Pull&Bear et Sophia Stel transforment la bibliothèque nationale de France en parenthèse hors du temps

Et si certaines chansons méritaient d’être lues autant qu’écoutées ? C’est le pari de Songs Worth Reading, le projet imaginé par Pull&Bear, qui a réuni le temps d’une soirée à la Bibliothèque nationale de France musique, littérature et rencontres autour de l’univers sensible de la chanteuse canadienne Sophia Stel.

La Fête de la Musique est passée. Les scènes éphémères ont disparu, les concerts improvisés se sont tus et Paris a retrouvé son rythme habituel. Pourtant, certains moments continuent de résonner. Vendredi soir, à la veille des festivités, Pull&Bear a offert l’une des expériences les plus singulières du week-end avec Songs Worth Reading. Un projet qui invite à considérer les chansons autrement : non seulement comme des morceaux à écouter, mais aussi comme des textes à lire.

Pour l’occasion, la marque espagnole avait investi la Salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France. Un lieu déjà spectaculaire en journée. Presque irréel à la tombée de la nuit.

Les invités se retrouvent un verre de vin à la main. Les conversations se croisent en français, en anglais, en espagnol. On parle de musique, de mode, de ses projets de l’été. Une étudiante en médecine discute avec une danseuse australienne. Plusieurs personnes se retrouvent. Des inconnus se rencontrent. L’atmosphère est légère. Presque celle d’un dîner entre amis.

Sous la verrière teintée de bleu, la Salle Ovale apparaît dans toute sa splendeur. Les célèbres lampes vertes diffusent une lumière chaleureuse sur les longues tables de lecture. Des milliers de livres recouvrent les murs circulaires. Des feuilles sont soigneusement disposées sur les tables. Des paroles de chansons. Des fragments de textes. Des citations. L’ensemble ressemble davantage à une installation artistique qu’à une salle de spectacle. Puis le silence s’installe. Et Sophia Stel apparaît.

Entièrement vêtue de noir, l’artiste canadienne traverse lentement la bibliothèque. Ses pas résonnent entre les tables de lecture. Il n’y a ni scène, ni écran géant, ni artifices. Seulement quelques lignes lumineuses au sol et une voix qui s’apprête à remplir l’espace. Pendant quelques secondes, le temps semble suspendu.

« Je suis très heureuse d’être ici. C’est un lieu intime. Je suis proche de vous, c’est bien. Continuez de sourire ! », lance-t-elle avec un sourire.

À seulement 26 ans, Sophia Stel s’est imposée comme l’un des noms les plus intrigants de la nouvelle scène alternative canadienne. Originaire de Vancouver, la chanteuse, compositrice et productrice s’est d’abord construite une communauté fidèle grâce à ses morceaux autoproduits et à son univers DIY. Son premier EP, Object Permanence, lui a permis de se faire remarquer avant que plusieurs de ses chansons ne trouvent un écho sur les réseaux sociaux et auprès d’artistes comme Troye Sivan ou A. G. Cook.

Sa musique est difficile à enfermer dans une seule case. On y retrouve de l’alt-pop, du trip-hop, des textures électroniques, parfois même des influences hyper pop. Mais ce qui frappe avant tout, c’est sa manière de raconter les émotions. Ses chansons ressemblent à des souvenirs. À des fragments de journaux intimes. À des pensées que l’on n’a jamais réussi à formuler à voix haute.

Au fil de la performance, l’artiste se confie d’ailleurs sur son rapport à l’écriture. Elle explique avoir commencé à écrire des chansons à l’âge de sept ans pour simplement exprimer ce qu’elle ressentait. Car elle ne savait pas le faire autrement. Une déclaration qui prend une résonance particulière dans ce temple de la littérature. Ici, les chansons semblent retrouver leur forme première : celle des mots.

Sophia Stel vibre avec chaque morceau. Chaque geste paraît instinctif. Chaque silence compte. À quelques mètres d’elle, deux jeunes femmes se mettent à danser sur leurs chaises doucement au rythme de la musique. D’autres ferment les yeux. Certains regardent la verrière. Chacun vit le moment à sa manière.

Puis vient « All My Friends Are Models », l’un de ses morceaux les plus personnels. Une chanson mélancolique et cathartique issue de How to Win at Solitaire, son deuxième EP sorti en 2025. Il évoque la solitude cachée derrière les apparences et le besoin d’apprendre à être seul avec soi-même. Dans le silence presque sacré de la bibliothèque, le titre prend une autre dimension. Comme si les paroles avaient toujours été destinées à se retrouver.

Lorsque les dernières notes s’éteignent, un tonnerre d’applaudissements envahit la Salle Ovale. Mais personne ne semble pressé de partir. Les invités se lèvent lentement. Ils photographient la verrière. Immortalisent les lampes vertes iconiques de la BnF. Feuillettent les textes laissés sur les tables de lecture. Les feuilles éparpillées ressemblent aux vestiges d’un atelier d’écriture collectif.

Avant de quitter les lieux, une dernière confidence circule entre les invités : le lendemain, jour de la Fête de la Musique, un manuscrit de Mozart récemment découvert à la Bibliothèque nationale de France sera interprété en public pour la toute première fois.

Une anecdote presque symbolique. Car toute la soirée a été construite autour de cette idée : la musique et la littérature n’ont jamais cessé de dialoguer.

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