The French girls are DOING IT pic.twitter.com/R6VbRRF104
— pocket (@islandthembo) November 12, 2022
Quelques heures plus tard, c’est le prime de la Star Academy qui fait remonter une habituée des raids haineux en TT : Camélia Jordana. Pendant que certain.e.s critiquent sa robe signée Burc Akyol – ornée du “hand bra” iconique porté par Cardi B, Cate Blanchett ou Lucky Love –, d’autres la mettent carrément en compétition avec Tiana, la candidate avec laquelle elle partage un duo sur “Mistral gagnant”. Ah… les goûts et les couleurs !
Le 17 février 2019, Libération publiait une tribune dans laquelle Romain Pigenel, cofondateur du site Futurs.io, rappelait l’ensemble des libertés garanties par l’anonymat sur Internet, comme celle de “se dévoiler quand ce que l’on vit ou ce que l’on est peut attirer critiques, moqueries, menaces, opprobre social”. S’interrogeant sur les dérives autoritaires que pourrait faciliter un Internet “où toute expression serait immédiatement reliable à un individu clairement identifié”, il écrivait : “Défendre le pseudonymat, c’est refuser de transformer Internet en un inextricable boulet que chacun d’entre nous traînerait au pied toute sa vie. Un monstrueux miroir sans tain qui mettrait à nu le citoyen, abandonnant ses données aux géants du Web, et ses faits et gestes à la curiosité publique”.
L’une à fait la une de Forbes,vogues collaborer avec Balanciaga, Mac, undiz. Ont parle d’elle dans le remake de prince de bel air en plus d’être plus riche elle est Connu internationalement et l’autre a fait la nouvelle école .. garder votre Shay hein https://t.co/uG12IZmwte pic.twitter.com/DVi6jfhErL
— . K O U N A D I I . (@KOUNADII) November 19, 2022
Let women be !
Puisque la question de l’anonymat en ligne reste un imbroglio philosophico-politique, revenons au sujet qui nous amène : pourquoi certain.e.s ne peuvent-iels s’empêcher de mettre sans cesse les talents féminins en compétition ? Faut-il rappeler à quel point l’art est poreux, et qu’aucun.e artiste ne peut exister sans ses aîné.e.s et ses contemporains ?
Est-il si surprenant de remarquer, quand des artistes ont tant de choses en commun, que leurs œuvres communiquent et s’inspirent mutuellement ? À toi, je laisse la liberté de répondre à cette question, persuadé pour ma part que certain.e.s, trop fainéant.e.s ou effrayé.e.s à l’idée de trouver leur place dans ce monde, auront toujours de quoi expier leur frustration sur Internet en balançant des propos qu’iels auraient du mal à signer de leur nom.
Cher.e.s ami.e.s, rappelons-nous que la musique n’a jamais eu pour but de diviser – au contraire –, qu’être artiste demande du courage et que nous pouvons être fier.e.s de toutes ces femmes qui nous rappellent à quel point le monde et la francophonie sont riches – et que nous sommes à la fois si semblables et different.e.s.
Twitter has a problem
C’est clairement pas le truc le plus original que j’aurais écrit cette semaine, mais Twitter a un problème. Son nouveau patron Elon Musk aggrave le phénomène en virant les équipes de modération et en participant lui-même à cette culture du clash qui pollue le réseau, mais soyons honnêtes : tout ça ne date pas d’hier.
Doja Cat, Shay, Aya Nakamura, Camélia Jordana… Comme d’habitude, ce sont les mêmes noms autour desquels les internautes s’agglutinent. Et comment ne pas remarquer un motif : quatre femmes racisées, quatre prétendues “grandes gueules” et quatre musiciennes talentueuses exemples de réussite.
Je ne vais pas m’épancher sur la teneur des propos, dignes d’une cour de collège ou d’un meeting d’incels – une petite recherche te précipitera facilement au cœur de la hate machine – mais tu connais la chanson… Le racisme et la misogynie seraient-ils l’opium des twittos ? Surtout, la liberté d’expression a-t-elle vraiment vocation à garantir l’impunité de ces haters ?
Entre 2019 et 2020, le gouvernement français avait ouvert le débat dans le cadre de la loi Avia visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet. À l’époque, le Premier ministre Jean Castex déclarait : “Il y a quelque chose de choquant [sur les réseaux sociaux], c’est l’anonymat. On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes. Dans ces conditions, les réseaux sociaux, c’est le régime de Vichy : personne ne sait qui c’est ! Je suis pour la liberté d’expression, mais si on se cache, les conditions du débat sont faussées.”
Tiana je trouve qu’elle chante bien mieux que Camélia Jordana sur cette chanson 😶#StarAcademy #staracdemy2022 pic.twitter.com/Sc7GULJUTB
— David H (@airness68) November 19, 2022




