Queer Skate LA à l’assaut du “Sk8er Boi”
Alors que le monde du skateboard est monopolisé par le cliché de l’homme cis fantasmé par Avril Lavigne, ce collectif squatte l’asphalte de Los Angeles pour donner de la visibilité aux skateur.euse.s LGBTQIA+, trop souvent marginalisés dans ce sport.
“He was a punk. She did ballet.” En 2002, Avril Lavigne sortait – après l’incroyable “Complicated” – le tube “Sk8er Boi”, qui retrace l’histoire d’une fille snob qui rejette l’amour d’un skateur en plein crush sur elle. Plus tard, il devient superstar et “joue même de la guitare sur MTV” et elle regrette d’avoir laissé échapper ce lonely boy ultra-mystérieux, forgeant, en un single, le mythe de l’irrésistible skateur.

Un stéréotype étouffant pour de nombreux fans de ce sport qui ne s’y identifient pas du tout. Pour casser ce cliché idéalisé par la pop culture depuis la fin du siècle dernier, le collectif Queer Skate LA milite pour la médiatisation des individus LGBTQIA + dans ce milieu extrêmement normé. À Los Angeles, capitale internationale de la discipline, il rassemble les skateur.euse.s queers à la recherche de safe space. Un engagement diffusé à l’échelle internationale : les membres de Queer Skate LA sont les nouveaux visages de la campagne “Blank Canvas” de Calvin Klein shootée par Mario Sorrenti.

Kora Colasuonno, skate addict de QSLA, nous explique tout sur cette communauté aussi militante que bienveillante qui casse les codes du skateboard mainstream.

Peux-tu nous nous expliquer les origines de Queer Skate LA, vos valeurs et vos objectifs ?

QSLA s’est créé grâce aux rencontres de skateur.euse.s marginalisé.e.s telles que celles organisées par Unity Skateboarding (un autre collectif queer) et Briana King (une skateuse et mannequin connue pour ses meetups créés partout dans le monde spécialement pour les femmes et les membres de la communauté LGBTQIA+, ndlr). Notre but est de s’entraider pour se sentir à l’aise dans l’univers traditionnellement hétéro, blanc et masculin du skateboard en augmentant la visibilité des personnes marginalisées par ce milieu.

Quels sont vos accomplissements jusqu’à présent en tant que collectif ?

Je pense que nous avons contribué à faire du skateboard une activité plus inclusive et plus tolérante en créant, au niveau local, un espace qui accroît la visibilité des personnes marginalisées dans ce milieu. C’est notre pierre à l’édifice à bien d’autres actions dans le monde.

Peux-tu nous en dire plus sur votre collaboration avec Calvin Klein et votre implication dans la campagne “Blank Canvas”?

Calvin Klein nous a contacté.e.s et nous avons accepté ! Ils ont vraiment permis à nos styles respectifs d’être mis en valeur dans le shoot et nous ont tout simplement laissés être nous-mêmes.

Que penses-tu du stéréotype du “Sk8er Boi” dans la pop culture ? Comment peut-on le déconstruire, ou tout du moins repousser ses limites ?

C’est un stéréotype qui existe vraiment, mais il est de moins en moins omniprésent grâce à des groupes comme QSLA. L’idée, c’est de faire de la place pour que celles et ceux qui sont traditionnellement exclu.e.s du skateboard puissent s’amuser et s’épanouir. On crée ces espaces autour de la culture populaire du skate pour accroître la visibilité de communautés marginalisées, et ce, en nous soutenant mutuellement et en nous laissant tout l’espace nécessaire pour être nous-mêmes tout en faisant ce que nous aimons : le skateboard.

Quels sont vos projets et objectifs pour 2021 ?

Tout simplement se rassembler encore plus en tant que collectif. Ça a été difficile à cause de la pandémie, mais on en profite au maximum malgré tout.

Queer Skate LA pour CALVIN KLEIN, campagne « Blank Canvas » shootée par Mario Sorrenti

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