L’Effet Miranda Priestly : Le Grand Retour du Bleu Céruléen !
Prêt.e.s à explorer la couleur qui a fait sensation pendant le menswear ? NYLON t’invite à plonger dans le monde captivant du bleu céruléen et découvrir pourquoi cette couleur est là pour rester.
Le bleu céruléen – ou bleu céleste –, cette teinte qui fait tourner les têtes depuis des siècles, fait un retour en force, et ce n’est pas seulement grâce à l’iconique Miranda Priestly dans Le Diable s’habille en Prada, mais aussi grâce aux défilés de mode masculine à Paris. Mais le bleu céruléen n’est pas juste une tendance, c’est un voyage stylistique aussi riche et profond que la couleur elle-même.

L’histoire du bleu céruléen remonte à l’aube de la civilisation. Vénérée sous forme de lapis-lazuli, cette pierre bleue qui a donné naissance au bleu roi et au bleu céruléen était l’emblème du luxe et de l’esthétique dans l’antiquité. Le voyage de la couleur bleue à travers la Renaissance, devenant une favorite des maîtres artistes, jusqu’à sa synthèse au 19e siècle, souligne son attrait intemporel. Mais le céruléen n’est pas juste défini par son riche passé ; c’est avant tout une expérience des sens. C’est le calme du ciel et la profondeur de la mer, offrant paix et clarté dans un monde chaotique.

« That sweater is not just blue, it’s not turquoise, it’s not lapis, it’s actually cerulean. »⁠ — Miranda Priestly

Fast forward jusqu’au 21e siècle, dans Le Diable s’habille en Prada : l’impact du bleu céruléen dans l’industrie de la mode est immortalisé par la scène dramatique de Miranda Priestly (jouée par Meryl Streep, ndlr), rédactrice en chef de la revue de mode Runway, qui donne une leçon mémorable à son assistante, Andy Sachs (jouée par Anne Hathaway, ndlr) qui avait moqué le choix minutieux de ceintures bleues pour un édito mode de Runway. Miranda, avec une précision cinglante, révèle que la teinte spécifique de bleu des ceintures, bien que banale aux yeux d’Andy, est le résultat d’un processus de sélection méticuleux par les professionnels de la mode et a influencé les tendances de l’industrie jusqu’aux choix vestimentaires quotidiens d’Andy, qui elle-même porte une maille de couleure bleue céleste. Cette scène n’est pas juste comique de la plus grinçante des manières ; elle met en lumière le voyage exclusif du bleu céruléen de la haute couture à la mode de rue. Il s’agit donc ici d’une scène-miroir reflétant les dynamiques complexes de l’industrie du luxe et de son influence omniprésente dans nos vies quotidiennes.

La narration du céruléen prend désormais un tournant inattendu alors qu’il revendique sa place légitime dans le vestiaire contemporain. Célébrée pour sa touche de lumière, cette couleur orne les looks des défilés Automne/Hiver 2024-25 de la mode masculine à Paris. Pierpaolo Piccioli, pour Valentino, s’est emparé de ce bleu comme d’un pinceau pour peindre sa vision de la masculinité moderne. Pour sa collection Le Ciel 20.24, le bleu céruléen remplace le fameux Pink PP et devient ainsi le protagoniste d’une narration stylistique où chaque nuance raconte une histoire. On retrouve la couleur dans la réinterprétation des classiques du vestiaire masculin comme sur un pull à col camionneur, un duffle-coat bleu, un cabas en cuir, ou encore une chemise oversize à sequins qui incarnent tous une sophistication sans effort.

 

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Chez Dior Homme, des touches de bleu céruléen sont repérées sur des mini-sacs à main et des ballerines pour hommes, témoignant encore une fois du voyage transformateur de la couleur, un rappel que la mode est plus que ce que nous portons ; ce sont les histoires que  l’on raconte et l’héritage qu’on tisse. Kim Jones a élevé cette nouvelle collection masculine pour Dior à un niveau où fonctionnalité rime avec poésie, et utilité avec grâce — des notions proches du bleu céleste. Inspirée par l’esprit du danseur classique Rudolf Noureev et rendant hommage à Colin Jones, danseur et photographe emblématique, la collection fusionne la réalité pragmatique du prêt-à-porter homme avec la théâtralité de la haute couture. C’est une célébration de la beauté du ballet, où chaque pièce incarne une danse vivace, avec des émotions aussi profondes que la couleur bleue elle-même.

 

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Ces touches poétiques de bleu céruléen, on les retrouve aussi dans la dernière collection de Pharrell. Le nouveau maestro de la mode masculine chez Louis Vuitton a marqué les esprits avec sa première collection Automne/Hiver 2024-25 présentée au Jardin d’Acclimatation à Paris. Un mélange audacieux entre l’âme voyageuse de Louis Vuitton et le style Americana façon Wild Wild West a dominé le défilé. Le coup de cœur ? Le nouveau sac Speedy P9 Bandoulière, dont une version en bleu céruléen, déjà adopté par des icônes telles qu’Usher et Jacob Elordi. Plus qu’une collection, c’est un engagement fort de Pharrell, notamment à travers sa collaboration avec des artistes et artisans des nations Dakota et Lakota, ajoutant ainsi une dimension d’authenticité et d’engagement social à son chef-d’œuvre, et donc d’espoir — une notion elle-aussi symbolisée par la couleur bleue. 

De Pierpaolo Piccioli chez Valentino qui a lancé la tendance du bleu céruléen, en passant par Dior et Louis Vuitton, sans oublier Botter, Bluemarble, Marine Serre, Issey Miyake, Auralee ou encore Wales Bonner : tout le monde a adopté la couleur fétiche de la saison ! Alors que le bleu céruléen continue de fouler les runways, il réaffirme son statut de résonance émotionnelle, et suggère un style qui transcende les caprices éphémères des tendances de la mode. Merci qui ? Merci Miranda !

© Valentino, collection homme automne/hiver 2024-25 & Le Diable s’habille en Prada

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