Madonna, Confession II : l’énergie ne meurt jamais

Lors d’une session d’écoute organisée à Paris pendant la Fashion Week, le producteur Stuart Price est revenu sur les coulisses de Confessions II. Un projet qui prolonge l’un des chapitres les plus iconiques de la carrière de Madonna.

Photo by Rafael Pavarotti

Près de vingt ans après Confessions on a Dance Floor, Madonna retrouve celui qui avait façonné son esthétique sonore dans les années 2000 :  Stuart Price. Un duo qui avait déjà marqué une époque entière. Récemment, ils ont revisité quatre décennies de musique lors du Celebration Tour. Cette fois-ci, ils se retrouvent pour un projet que beaucoup considéraient comme impossible. Madonna et Stuart Price prolongent aujourd’hui l’histoire de l’album qui a donné naissance à « Hung Up » probablement le dernier immense succès mondial de la Reine de la Pop.

Mais derrière les références à « Erotica » ou « Ray of Light », et les hymnes taillés pour le dancefloor, Confessions II raconte surtout une autre histoire, celle de la transmission et la passation de pouvoir. Pourtant Stuart Price ne savait que ce nouvel album serait la suite de Confession on a Dance Floor.

« Je ne savais pas que c’était Confessions II »

Pendant la session d’écoute, Stuart Price a avoué qu’il n’avait pas identifier la nature de projet.

À Paris, l’écoute débute avec « Good For The Soul ». Stuart Price décrit l’écriture du morceau comme ce moment où une page blanche trouve soudainement sa direction. Une sensation comparable à celle d’une soirée qui semblait vouée à l’ennui avant qu’un vieil ami arrive et change complètement votre énergie.

Cette image résume parfaitement l’album : ce vieil ami, Confession on a Dance Floor qui aide à à bâtir l’énergie de Confession II.

Un DJ set de 63 minutes

Comme son prédécesseur de 2005, Confessions II est conçu comme un véritable DJ set. Où les morceaux s’enchaînent sans rupture.

« I Feel So Free »  démarre et donne le ton. Le titre s’appuie sur le sample de « French Kiss » de Lil Louis. Un classique absolu des clubs sorti en 1989, le morceau mêle deep house, cordes disco et production ultra-soignée qui vise à vous faire danser toute la night. Madonna le dit elle-même dès les premières minutes de l’album : « Don’t be a vibe killer » Et le DJ set peut continuer. Plus qu’une suite, Confessions II est un voyage dans toute sa discographie.

Si le titre évoque immédiatement Confessions on a Dance Floor, les références dépassent largement cette seule période. On retrouve des clins d’œil à « Erotica », « Ray of Light », « American Life », « Justify My Love » ou encore « Bedtime Story ». Et sur des titres comme « Everything » ou  « My Sins Are My Savior », Madonna semble dialoguer avec plusieurs versions d’elle-même. Stuart Price l’explique d’ailleurs de manière très simple : « À chaque album, Madonna tend un miroir à son époque ». Cette fois, ce miroir reflète aussi sa propre histoire.

L’obsession de la progression

Un mot revient constamment lorsqu’on écoute Confessions II : progression. Comme sur le premier volet, les morceaux sont construits autour d’une progression permanente. Les chansons ne cherchent pas simplement un refrain ; elles avancent vers une forme d’aboutissement totale.

Sabrina Carpenter, la nouvelle héritière pop

Parmi les invités de Confessions II, la présence de Sabrina Carpenter n’a rien d’un hasard.

Lorsque nous avons demandé à Stuart Price si Madonna avait toujours eu Sabrina Carpenter en tête pour cette chanson, sa réponse a été immédiate : Oui, les deux artistes sont en contact depuis longtemps et leur collaboration s’est imposée naturellement. Il est vrai Sabrina Carpenter avait fait monter sur scène Madonna lors de son dernier Coachella. Un moment que l’on ne risque pas d’oublier.

Selon lui, « l’alchimie entre Madonna et Sabrina Carpenter est évidente, autant en studio qu’à l’écran. » Une complicité que l’on retrouve dans le clip « Bring Your Love » , où les deux pop stars semblent évoluer dans le même univers avec une facilité déconcertante. Cette collaboration s’inscrit d’ailleurs dans une longue tradition chez Madonna. Tout au long de sa carrière, elle a régulièrement tendu la main aux nouvelles générations d’artistes féminines. Madonna a toujours choisi de transmettre son amour de la musique.

« The energy never dies »

La phrase revient comme un mantra sur « Fragile », l’un des moments les plus émouvants de l’album. Madonna y évoque la disparition de son frère Christopher : « People really think there is a beginning and ending to this thing called life. The energy never dies. It’s just a portal we’re going through. Still, it’s hard to let go. »

Après quarante minutes de house euphorique et de transe hypnotique, l’album devient plus introspectif. Entre le deuil de Christopher, le duo avec sa fille Lola Leon sur « The Test », les références à Mark Kamins et au Danceteria qui ont contribué à lancer sa carrière, ainsi que sa collaboration avec Sabrina Carpenter, une idée finit par s’imposer.

Confessions II n’est pas seulement un album de club. C’est un album de transmission.

On retrouve cette idée partout. Dans le regard porté sur son passé, dans le dialogue qu’elle entretient avec sa propre discographie, mais aussi dans sa manière de continuer à tendre la main aux nouvelles générations d’artistes. De Britney Spears à M.I.A., en passant par Tokischa et aujourd’hui Sabrina Carpenter, Madonna a toujours préféré la transmission à la nostalgie.

Et c’est peut-être là que réside la véritable signification de Confessions II. Derrière les montées euphorisantes et les refrains taillés pour le dancefloor, Madonna semble rappeler une chose très simple : « The energy never dies. »

L’énergie circule. Elle se transforme. Elle se transmet et ne s’éteint jamais.

Vingt ans après Confessions on a Dance Floor, Madonna ne regarde pas seulement en arrière. Elle tend la main à celles et ceux qui écriront la suite, tout en nous offrant son album le plus excitant  et sans doute le plus madonesque depuis vingt ans.

Photo by Rafael Pavarotti

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