La Nowstalgia de Balenciaga
Une narration puissante sur la créativité face à un monde en perpétuelle mutation.
Décrypter la collection Automne-Hiver 2024-25 de Balenciaga s’est révélé comme une plongée fascinante dans l’univers créatif de Demna. L’expérience du défilé a commencé de manière inédite, par une invitation personnalisée : un objet de seconde-main soigneusement sélectionné sur eBay par Demna lui-même pour chaque invité.e, porteur d’une histoire personnelle afin de tisser un lien entre notre nostalgie tangible du passé et l’ère virtuelle du digital. Cette démarche intimiste a non seulement conféré à la collection un caractère profondément personnel mais nous a aussi rappelé l’attachement émotionnel que nous portons à ces babioles, et la grande importance que ces petits objets peuvent avoir dans notre vie. 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Balenciaga (@balenciaga)

La mise en scène du défilé qui a eu lieu à l’Hôtel des Invalides ne manquait pas de théâtralité, avec ses transitions visuelles poignantes orchestrées sur des écrans géants qui ont servi de set de défilé, fusionnant ainsi le réel et le numérique dans une narration rythmée par la composition musicale électrisante de BFRND. Ce décor a servi d’écrin parfait à un collection qui mêle textures brutes et silhouettes raffinées, où chaque accessoire — des lunettes protectrices innovantes aux sacs aux lignes architecturales — incarne le style distinctif de Demna, tout en faisant un clin d’oeil à l’héritage de Cristóbal Balenciaga. 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Balenciaga (@balenciaga)

De ce fait, la touche de Cristóbal Balenciaga était incontestable reconnaissable le design des robes aux épaules structurées, tandis que d’autres pièces phares, comme des maxi-manteaux en fausse fourrure vieillis à la résine pour un effet brut et authentique côtoyaient des coupes super-fluides et déstructurées sur le runway, ainsi que des robes à drapés figés. L’usage de matériaux recyclés, comme la réutilisation de dust bags Balenciaga, a mis en lumière une approche à la fois durable et luxueuse, tout en résonnant avec celleux d’entre nous qui sont en quête de sens dans nos choix vestimentaires — offrant ainsi une narration puissante sur la créativité dont on doit faire preuve face à un monde en perpétuelle mutation.

Prochain article

Quand la mode joue le jeu dangereux des paparazzis

Quand la mode joue le jeu dangereux des paparazzis

De Balenciaga à Bottega Veneta, les marques de luxe n'ont de cesse de s'enticher de faux clichés paparazzés pour se donner une street cred. Mais à l'heure où le consentement devient enfin une norme, les marques peuvent-elles encore se permettre de glamouriser des...

The White Lotus : les vacances sapées comme jamais

The White Lotus : les vacances sapées comme jamais

Ils sont beaux, ils sont riches, souvent cons et bien lookés : le casting de la dernière saison de The White Lotus nous a offert une masterclass des tendances à arborer en vacances cet été. Oubliez le combo méduses et paréos (et interdiction de retenter les...

Glenn Martens rend Margiela à Margiela

Glenn Martens rend Margiela à Margiela

Dans un moment de frénésie mode où les maisons s’entrechoquent à coups de rebrandings, Glenn Martens, lui, choisit l’alignement. À travers sa première collection Artisanal 2025 chez Margiela, le créateur belge ne cite pas Martin : il le ressuscite. Retour au point...