Ce qu’il faut retenir de la Fashion Week Homme Automne – Hiver 2025-2026

Dans un monde en constante oscillation entre crises sociales, bouleversements climatiques et aspirations au renouveau, les podiums de cette Fashion Week Homme Automne – Hiver 2025-2026 se sont transformés en espaces d’exploration, de résistance et de rêve. Les créateurs ont insufflé à leurs vêtements des récits universels, mêlant la nostalgie de traditions oubliées à des visions audacieuses du futur. À travers le prisme de l’esthétisme, de l’artisanat et d’une créativité sans bornes, la mode masculine s’est imposée comme une force vivante cette saison, un manifeste qui habille autant les corps que les esprits.

 

Le triomphe de l’esthétisme

 

Dans un registre différent, Comme des Garçons Plus a proposé un défilé plus visuel, magnifié par la chanson de Nina Simone, Four Women, un morceau profondément engagé qui dénonce la misogynoir avec une intensité poignante. Le show débute, et l’on se retrouve face à une armée de soldats, mais des soldats hors normes. Des silhouettes parées de tulle coloré, des looks déformés, des fleurs suspendues à leurs chapeaux. À travers cette mise en scène, Rei Kawakubo nous livre un message puissant : nous sommes une génération en quête de paix, une génération qui ne sait pas se battre, car elle choisit de ne pas se battre.

 

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L’évasion comme échappatoire

Face à une période politique pesante, certains défilés ont choisi une toute autre voie : celle de l’évasion.



 

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Chez Bluemarble, le catwalk s’est métamorphosé en un déjeuner d’après-midi, baigné dans une odeur de crêpes, avec de grandes chemises légères et des pulls à écharpes d’une douceur enveloppante. Et c’est à la montagne que l’on s’évade avec 3.Paradis. Des looks emmitouflés, des doudounes protectrices, et même des silhouettes ressemblant à des couettes géantes, pensées pour s’allonger et se reposer n’importe où. Tout cela sur un décor glacial, renforcé par une fausse neige recouvrant le catwalk, offrant une ambiance d’hiver onirique et apaisante.

Du côté de Wooyoungmi, l’élégance du workwear est sublimée, avec des pièces impeccablement taillées auxquelles viennent naître des fleurs en tissu, délicatement posées au col ou sur les manches, un clin d’œil à un retour vers la nature. Enfin, Ouest nous transporte dans une dimension cinématographique en rendant hommage à l’univers de David Lynch. Arthur Robert propose des silhouettes plus surréalistes que jamais, sans pour autant trahir l’ADN si singulier de sa marque, flirtant entre l’étrangeté et le raffinement.

 

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Quand la mode reflète un monde en deuil

Certains créateurs, eux, ont choisi d’y répondre par une esthétique sombre et introspective. Plutôt que d’adopter un discours frontal, ils ont traduit cette tension à travers des palettes austères, des coupes structurées et des références militaires, capturant ainsi l’inquiétude ambiante. Ces collections, imprégnées d’une gravité presque funèbre, semblent interroger l’avenir avec une lucidité brutale, où le noir devient plus qu’une couleur : un état d’esprit, un manifeste.

Chez Louis Gabriel Nouchi, connu pour sa célébration de la queerness et de la diversité, les modèles se sont principalement vêtus de noir, ponctué de kaki militaire. Ces choix, symboliques, évoquent un futur incertain et contraint par des décisions imposées, malgré les différences que l’on tente de préserver.

Juun J, de son côté, explore le chaos du monde contemporain à travers des silhouettes mêlant motifs militaires et costumes déconstruits en denim. Il clôt son défilé par une imposante fourrure noire, un look qui semble incarner une vision dramatique et apocalyptique de ce à quoi pourrait ressembler la fin.

 

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Enfin, Songzio a débuté et achevé son show dans des teintes de noir profond. Si des touches de couleurs vives apparaissent brièvement au milieu du défilé, comme un éclat d’espoir, elles disparaissent rapidement pour laisser place à l’obscurité. Ce retour à la noirceur pour les derniers looks illustre un message ambigu, oscillant entre détachement et espoir, et résonne avec une intensité particulière dans cette période incertaine.

Cette édition de la Menswear Fall Winter 25-26 a transcendé les attentes pour devenir une scène où dialoguent l’intime et le collectif, l’ancien et le nouveau, le local et le global. De la redécouverte des savoir-faire classiques à la réinvention des silhouettes contemporaines, les collections de cette saison ne se contentent pas d’être des œuvres de beauté : elles interrogent nos valeurs, nos choix et notre rapport au temps, comme la mode l’a toujours été dans les périodes clés de l’Histoire. Cet art qui est une réelle déclaration d’intention, un miroir de notre humanité et, parfois, une bouffée d’air frais dans une réalité étouffante. En réaffirmant l’importance de l’esthétisme et de la profondeur artistique, cette Fashion Week nous rappelle que, même face à l’incertitude, la beauté et la réflexion demeurent des refuges essentiels.

 

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Avec un casting digne d’un tapis rouge, Louis Vuitton a frappé fort pour l’ouverture de cette Fashion Week masculine de Paris. Takashi Murakami, qui vient de revisiter sa collaboration mythique d’il y a vingt ans, côtoie des icônes comme J-Hope et Shygirl, insufflant une énergie pop et éclectique, comme à chaque collection depuis la direction de Pharrell. Aux côtés de Nigo, directeur artistique de Kenzo, Pharrell présente une vision vibrante et audacieuse où l’élégance classique fusionne avec des éclats de streetwear et des références japonaises finement distillées. Le résultat ? Une collection qui sublime l’esthétique contemporaine tout en célébrant l’artisanat maison.

L’esthétique et le savoir-faire, véritables leitmotivs de cette saison, brillent également chez AMI Paris. Alexandre Mattiussi, fidèle à sa vision, propose une nouvelle interprétation de ses silhouettes signatures : longs manteaux et costumes fluides mais impeccablement structurés. Les épaules, cousues avec une minutie presque sculpturale, donnent vie à des matières qui transcendent l’ordinaire pour flirter avec le divin. Une élégance sobre, mais résolument puissante, où chaque détail évoque une maîtrise totale de l’art du vêtement.

 

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Dans la même veine, Jacquemus, de retour au calendrier officiel, fait un saut dans le passé pour mieux repenser le futur. Puisant dans ses archives et celles de la mode, il revisite des silhouettes aux accents nostalgiques, rendant hommage à des figures légendaires comme Poiret, Coco Chanel ou Alaïa. Sa collection respire l’intemporalité, mêlant avec finesse tradition et modernité, tout en restant profondément ancrée dans son ADN sculptural et géométrique. Ce qui amène à des pièces à la fois familières et avant-gardistes, célébrant la qualité avec une sensibilité qui transcende les tendances.

Chez Dior, Kim Jones, habituellement salué pour sa réinterprétation magistrale du streetwear de luxe, adopte ici une approche plus minimaliste et introspective. Il ouvre son défilé avec un simple pull noir, un geste aussi humble que révolutionnaire. À travers cette collection, il démontre que la simplicité, lorsqu’elle est exécutée avec une maîtrise impeccable, peut rivaliser avec les excès de logos ou les extravagances de volume. Les silhouettes, épurées et élégantes, cachent une complexité fascinante lorsqu’on s’attarde sur les détails : trompe-l’œil subtils, jeux de textures et inspirations gender-fluid issues des archives féminines de la maison. Ce défilé marque un véritable tournant, non seulement pour Dior Homme, mais aussi pour la carrière de Kim Jones, prouvant qu’il sait réinventer le luxe avec profondeur et nuance.

 

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Là où Saint Laurent est reconnu pour ses costumes iconiques, Anthony Vaccarello insuffle cette saison une énergie plus brute, en y ajoutant des bottes en cuir et des vestes de motard. Toujours avec ces épaules architecturales signature, le look Saint Laurent reste identifiable au premier regard. Mais cette fois, le designer met en avant un savoir-faire couture dans le travail du cuir, des pantalons aux vestes en passant par les chaussures, apportant une intensité et une attitude encore plus affûtée à la silhouette.

Quand la mode se fait porte-voix de l’engagement

En cette période où la politique semble plus que jamais diviser, certaines marques ont su s’emparer de leur voix pour dénoncer, revendiquer, et affirmer leur position.

 

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À l’image de la collection du duo EgonLab, intitulée Salem. Une collection qui, selon les designers, illustre la « chasse aux minorités », un combat que mènent les politiques extrêmes en cette période compliquée. En backstage, on croise leurs t-shirts frappés d’un WITCH PLEASE qui résume à lui seul la révolte incarnée par cette garde-robe :

« Salem, c’est la chasse aux sorcières contemporaines, et où les sorcières, c’est nous. »

Leurs silhouettes explorent un univers où les ceintures tombent sur les tibias, où le pantalon devient une écharpe, où la fausse fourrure fusionne avec le cuir dans une mise en scène où la lumière s’éteint par moments, nous plongeant dans l’obscurité et nous privant de la vue du look, comme un rappel brutal que notre place ici n’est jamais acquise, et que personne n’est assuré d’être là demain.



Puis, il y a eu le show de Jeanne Friot, qui, à sa manière, se fait la voix d’une résistance douce, mais déterminée. Des slogans puissants, des messages d’amour, de liberté et d’inclusivité imprégnés dans ses créations. Le plus marquant : « A woman is somebody and not some body ». Un rappel, voir un défi lancé aux normes de beauté, misogynes, qui frappent les femmes, notamment en ce qui concerne le âgisme. Pour Jeanne Friot, ce défilé représente un uniforme de résistance, un appel à ses soldats pour s’élever contre l’oppression. Sa créatrice ne se contente pas de revendiquer sa propre voix, elle élève celles des femmes et des personnalités queer trop souvent éclipsées.

 

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Enfin, Willy Chavarria, le designer américano-mexicain, a marqué un tournant avec son tout premier défilé parisien. Un événement pour célébrer les dix ans de sa marque, mais surtout pour défendre des convictions qui lui tiennent à cœur. Dans un contexte américain où, sous l’administration d’un président fraîchement réélu, les initiatives en faveur de la diversité sont réduites à néant, Chavarria prend position. En collaboration avec Tinder et la Human Rights Campaign (HRC), il a créé un sweatshirt militant pour soutenir les voix LGBTQ+, une communauté indissociable de la mode. Une vente qui, en reversant les fonds à la HRC, affiche clairement son message : How We Love Is Who We Are. Un cri du cœur dans un monde où les lois anti-LGBTQ+ se multiplient, et qui incarne l’espoir, l’amour et la solidarité.

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