Vous connaissez très certainement leurs pseudos. @alisontoby, @mv.tiangue, @marieggch, @dominiquewaang ou encore @voguebymalek sont cinq créateur.rice.s de contenu de talent qui partagent une chose : leur amour du style et des vêtements. Mais qui se cache sous ces comptes au succès fulgurant ? Ces nouveaux noms de la fashion nous confient les secrets de leur ascension, leurs inspirations et leurs avis sur l’évolution récente du monde de la mode.
Quels contenus mode vous ont fait percer sur Instagram ?
@alisontoby : De mon côté, ce sont les Reels mode et mes looks de tous les jours.
@dominiquewaang : Moi, c’est le mix de la mode avec la culture asiatique car j’ai une communauté très intéressée par ce sujet !
@voguebymalek : Je montre mes outfits et je marche dans la rue et des lieux publics et ça plaît beaucoup !
Grâce à Instagram, vous avez pu être propulsés dans le monde “réel” de la mode (défilés, collabs, shootings etc.). Ça vous fait quoi ?
@voguebymalek : C’était un rêve et ça se transforme en projet, c’est beau. En vérité, je m’étais grave imaginé faire ce métier. Quand je faisais un vœu genre à 5 ans, tout le monde savait ce que c’était : “Je veux être une star.” Aujourd’hui, c’est sérieux et concret et c’est vraiment incroyable.
@mv.tiangue : C’est trop bien de faire un truc que t’aimes et dont tu peux vivre.
@marieggch : Depuis petite, je voulais faire des réseaux et me lancer mais je n’avais pas le courage. Je ne voulais pas faire face au regard des autres. Ça a pris beaucoup de temps, environ dix ans. Maintenant que ça s’est concrétisé, je peux le dire : c’est un peu un rêve qui se réalise.
@alisontoby : De mon côté, je ne peux pas dire que devenir influenceuse était un rêve. En revanche, assister aux défilés, c’était un goal. On a tellement de chance de pouvoir y assister ! Ça me semblait inaccessible.
Pensez-vous que les marques utilisent cette inclusivité de manière hypocrite ?
@voguebymalek : Le milieu de la mode est un gros business. Ils savent que ça fait vendre. Les jeunes doivent se reconnaître à travers les marques. C’est pour ça qu’aujourd’hui, même des influenceurs défilent.
@mv.tiangue : Honnêtement, moi ça me va. Peu importe comment c’est arrivé, aujourd’hui, cette inclusivité est là, ils n’ont pas le choix et ne peuvent pas revenir en arrière. Si le fond n’y est pas, tant pis. Au final, ce que la marque va montrer, c’est ce que les gens vont voir.
Qu’avez-vous pensé de l’ambiance du shooting entre vous mais aussi avec les stylistes et photographes ?
@dominiquewaang : L’équipe est trop cool !
@alisontoby : Très sympa et à l’écoute. On m’a tout de suite demandé ce que je voulais comme musique pour poser, s’il y avait trop de gens sur le plateau, si j’étais à l’aise etc..
@marieggch : Moi, j’ai pas trop l’habitude de faire ça donc j’étais très stressée mais ça s’est très bien passé – même si je ne suis pas très forte en talons (rire).
@voguebymalek : Ça s’est hyperbien passé ! Je trouve qu’il y a une ambiance saine entre nous tou.te.s. En plus, nos outfits s’adaptent à toutes nos personnalités.
Assistants Photographe : Rémi Procureur & Joshua Abecassis
Stagiaire : Matthieu Lescop
Styliste: Louis Portejoie
Assistants Styliste : Greg Laurent Gualandi & Naïs Hoarau Des Ruisseaux
Set Designer : Enzo Selvatici
Assistant Set Designer : Ian Aksoul
Maquilleur : Ruben Mas
Assistante Maquilleur : Flavie Terracol
Coiffeur : Rimi Ura using Shu Uemura
Assistant Coiffeur : Lukas Laloue
Production : Producing Love
Styliste: Louis Portejoie
@voguebymalek Blouson DIESEL pa GLENN MARTENS / Combinaison COURRÈGES / Mitaines AGNELLE / Chaussures SACAI / Lunettes personelles
@alisontoby Robe & pantalon MUGLER / Gants AGNELLE / Sac MOYNAT / Chaussures vintage
@mv.tiangue Robe MUGLER / Body & sac AMCA OVAL / Boucles d’oreilles COURRÈGES / Collants FALKE / Boots COURRÈGES
@dominiquewaang Costume EGON LAB / T-Shirt COURRÈGES / Chaussures FENDI
Pensiez-vous que votre passion pour la mode intéresserait tant de personnes ?
@voguebymalek : Non. C’est d’ailleurs très difficile de se projeter. Se lancer dans ce métier est une prise de risque, mais c’est cool et c’est une bonne surprise quand ce que tu fais plaît. Ça nous encourage à continuer.
@mv.tiangue : La façon dont je m’habille m’a toujours paru très random, normale. Mais avec les réseaux sociaux, en me montrant de plus en plus, je me suis rendu compte que des gens pouvaient avoir des avis controversés sur mes tenues alors que pour moi, ce sont vraiment des looks basiques.
@marieggch : C’est vrai que les gens sont très judgmental sur les réseaux.
@mv.tiangue : Mais oui ! Alors que dans la vie, tu rencontres très rarement quelqu’un qui va te faire des remarques sur ta tenue même si tu t’habilles de manière colorful. Mais sur les réseaux sociaux, quand tu présentes ta tenue en disant “J’ai fait ces choix”, les gens se lâchent.
Vous parlez des haters mais vous donnez aussi envie aux gens de s’affirmer stylistiquement !
@marieggch : Oui et ça, c’est hyperpositif. Personnellement, je reçois beaucoup de messages de soutien et de remerciement : “Je m’habille différemment grâce à toi”, “Avant je ne m’habillais pas du tout de cette manière-là”, “Je m’habillais pour les autres”, “Je m’habillais pour mes parents” etc.. Maintenant, beaucoup sortent de ce schéma-là et arrivent à s’affirmer à travers leurs vêtements. C’est ce que j’ai toujours dit : je ne m’habille pour personne, seulement pour moi. Que les personnes autour de moi aiment ou pas, à la fin de la journée, ça ne regarde que moi.
@mv.tiangue : Et je trouve que ça vaut surtout pour les jeunes collégiens qui nous suivent. Pour eux, c’est le moment où tu veux être comme tout le monde et avoir ta paire de Jordan. Comme si c’était ton seul moyen d’avoir des potes ! Mais maintenant, avec les réseaux, ça change : plus tu es différent, plus tu es cool et ça c’est chouette.
Pouvez-vous vous présenter pour les lecteur.rice.s de NYLON France ?
@alisontoby : Je suis Alison Toby, influenceuse mode et je viens de Bruxelles.
@mv.tiangue : Je m’appelle Marie-Victoire, j’ai 20 ans et je viens de région parisienne. Je suis aussi influenceuse.
@marieggch : Je suis Marie, je fais pas mal de vidéos et de contenus qui traitent de seconde main !
@dominiquewaang : Je suis Dominique Wang, influenceur mode. J’aime partager mes outfits et la culture asiatique.
@voguebymalek : Je m’appelle Malek, je suis chanteur, créateur de contenus mode et je suis originaire d’Algérie.
Vous êtes tous créateur.rice.s de contenu : était-ce un choix de carrière depuis le début ?
@dominiquewaang : Non. Pour moi, c’était plus un loisir. D’ailleurs, c’est mon deuxième travail car je suis gérant d’un magasin !
@voguebymalek : De mon côté, j’aime m’habiller, chanter et parler de différents sujets et le métier d’influenceur englobe vraiment ces trois domaines. Sur Instagram, j’ai donc commencé à prendre des photos, faire des covers de musique et commenter l’actualité et c’est comme ça que ça a marché pour moi !
@mv.tiangue : Pour ma part, c’est en prenant des vidéos et photos de moi et mes tenues tous les jours que ça a fonctionné. Le succès est vraiment venu naturellement, je n’ai pas forcé la chose.
@marieggch : Moi, c’est un peu pareil ! J’étais assistante styliste. Je travaillais dans des magazines, avec des célébrités ou même dans l’artistique. Avec le Covid, ce métier s’est mis en pause et comme beaucoup, je me suis lancée dans les vidéos. Et pareil, ça a très bien marché ! Et que ce soit des retours positifs ou négatifs, l’important, c’est que l’on fait ce qu’on aime !
@alisontoby : C’est en postant des photos mais aussi des Reels – j’étais d’ailleurs une des premières en Belgique à en faire – que je suis devenue influenceuse. J’étais la septième génération d’une entreprise familiale et j’ai fait des cours pour être conseillère en image mais au final, je n’ai même pas eu besoin d’exercer ce métier car mes posts ont très vite plu !
Du boycott de la fast fashion à l’écologie en passant par l’inclusivité : avez-vous un combat qui vous touche particulièrement dans le monde de la mode ?
@mv.tiangue : Je ne sais pas si c’est une cause mais j’aime beaucoup soutenir des jeunes créateurs, notamment de couleur. Des gens qui n’ont pas forcément tout de leur côté pour réussir.
@alisontoby : J’essaie aussi d’agir à mon niveau. Avant, je privilégiais la quantité plutôt que la qualité. Alors que maintenant, c’est l’inverse, je préfère avoir de belles pièces.
@marieggch : Moi je suis influenceuse seconde main donc je ne parle et consomme quasiment que du vintage ou du made in France et du créateur. Après, je ne suis pas stricte. Quand je vois une pièce qui ne rentre pas dans cette case mais que j’adore, je l’achète. Je pense qu’il ne faut pas être trop dur avec les gens tout de suite car on ne peut pas changer du jour au lendemain. Tout est dans la mesure. Chacun fait à son échelle. Moi, c’est un sujet qui me touche depuis longtemps donc à mon niveau, j’essaie de montrer que je peux me saper pour pas trop reuch et en seconde main.
@voguebymalek : Je suis sensible à toutes ces causes dont je n’étais pas au courant au début. Quand je vois des images de jeunes enfants au fin fond de l’Asie ou de l’Afrique qui fabriquent des vêtements, j’avoue que ça me touche. En tant qu’influenceurs mode, on doit être engagés et responsables vis-à-vis de ça et faire un peu d’efforts.
Aujourd’hui, le shooting a joué sur les codes traditionnels des défilés et du mannequinat : c’est quelque chose qui vous fascine ou que vous souhaitez déconstruire ?
@voguebymalek : Depuis quelques années, on voit des mannequins oversize, transgenres. C’est hyperinclusif, gender free et c’est beau à voir. Pour moi, ce qui est à déconstruire, c’est vraiment le côté élitiste et sexiste de la mode.
@marieggch : Perso, je trouve que ça va doucement. Ça fait seulement cinq ans que ça évolue… Depuis que les réseaux explosent.
@mv.tiangue : En fait, aujourd’hui, c’est mal vu de ne pas être inclusif. Mais personnellement, ce que j’apprécie dans la mode, c’est le côté libre. Tu veux mettre une chaussette sur ta tête et en faire un bonnet : vas-y on s’en fout, c’est juste trop cool. Tu peux t’amuser.
@marieggch : C’est ça qui arrive petit à petit avec le milieu de la mode. Ça fait des années qu’il y a des barrières qui se construisent et là, avec les réseaux, de plus en plus de jeunes ont la parole, et ces barrières tombent.
Avez-vous eu des moments comme ça où vous vous êtes dit : “Wow, j’ai une chance inouïe !”
@dominiquewaang : Oui, par exemple lors de ma collaboration avec Margiela. On a fait un shooting vidéo pour la sortie de leur parfum. C’est quand il a été diffusé que je me suis dit : “OK je suis quelqu’un.” L’ampleur des réseaux, c’est juste incroyable. Hier t’es personne, demain tu peux être connu.
@alisontoby : C’est ça aussi que je trouve incroyable dans la force d’Instagram. Personnellement, je viens d’un milieu aisé. Mais il y a une différence entre avoir de l’argent et la popularité : les réseaux t’emmènent dans un monde auquel tu n’as pas accès.
Si vous ne deviez citer qu’une personne inspirante dans le milieu de la mode, ce serait qui et pourquoi ?
@mv.tiangue : Mon icône, c’est Carrie Bradshaw. C’est la seule personne dont je me suis vraiment inspirée. Les quatre personnages principaux de Sex and the City en vérité. Cette série a vraiment changé mon style.
@marieggch : Idem ! Ma friperie s’appelle Kary, car c’est mon icône mode. Charlotte, Samantha et Miranda sont quatre femmes qui s’habillent pour elles. Elles ne suivent pas un mouvement mais ce qu’elles aiment, leurs émotions, ce qu’elles ont envie de vivre, de porter…
@voguebymalek : Personnellement, je me reconnais beaucoup en Prince mais aussi dans l’époque David Bowie, Freddie Mercury et le glam rock. Je modernise ces looks grâce à différentes inspirations vues dans des concerts ou des films comme ceux d’Almódovar que j’adore.
@dominiquewaang : Je n’ai pas une personne qui m’inspire particulièrement. Mais j’aime beaucoup m’inspirer des artistes asiatiques.
@alisontoby : Je ne sais pas si ça compte, mais mes parents, qui étaient tous les deux très lookés, m’ont vraiment inspirée. Ils osaient beaucoup. Mon père s’habillait de manière très colorée et chic et ma mère portait toujours des pièces larges et boyish. Quand j’étais jeune, je la regardais quand elle allait en soirée et qu’elle mixait ses looks avec des pièces très féminines comme de gros bijoux. Aujourd’hui, comme elle, j’aime le style très structuré.
Enfin, quel conseil pouvez-vous donner aux lecteur.rice.s de NYLON France qui veulent devenir créateur.rice.s de contenu mode ?
@voguebymalek : Lancez-vous. N’hésitez pas.
@dominiquewaang : Restez vous-mêmes surtout.
@mv.tiangue : Et ne réfléchissez pas trop. Ça peut partir de rien le succès. Peut-être que sur une photo, quelqu’un va aimer la manière dont vous avez mis votre chaussette et vous allez devenir influenceur grâce à ça ! Franchement, n’essayez pas de recopier ce que quelqu’un a fait.
@marieggch : Continuez même si ça ne marche pas. Un jour, quelqu’un aimera ce que vous faites. Et surtout, entourez-vous de gens qui vous aiment pour rester vous-mêmes.
@alisontoby : Osez car au début, vous aurez peur du regard des autres. Au final, on est même jugés par ses propres potes car on se prend en photo devant une porte.
@mv.tiangue : Mais ils rêveraient de faire ça !
@voguebymalek : Enfin, gardez de la distance. Car on peut monter, descendre, ça peut être brutal si l’on ne prend pas du recul.
En parlant de vos outfits, quelle était votre pièce préférée ?
@dominiquewaang : Les combat boots Fendi !
@voguebymalek : Ma veste rouge Diesel. Personne n’y touche !
@mv.tiangue : J’adore mes collants kaki. Les bottes aussi sont trop belles. Enfin, tout est incroyable.
@alisontoby : Perso, je suis fan de mon pantalon évasé. Je pourrais le mettre tout le temps.
@marieggch : Moi, ce sont mes cheveux et mes chaussures roses à plateformes Coperni. Je ne porte jamais de talons du coup, je suis bien contente d’en avoir pour aujourd’hui !

