BIGBANG : Après 20 ans, leur premier concert en France

Il aura fallu attendre vingt ans. Vingt ans après leurs débuts, BIGBANG ont enfin donné leur tout premier concert en France. Et évidemment, pour cette première date française, G-DRAGON, TAEYANG et DAESUNG n’ont pas vraiment choisi la petite salle du coin : ils ont rempli le Stade de France pour célébrer leurs vingt ans de carrière.

Photo by YG Entertainment.

Car oui, malgré leurs nombreuses tournées internationales, avec notamment un passage à Londres en 2012, BIGBANG n’étaient encore jamais venus jouer en France. Alors les voir arriver à Paris, vingt ans après la création du groupe, directement dans l’un des plus grands stades du pays, avait forcément quelque chose d’assez symbolique.

Parce que BIGBANG, c’est quand même un groupe qui a participé à faire entrer la K-pop dans une nouvelle dimension. Formé en 2006, le groupe a marqué toute une génération avec des titres devenus aujourd’hui des classiques : Lies, Haru Haru, Fantastic Baby, Bang Bang Bang, Loser… Vingt ans plus tard, seuls trois membres sont encore réunis sous le nom BIGBANG, mais leur catalogue, lui, est toujours intact… Et puis les lumières se sont éteintes.

Photo by YG Entertainment.

 

Fantastic Baby. Premier morceau. Premier choc.

 

Le stade se met à hurler avant même que le morceau ait réellement commencé. Et c’est assez fou de voir qu’un titre sorti en 2012 suffit encore, quatorze ans plus tard, à transformer instantanément des dizaines de milliers de personnes en une gigantesque chorale. C’est aussi ça, BIGBANG : des chansons qui ont tellement dépassé leur époque qu’elles sont devenues des réflexes collectifs.

Et le concert va justement jouer sur cette mémoire. Hands Up, Tonight, Blue, Loser, If You, Bad Boy, Bae Bae, Haru Haru, Lies… La première partie du show ressemble presque à une visite guidée de la discographie du groupe. Celle qui permet de mesurer, morceau après morceau, à quel point leur catalogue est immense.

Il y a évidemment MADE, l’album sorti en 2016 après plusieurs singles qui avaient déjà marqué toute une génération. Bang Bang Bang, Bae Bae, Loser, Sober, If You, We Like 2 Party : une partie de ces titres sont devenus des classiques de la K-pop, mais surtout des morceaux qui ont accompagné l’adolescence de toute une génération de fans.

Et puis il y a ce que BIGBANG a toujours très bien compris : leurs membres existent aussi individuellement. Alors le concert se sépare un temps en trois.

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DAESUNG arrive ensuite avec Universe, puis Wings, avant d’enchaîner avec Hando-Chogua, un morceau qui mélange son univers pop avec des sonorités inspirées de la musique traditionnelle coréenne. Et visiblement, même quand il s’agit de faire danser un Stade de France entier sur du trot coréen, Daesung sait exactement comment s’y prendre. 

Taeyang prend ensuite la scène avec Bad ou Live Fast Die Slow. Et évidemment, impossible de passer à côté de Ringa Linga. Le titre est toujours aussi efficace en live, avec cette énergie qui fait immédiatement basculer le Stade dans une autre ambiance. Mais le plus fou reste peut-être de voir à quel point les morceaux les plus récents de Taeyang sont déjà connus du public. Les derniers titres de son nouvel album sont repris par des milliers de personnes comme s’ils étaient sortis il y a dix ans.

Et puis arrive G-Dragon.Et là, forcément, le stade change encore d’énergie. Power. Crayon. Crooked. Trois morceaux qui résument assez bien pourquoi G-Dragon est devenu beaucoup plus qu’un membre de BIGBANG. Chanteur, rappeur, producteur, auteur, figure de mode et personnage central de la pop coréenne depuis presque vingt ans, il a construit autour de lui un univers qui existe presque indépendamment du groupe. Et voir Crooked résonner dans un Stade de France, c’est aussi se rappeler à quel point certaines chansons peuvent traverser les années sans perdre leur pouvoir. (Et oui, on en avait déjà parlé dans NYLON.)

Photo by YG Entertainment.

Mais évidemment, BIGBANG n’allait pas laisser Paris repartir uniquement avec un petit cours d’histoire musicale…Bang Bang Bang arrive.

Puis Stupid Liar, Sober, We Like 2 Party. Le public connaît les paroles, les chorés, les moments où il faut crier, ceux où il faut lever les bras. À certains moments, on a presque moins l’impression d’assister à un concert que de participer à une gigantesque séance de souvenirs collectifs.

Et c’est probablement là que le statut de BIGBANG devient le plus évident.

Parce que parler de BIGBANG comme d’un simple « groupe de K-pop » en 2026 paraît presque réducteur. Formé par YG Entertainment en 2006, le groupe fait partie des artistes qui ont participé à faire sortir la K-pop de ses frontières nationales, à une époque où son explosion mondiale n’avait absolument rien d’évident. Leur première grande tournée mondiale, l’ALIVE GALAXY TOUR, les avait déjà emmenés en Asie, en Amérique et en Europe, avec notamment des dates à Londres, New Jersey, Los Angeles et plusieurs grandes salles japonaises.

Et vingt ans plus tard, le symbole est assez dingue : les mêmes chansons qui ont accompagné l’explosion internationale du groupe sont désormais jouées dans certains des plus grands stades du monde.

Le groupe a d’ailleurs baptisé cette nouvelle tournée XX : COSMOS, un nom qui colle assez bien à ce qu’ils sont venus faire : regarder vingt ans de carrière comme une sorte de grand univers BIGBANG, où les tubes du groupe, les carrières solo, les souvenirs des fans et les différentes époques du groupe peuvent coexister. La tournée marque leur première série de concerts depuis 2017 et compte 31 dates à travers l’Asie, l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australie.

Et puis vient le moment où l’on réalise que le concert touche à sa fin. My Heaven. Sunset Glow. Last Farewell. Feeling. Avant que les trois membres ne terminent avec Still Life, le morceau sorti en 2022 qui avait déjà marqué leur retour après plusieurs années de pause. Une chanson presque forcément chargée de sens aujourd’hui : elle parle du temps qui passe, des changements, de ce qui reste après les différentes saisons d’une vie. Et forcément, dans un concert qui célèbre vingt ans de BIGBANG, difficile de ne pas y voir une conclusion parfaite.

Vingt ans, donc…

Vingt ans depuis les débuts de BIGBANG. Vingt ans depuis que cinq garçons ont commencé à construire ce qui allait devenir l’un des groupes les plus importants de la pop coréenne. Vingt ans de Lies, Haru Haru, Fantastic Baby, Bang Bang Bang, Loser, de carrières solo, de changements et de réinventions.

Et si le groupe a changé, le public aussi.


Photo by YG Entertainment.

Certains étaient là depuis leurs premières années. D’autres les ont découverts bien plus tard. Certains ont grandi avec eux, certains ont découvert BIGBANG grâce à G-Dragon, à Taeyang ou à un vieux clip YouTube, d’autres étaient peut-être simplement là pour comprendre pourquoi, vingt ans après leurs débuts, trois hommes peuvent encore faire trembler un stade entier avec une chanson sortie il y a plus de dix ans.

Après plusieurs heures de concert, une chose est en tout cas certaine : BIGBANG n’a pas seulement célébré son anniversaire. Ils ont célébré une époque.

Et vu le bruit qu’a fait le Stade de France sur Fantastic Baby, Bang Bang Bang ou Crooked, visiblement, cette époque n’est pas encore complètement terminée.

 








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