Love letter aux comédies musicales
Créées à l’origine pour permettre au public de s’évader un instant, les comédies musicales et les films musicaux de manière générale ne sont souvent pas appréciées à leur juste valeur. Voici une lettre d’amour pour leur rendre justice.

J’ai toujours été une fervente admiratrice des comédies musicales. Les Disney m’ont conquise dès mes premiers pas. Petite, je chantais à pleins poumons les chansons du Roi Lion ou de Tarzan – sans parler des films et séries Disney Channel, je vous évite le karaoké. Long story short, Disney, c’est vraiment ce qui a éveillé mon amour pour les films musicaux. #HannahMontanaStanForever.

J’ai 13 ans et je vais au cinéma avec mes potes pour voir Pitch Perfect, qui vient de sortir. Si, pour certain.e.s, ce n’était qu’un film sur la musique de plus, pour moi, ce fut le coup de foudre – touchée to the core. Le choix des chansons, les chorés, le cast, j’étais en extase. J’ai même lâché une petite larme à la fin du film – que j’ai bien évidemment cachée #AquariusGang.

Faire oublier le réel, c’était d’ailleurs leur fonction, notamment durant les moments de tensions sociales ou géopolitiques

J’ai adoré l’histoire de cette bande de loseuses qui forment une chorale parce que c’était quelque chose de tout nouveau. Moi qui n’avais que High School Musical pour référence, j’avais l’impression de grandir. Et justement, Pitch Perfect n’est pas vraiment un film child-friendly, il contient plein de sous-entendus ou de scènes assez grown-up – je n’avais jamais vu cela dans les comédies musicales habituelles, toujours déconnectées de la réalité. Faire oublier le réel, c’était d’ailleurs leur fonction, notamment durant les moments de tensions sociales ou géopolitiques. “La comédie musicale est un cinéma de la crise”, expliquait l’universitaire Daniel Corinaut. 

Et l’intérêt de Pitch Perfect, c’est que tu n’y retrouve pas ce côté onirique et flawless des comédies musicales classiques. Un film qui casse un peu tous les codes, une comédie burlesque qui est parvenue à m’émouvoir – alors que, let’s be honest, ce n’était pas du tout le but. Jason Moore, le réalisateur de la saga, dit que ce qui rend le film si spécial, c’est qu’il y a de l’amitié, du cœur et du bonding. Et c’est vrai. J’ai adoré voir la main character Beca (Anna Kendrick) chercher sa place pour finir par s’intégrer parfaitement dans ce girls band très “alternatif” – to say the least. Me cherchant moi-même à l’époque, ce film m’a aidé à passer le cap de l’adolescence, à développer mes goûts cinématographiques et à assumer mon kif des comédies musicales. 

 

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Le film musical, bien plus qu’une comédie

Parce que, faut l’avouer, beaucoup de gens disent “détester le genre, car ça chante trop”, et puis “tous les films musicaux se ressemblent”. Je respecte ton jugement, mais c’est juste pas vrai. Le monde des films musicaux est tellement vaste qu’il y a de la place pour les œuvres les plus créatives. 8 Mile starring Eminem, tu l’as vu non ? Tu l’as adoré, n’est-ce pas ? Ce côté dark, avec une histoire dure et inspirante à la fois, le tout rythmé par du rap, ça t’a plu, right ? Eh bien, c’est un film musical, plus précisément un drame musical, tout comme Get Rich or Die Tryin’ de 50 Cent.

Le chef-d’œuvre de Curtis Hanson est toujours en tête des meilleurs hip-hop movies et fait l’unanimité au sein du public, underground comme mainstream. Sorti en 2002, dans une era où le hip-hop et le R&B prenaient de plus en plus de place dans les charts américains, 8 Mile s’intègre parfaitement dans le contexte musical. Il attire une toute nouvelle audience pour le genre et met littéralement tout le monde d’accord. Porté par d’excellentes critiques, le film remporte un Oscar pour la meilleure bande-son, et devient un instant classic.

Il y a certes une dichotomie entre ces films et les comédies musicales “classiques”, mais ils sont de la même famille. Et c’est ça la beauté du genre : il y a un film pour chaque profil. T’aimes les films bizarres et dérangeants ? Check Sweeney Todd ou The Rocky Horror Picture Show. Tu aimes les comédies romantiques ? Voilà Lalaland, ou Mamma Mia ou des centaines d’autres choix. Et si tu préfères la scène française, il y a des petites pépites comme Annette ou encore l’incroyable Huit Femmes. Tout le monde y trouve son compte.

Un genre fait pour rendre heureux.ses

Tous les amateurs de comédies musicales – si tu aimes ça encore en secret, no worries, I’ve been there – te le diront : chaque séance est comme un shoot de dopamine. Ce sont des films qui ont été faits pour rendre heureux, pour détourner les gens de la réalité – et évidemment, ça se termine toujours bien. La réalisation est pensée pour que le spectateur soit rapidement immergé. “Les comédies musicales sont, par nature, théâtrales, ce qui signifie qu’elles sont poétiques, qu’elles doivent faire travailler l’imagination du public et créer une suspension d’incrédulité, ce qui signifie qu’il n’y a pas de quatrième mur”, expliquait le grand compositeur américain Stephen Sondheim, parolier de West Side Story.

La plupart de ces films, tu les as vus en famille ou entre amis et tu en gardes souvent de bons souvenirs. Après avoir regardé un musical, il y a cette nostalgie instantanée qui s’installe et qui reste jusqu’au next movie. Un exemple ? Mamma Mia!. Un phénomène mondial, la référence de toutes les comédies musicales des vingt dernières années. Le film, sorti en 2008, est la transposition de la pièce du même nom, qui racontait (dix ans plus tôt) l’histoire de Sophie, qui invite pour son mariage trois hommes susceptibles d’être son père, sans prévenir sa mère, tout cela rythmé par des tubes d’ABBA. Phyllida Lloyd transpose l’histoire sur une île grecque avec Meryl Streep et fait un carton au box-office. Au théâtre, son adaptation a attiré plus de 30 millions de spectateurs, crazy right ? 

Ma relation avec le genre est deep. Je me remémore chaque musical que j’ai vu, et j’essaye d’analyser mon état d’esprit à ce moment-là. Tu vois cette sensation, quand tu es en train de regarder ton film préféré, mais que tu ne le sais pas encore ? Eh bien, c’est ce feeling qui me traverse le corps quand je regarde le film musical qui va changer ma vie. Et j’ai eu de la chance, il y en a eu plusieurs. A chaque fois, des frissons m’ont parcouru la peau, j’étais comme déphasée pendant un instant. Comme si j’étais tombée amoureuse.

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