Lamine Kouyaté de Xuly Bët, aux origines de l’upcycling
Lamine Kouyaté is forever young ! Depuis trente ans, le créateur du label Xuly Bët impose l’upcycling et l’inclusivité dans la mode. À l’occasion de son partenariat avec Zalando.fr, il te parle de ses inspirations et de sa vision de la mode à venir.

Legging en Lycra surmonté de surpiqûres, robe bodycon brillant de reflets or et argent, pantalon nacré : les vêtements de Xuly Bët shine bright like a diamond et te donnent envie de danser all night long.

Derrière ce vestiaire totally upcyclé ? Lamine Kouyaté. Entre rire et réflexion sur la société, le créateur analyse 30 années passées dans l’industrie de la mode. Et guess what ? Son secret to last for a lifetime est de toujours rester à l’écoute des nouvelles générations. Notamment en se rendant aujourd’hui disponible sur la it-destination shopping Zalando.fr. Rencontre.

Pendant longtemps, on a constaté une sorte de déni de l’impact environnemental de l’industrie et des inégalités qu’il entraîne. Dans la mode, le gaspillage et les invendus m’ont extrêmement frappé à mes débuts. Alors je me suis naturellement tourné vers l’upcycling

Disponible dès maintenant sur Zalando.fr

Pourrais-tu me parler des inspirations pour ta dernière collection ?

Mon credo a toujours été de donner une place à la jeunesse. L’avenir, ce sont les nouvelles générations, et il est important de rester à leur écoute et de prendre en compte leurs questionnements qui paraissent de plus en plus intenses. Le vêtement devient pour le designer un moyen d’apporter un plus, une sorte de réponse.

En quelques mots, comment définirais-tu le style Xuly Bët ?

Le confort, la légèreté, la jeunesse… Un vêtement qui permet de s’amuser en restant abordable. J’aime voir mes vêtements dans la rue, sur des gens du quotidien.

En effet, beaucoup de tes pièces sont marquées par un certain confort, permettant la liberté de mouvement. Quel message souhaites-tu faire passer ?

La mobilité est quelque chose de fondamental. C’est une bataille ! Chez Xuly Bët, on habille de vraies femmes qui font du vélo, qui travaillent. Il faut que le vêtement leur permette d’être libres de leurs mouvements.

L’upcycling est une de tes signatures depuis le lancement de la marque en 1992. Pourquoi avoir fait ce choix à l’époque ? Que penses-tu de la vague upcyling actuelle ?

Cette question n’est pas nouvelle il me semble, et traverse de nombreuses générations. Pendant longtemps, on a constaté une sorte de déni de l’impact environnemental de l’industrie et des inégalités qu’il entraîne. Dans la mode, le gaspillage et les invendus m’ont extrêmement frappé à mes débuts. Alors je me suis naturellement tourné vers l’upcycling : pas pour faire passer un message particulier mais car c’était pour moi la seule option. J’adorais les vieux vêtements, explorer leurs histoires et leur donner une nouvelle vie en les dotant de nouvelles fonctions. À mes débuts, je me suis beaucoup amusé avec le jogging qu’on ne voyait que sur les hommes. Je l’ai remodelé pour les femmes, prouvant qu’un vêtement pouvait remplir plusieurs partitions.

Aujourd’hui, la question de l’environnement est plus présente dans l’industrie de la mode – on le voit chez Koché ou Marine Serre. Mais en termes de logistique, tout est encore compliqué. Des stocks à la distribution, il reste encore des progrès à faire, en particulier pour accompagner les marques faisant de l’upcyling.

 

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Tes castings ont toujours été des modèles en termes de diversité. Quelles évolutions notes-tu dans la mode actuelle ?

Paco Rabanne et Monsieur Saint-Laurent ont déjà inscrit la diversité dans la mode dans les années 1970. Et puis, tu sais, j’ai toujours eu une crainte de l’uniformité qui pour moi rime avec dystopie. Une mode joyeuse, c’est une mode inclusive, où chacun.e est représenté.e !

Le workwear est un élément important dans tes collections. Pourquoi ?

Souvent, je détourne ces pièces car elles me semblent importantes : elles rappellent que nous sommes dans une société où tout n’est pas virtuel, et que de “vraies” gens travaillent. Ces pièces sont les traces de ces travailleur.se.s souvent oublié.e.s quand on consomme les produits.

Ta mode a toujours été démocratique, avec la volonté d’être accessible. Pourquoi est-ce important pour toi d’être présent sur Zalando.fr aujourd’hui ?

Nous sommes très heureux d’être présents sur cette plateforme dont nous partageons les valeurs et qui permet aussi de parler aux jeunes. Être présent dans l’e-commerce est indispensable aujourd’hui, et avec Zalando.fr, nous pouvons rendre nos collections accessibles à de nouveaux publics.

Quelles sont tes inspirations pour la mode de demain ?

Rester les pieds ancrés sur terre et ne pas se mettre d’œillères. Je traverse Paris à vélo et je regarde tout ce qui se passe. Mon inspiration est et restera la rue ! Et puis pourquoi ne pas habiller les gens dans le métavers ? Il faut aller là où les jeunes vont !

Qu’est-ce que tu as envie de dire à la prochaine génération de créateur.rice.s ?

On ne fera pas l’économie du partage. Il faut qu’on échange les savoir-faire, les techniques, les idées. Il faut s’ouvrir au monde ! C’est l’amour tout simplement.

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