VETEMENTS, the show must go on
Que l’on aime ou pas ce dernier défilé, on ne peut nier la force artistique de Guram et sa capacité à faire couler beaucoup d’encre.
Le défilé marquant le dixième anniversaire de VETEMENTS, orchestré hier au cœur de la mythique rue Cambon, a métamorphosé le Pavillon Cambon Capucine en un véritable sanctuaire de la mode, illuminé par des néons d’un rouge intense. Ce cadre, flirtant avec le démoniaque, a accueilli des invité.e.s de renom, incluant des figures telles que Carine Roitfeld, Olivier Rousteing, et même Cher, tous.tes vêtu.es de noir intégral, en écho au code vestimentaire édicté par l’invitation. Baptisé « The Most VETEMENTS Show Ever », le décompte affiché sur l’arche principale a lancé un défilé promettant de bouleverser ses spectateurs.rices. 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par VETEMENTS (@vetements_official)

Dès l’apparition du premier ensemble, composé d’un corset et d’un pantalon rehaussés par une veste oversized aux épaules destructurées évoquant un cintre oublié, le message était clair : volume et originalité allaient de pair, proposant des silhouettes froissées à l’extrême. La suite a vu défiler une série de créations reprenant cette esthétique déformée et froissée, des costumes masculins aux T-shirts ornés de slogans malicieux, à l’instar de celui arboré par Anwar Hadid, clamant “not mom’s favorite”.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par VETEMENTS (@vetements_official)

La lumière s’adoucit, la musique s’interrompt soudain, puis reprend vigoureusement, annonçant la poursuite du show. Une nouvelle vague de créativité surgit alors. Le premier mannequin s’avance, vêtu d’un crop top blanc et d’une pièce que l’on croit être un jean, mais qui se révèle être une jupe sirène avec traîne. Cette audace stylistique se retrouve dans d’autres tenues, portées par des personnalités telles que Winnie Harlow, dans un jogging réinventé, ou Georgina Rodriguez, fière de porter le maillot de football de son époux en trompe-l’œil. La collection joue de nouveau avec l’oversize 16XL, emblématique de la marque, agrémenté de slogans provocateurs ou de messages tranchants de la Tumblr era — comme “we buy things we don’t need with money we don’t have to impress people we don’t like” —, et d’autres excentricités, telles que des doudounes en peluche, rappelant Lady Gaga et ses nombreux Kermit la grenouille. 

Le spectacle se poursuit avec une explosion de paillettes : chaque tenue scintille de mille feux, qu’il s’agisse du costume d’Alton, du denim transformé en constellation étincelante, du jogging devenu une pièce de Haute Couture, ou de Miss Fame, éblouissante dans une robe moulante et scintillante. Au-delà de ce déluge de bling, ce segment du défilé rappelle que la marque repose sur une solide maîtrise du tailoring. Le point d’orgue est atteint avec trois robes évoquant l’élégance de Balenciaga, la dernière portée de manière magistrale par Marcia Cross, introduisant une égérie inattendue dans un casting déjà remarquable.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Fashionista (@fashionista_com)

L’ensemble de l’industrie de la mode est au fait des tensions entre Guram et son frère Demna, actuel directeur artistique chez Balenciaga et figure emblématique et fondatrice de VETEMENTS. Entre des ensembles transformant le jogging en robes au tailoring impeccable, des hoodies rappelant la célèbre rivalité entre Jennifer Aniston et Angelina Jolie, et la présence de Jelena Karleusa, accusant Kim Kardashian (ambassadrice de Balenciaga, ndlr) de plagiat, cet événement ajoute une dimension supplémentaire à la confrontation stylistique (et personnelle) entre Guram et son frère. La clôture du défilé par Marcia Cross, Desperate Housewife de renom et amie de longue date de la Maison, fait écho à Isabelle Huppert dans son iconique tenue Balenciaga au Met Gala, soulignant ainsi la persistance de cette rivalité fraternelle. Il n’en demeure pas moins, que l’on aime ou pas ce dernier défilé, on ne peut pas nier la force artistique de Guram et sa capacité à faire couler beaucoup d’encre.

Prochain article

Comment les Sims ont révolutionné la mode digitale

Comment les Sims ont révolutionné la mode digitale

L’évolution de la mode dans le jeu selon les créateur.ices et les joueur.euses qui know it best. Lorsque que tu joues aux Sims pour la première fois, tu dois commencer par t’auto-créer. Il n'est pas rare que les utilisateur.ices, également appelé.e.s "Simmers",...

L’Aussie dream de ZIMMERMANN

L’Aussie dream de ZIMMERMANN

Optimisme, évasion et rire : Nicky Zimmermann, cofondatrice de la marque éponyme hailing from Australia, te parle de sa viralité auprès des it-girls and boys d’aujourd’hui. Cofondée par les sœurs Nicky et Simone Zimmermann à Sydney en 1991, ZIMMERMANN a joué un rôle...

Puma et KAMAD mettent le Capo Alonzo à l’upcycling

Puma et KAMAD mettent le Capo Alonzo à l’upcycling

Une collab entre le Capo du rap, un géant du streetwear et une marque d’upcycling ? NYLON te dit tout sur l’association créative la plus cool de l’été ! T’as sûrement vu passer sur ton feed ces images d’Alonzo aux Ardentes habillé d’une veste motarde tout simplement...

Haute Couture : les moments forts et very haute

Haute Couture : les moments forts et very haute

Parisian haute couture week is officially over et NYLON revient sur tous les moments forts de la semaine. La seule chose qu’on peut te dire, c’est que c’était une semaine de haut vol ! Valentino : la vie de château   Pourquoi défiler sur Paris quand les jardins...

Love Letter à Jacquemus

Love Letter à Jacquemus

Entre son premier défilé guérilla à même la rue et son dernier runway tapis rouge dans les jardins du château de Versailles, Jacquemus a trouvé sa place au soleil. Plus de dix ans après ses débuts, on te dit pourquoi Simon Porte Jacquemus est le créateur qu’il faut...