Willy Chavarria transforme la Fashion Week en lettre d’amour géante, entre musique et cinéma

À Paris, Willy Chavarria n’a pas présenté un défilé. Il a monté un film en direct. Un opéra latino, une telenovela couture, un concert géant, un manifeste d’amour et d’identité. Son show FW26, baptisé Eterno, s’est imposé comme le moment de la saison.

 

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Dans une scénographie de carrefour urbain, comme un passage piéton au cœur d’un barrio imaginaire, les mannequins se croisaient pendant que la musique envahissait l’espace. Mon Laferte ouvre le bal, suivie de Lunay, Mahmood, Feid, Latin Mafia, Lil Mr. E… et surtout Santos Bravos, nouveau boys band latino que Chavarria propulse sur la scène mondiale.

Formé récemment à l’initiative de HYBE, le géant coréen du divertissement (maison-mère de BTS, NewJeans ou encore SEVENTEEN), Santos Bravos incarne une nouvelle génération de groupes pensés dès l’origine comme des projets globaux, à la croisée de la musique, de la mode et de la culture visuelle. Le quintet, composé de talents venus du Mexique, de Porto Rico, du Pérou, du Brésil et des États-Unis, s’inscrit dans cette vision internationale où la pop latino dialogue avec les codes du star system mondial et une esthétique ultra-cinématographique. Leur présence chez Willy Chavarria, en adidas custom, résonne ainsi comme un manifeste : une scène où se rencontrent fierté queer, identité latino et puissance culturelle globale.

Les cinq garçons ont interprété leur titre « 0% » au cœur du défilé, transformant le runway en plateau de cinéma. « Franchement, j’avais l’impression d’être dans un film. C’était parfait. Pour moi, c’est un rêve », confient-ils juste après le show. « Ce n’était pas un défilé classique. C’était un film, un vrai film. Il y avait différentes scènes, une histoire racontée. Et à la fin, tout prenait sens. »

 

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Dans cette fresque vivante, la mode avançait au rythme de l’émotion. Tailoring plus affûté qu’à l’habitude, silhouettes sombres au début, puis montée en puissance : léopard, cuirs serpent, couleurs vives, sportswear “Big Willy”, ensembles adidas revisités, lowriders, jerseys, robes du soir et capes spectaculaires. Le tout porté par une énergie collective quasi cinématographique.

« L’impact sur le public était très émotionnel. Le mot pour décrire cette journée : l’amour. Très du cœur », racontent les Santos Bravos. « C’est exactement ce qu’on a ressenti en performant. C’est incroyable que Willy nous ait fait confiance. C’est un moment unique dans une vie. »

Leur première fois à Paris, leur première fois en Europe aussi. « On est allés à Notre-Dame, on veut aller à la tour Eiffel dès que possible. On est tombés amoureux de la ville… et du froid », sourient-ils, encore portés par l’euphorie. Quand on leur montre les fans français massés devant le lieu, l’émotion est immédiate. À la fin, un mot en français pour eux tous : « Je t’aime ».

En conclusion du show, Willy Chavarria rejoint ses mannequins, vêtu d’un t-shirt proclamant : Protection is Love. Tout est là. Sa vision d’une mode comme langage politique doux, comme déclaration d’amour, comme espace de représentation queer et latino, comme pont entre musique, cinéma et couture.

Plus qu’un défilé, Eterno était un moment de culture. Un geste de cœur. Et sans doute, le show dont on se souviendra quand on repensera à cette saison parisienne.

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