Sega Bodega
Producteur, DJ et musiciens aux multiples talents : voici l’entretien exclusif avec la force incontournable de la scène électro expérimentale actuelle.
Dans le monde de la musique électronique, rares sont ceux qui parviennent à fusionner innovation et émotion avec autant de brio que Sega Bodega. Producteur, DJ et cofondateur du collectif NUXXE, il est une force incontournable de la scène électro expérimentale actuelle. Son parcours, débutant dans les clubs de Glasgow et évoluant vers des collaborations prestigieuses avec des artistes comme Charlotte Gainsbourg, témoigne d’un talent sans frontières. Avec une approche avant-gardiste et un lien unique avec ses fans, Sega Bodega repousse constamment les limites des genres musicaux. Dans cette interview exclusive 100% NYLON, il nous dévoile ses inspirations et sa vision pour l’avenir de la musique électronique.

 

 

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Peux-tu nous parler de tes débuts dans la musique électronique et de ce qui t’a initialement attiré vers ce genre ?

À mes débuts, je jouais à Glasgow, moi et mon ami avions un club appelé Naive. J’étais le DJ résident, c’était en 2009. En même temps, j’ai commencé à produire de la musique et nous organisions des soirées de French House. Il avait reçu un héritage de sa grand-mère, donc il faisait venir des DJ comme DJ Falcon, Alan Braxe et tous les artistes de chez Ed Banger, comme Cassius. Je les écoutais seulement, mais je connaissais certains d’entre eux comme Cassius et A-Trak. J’investissais tout dans cette soirée, car j’ai grandi en écoutant de la French House. J’ai aussi commencé à utiliser Logic en même temps et j’essayais de DJ et de faire de la musique à Glasgow. Voilà comment j’ai commencé.

En tant que membre du collectif NUXXE, comment décrirais-tu la dynamique de travail et la collaboration au sein du groupe ?

Cela fait des années que ce n’est plus vraiment une chose, car nous sommes tous partis chacun de notre côté. Oklou aussi a suivi sa propre voie, et j’ai voulu faire de même pendant un certain temps. Nous voulions sortir les productions d’autres personnes, mais nous n’avons pas trouvé de structure pour le label. J’ai commencé à sortir ma musique par le biais du label, mais j’ai récemment créé mon propre label parce que cela m’intéressait vraiment. Le collectif était très actif de 2016 à 2018. Nous avions un chat groupe où nous écoutions la musique des uns et des autres. Je travaillais beaucoup avec Shygirl. C’était vraiment amusant. Je regrette cet aspect collectif, car il y a une certaine puissance dans le nombre. J’ai adoré cette partie de ma carrière ! 

Tu sembles avoir un lien très proche avec tes fans en ligne. Comment cela influence-t-il ta création ?

Avant, j’étais très ouvert et j’encourageais même les personnes ayant des problèmes d’alcool à me contacter, car j’ai moi-même connu ce problème et je n’ai pas bu depuis huit ans. À un moment donné, je proposais aux gens de m’envoyer leur musique pour que je leur donne mon avis et des conseils de production. Cependant, cela est rapidement devenu un peu étrange. J’ai donc dû devenir plus réservé, car cela m’affectait trop, même si je trouve les fans très drôles et amusants, quel que soit l’univers musical. Être un jeune fan aujourd’hui semble très intense, mais aussi très fun.

 

 

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Tu es également actif dans d’autres domaines artistiques. Comment ces disciplines interagissent-elles avec ta musique ?

Je pense que la musique électronique est un domaine où l’on peut tout faire et créer n’importe quel son imaginable. C’est un genre sans limites. Je trouve passionnant d’explorer ce genre au maximum de son potentiel. De nombreux genres ont désormais une structure très prévisible. Pour ma part, j’ai hâte d’entendre quelque chose de véritablement novateur.

Quelles sources d’inspiration qui pourraient paraître absurdes nourrissent ton art au quotidien ?

Ce n’est pas facile à trouver. Je regarde des spectacles en live pour observer comment les autres artistes interprètent la musique électronique, car il existe de nombreuses façons de le faire. Je vais à de plus en plus de spectacles pour m’inspirer pour mes propres performances. Je trouve également des livres d’images inspirants ; voir des choses que je n’ai jamais vues auparavant est crucial. L’expérience physique et réelle, comme assister à un spectacle ou visiter une exposition, est bien plus inspirante que de faire des recherches sur son téléphone. Il ne faut jamais se priver de cela.

Comment vois-tu l’avenir de la musique électronique ? Y a-t-il des tendances ou des développements que tu trouves particulièrement excitants ou prometteurs ?

Je pense que la musique indie sera la prochaine grande tendance et que la combinaison de l’indie et de l’électronique pourrait être vraiment fascinante. J’aimerais voir des pop stars EDM, comme une fusion entre Ariana Grande et Squarepusher. Des artistes comme Two Shell font déjà des choses intéressantes. J’aimerais voir davantage de croisements entre l’EDM et la pop.

 

 

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Comment est née ta collaboration avec Charlotte Gainsbourg sur “Romeo”, et as-tu l’intention de collaborer à nouveau avec d’autres artistes français à l’avenir ?

Oui, je travaille toujours sur son album, ainsi qu’avec SebastiAn. Travailler avec ces artistes que j’écoutais en grandissant est un véritable honneur ! J’aimerais collaborer avec davantage d’artistes français, mais c’est vrai que le temps me manque.

Pourquoi avoir choisi de venir à Paris ? Est-ce lié à ton influence passée ?

Paris est proche de Londres, ce qui est pratique. J’ai toujours eu une connexion spéciale avec Paris en raison de mon amour pour la French House.

Que veux-tu dire aux personnes qui écouteront ton nouvel album Dennis ?

L’album est conçu comme une journée : on se réveille, on vit sa journée et on se couche. J’aimerais que les gens l’écoutent dans l’ordre, car c’est ainsi que je souhaite qu’il soit perçu avant tout.

Quelle est ta chanson du mois ?

“Go With The Flow” de Queens of the Stone Age. C’est une chanson géniale ! Je la recommande !

Écoute Dennis de Sega Bodega ici !

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