne seras pas surpris.e par le concept madmaxesque de WEEDKILLER, dont la tracklist a été dévoilée vendredi dernier et dont l’album sortira le 25 août via Warner Records. Depuis qu’elle a trouvé la gloire virale sur TikTok, l’Américaine s’est imposée comme une créatrice de monde débridée, libérée des conventions et contraintes de genre. Ses clips associent souvent son hyperpop frénétique à des visuels hypnotiques, remixant animes, jeux vidéo et personnages de contes de fées : dans “Panic Attacks in Paradise” en 2022, elle incarnait une Eve hédoniste au jardin d’Eden, et dans “Daisy”, l’année d’avant, elle était à la fois une abeille et une Satan sexy. Et WEEDKILLER va encore plus loin que ces deux projets combinés.

“C’est la première fois que j’ai une collection de titres où je me dis : c’est un vrai monde, que je suis passionnée de construire”, raconte-t-elle à NYLON. Il est 9 heures du matin à Osaka, au Japon, et elle vient de se réveiller. Dans la soirée, elle donnera le coup d’envoi de sa tournée en Asie, en jouant une version light du show présenté sur la scène de Coachella en avril – deux indices de l’ampleur qu’a pris la carrière d’Ashnikko ces trois dernières années.

La story de WEEDKILLER n’est pas née du néant. La jeune femme de 27 ans nourrit depuis longtemps une passion pour l’écriture créative. Durant son enfance en Caroline du Nord, elle rédigeait des “tonnes” de nouvelles et de poèmes souvent teintés de science-fiction et de surréalisme. “Construire des mondes fantastiques juste avec des mots, pour moi, c’était comme faire de la magie”, explique-t-elle.

S’il contient beaucoup d’êtres fantastiques, les thèmes de WEEDKILLER sont plus humains qu’il n’y paraît. Les méchants de l’histoire sont à la fois réels et abstraits, et touchent autant le monde d’Ashnikko que notre Terre aujourd’hui. L’angle IA saute aux yeux, et ce disque résonne comme un commentaire sur la dangereuse spirale technologique dans laquelle s’embarque la société, au détriment de l’environnement. “J’ai l’impression que nous vivons dans un monde qui a perdu la capacité d’être empathique envers la nature et qui consomme plus que nous ne donnons en retour”, dit-elle.

Mais il y a aussi des titres comme “Possession of a Weapon”, une mare de boue toxique composée en réaction à l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade. “Is that what you want, blood and guts / Pussy teeth to imprison you ?”, dégaine-t-elle. De son côté, “Cheerleader” est un hymne de stade tout en barbelés sur la “pression incroyable pour maintenir sa f*ckabilité et suivre des normes de beauté impossibles”, dit-elle en évoquant sa visibilité accrue en tant que pop star queer et femme.

Sur l’album, toutes ces injonctions sociétales, publiques ou personnelles, se transforment en des monstres tangibles qu’Ashnikko doit affronter. Mais l’album se termine sur une note d’espoir avec la chanson “Dying Star”, composée avec l’aide d’Ethel Cain, le sommet de l’album. Deux fois plus longue que les autres, cette douce ballade sur l’abandon d’une relation mourante pour un nouvel amour est vraisemblablement dédiée à sa partenaire, Arlo Parks.

WEEDKILLER est clairement mûr pour une adaptation au théâtre, et c’est d’ailleurs ce qu’a fait Ashnikko à Coachella, où elle a amené fae et Weedkillers dans une scénographie XXL, avec des accessoires et des costumes pour donner vie à son monde sur scène. Sa première dans un festival qui figure en bonne place dans sa liste de goals ultimes.  “Coachella, c’est clairement le festival où je rêve de jouer depuis que je suis enfant. C’est le festival dont tu peux parler même à des gens qui ne sont pas dans la musique, et tout le monde sait que c’est un big deal.”

Talent : Ashnikko

Journaliste : Steffanee Wang
Photographe : Juan Veloz
Set Designer: Carlos Lopez
Talent Bookings : Special Projects
Video Director: Kyle Hartman
Photo Director: Alex Pollack
SVP Fashion: Tiffany Reid
SVP Creative: Karen Hibbert

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