Les héros d’enfance de Rick Owens
Dans une démarche aussi intime qu’audacieuse, le créateur dévoile une odyssée personnelle au cœur de ses rêves d’enfance et de ses aspirations.
Sous le titre « PORTERVILLE », en hommage à sa ville natale de Californie, Rick Owens a invité son public dans une plongée émotionnelle au sein de son univers intérieur. La narration de cette introspection avait déjà débuté avec la présentation de sa collection de mode masculine en janvier dernier, également baptisée du nom de sa ville, durant laquelle les invité.e.s étaient convié.e.s à assister au défilé au domicile même du créateur.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par RICK OWENS ONLINE (@rickowensonline)

Pour le défilé de prêt-à-porter féminin Automne/Hiver 2024-25, Owens reste fidèle à cette exploration introspective et intimiste, évoquant cette fois-ci les réminiscences de son enfance. À travers les notes de sa collection, diffusées sur Instagram accompagnées d’une illustration de « A Princess of Mars » d’Edgar Rice Burroughs, le designer évoque avec nostalgie les moments de son enfance où son père lui narrait les aventures spatiales peuplées d’êtres étranges mais nobles, tissant ainsi le fil rouge du désir d’évasion de sa ville natale.

Ces récits fantastiques et cette soif d’échapper à la réalité constituent le fondement de la nouvelle collection de Rick Owens. Chaque pièce semble être l’incarnation de la vision qu’Owens a de ces personnages ; transposée dans le monde réel. Fidèle à son ADN stylistique, la collection arbore ses codes emblématiques : nuances de gris, de noir, et de tons terreux enrichis des couleurs phares du créateur comme le magenta, le jaune, et le vert menthe. Ces teintes se déploient sur des ensembles monochromes, alliant combinaisons tricotées, manteaux à épaulettes saillantes, et vestes en cuir, le tout complété de capes et blazers aux silhouettes enveloppantes, sans oublier la réinterprétation des désormais célèbres bottes gonflables.

L’apothéose finale du défilé ? Une série de structures métalliques en forme de cages qui viennent se mouler autour des corps des mannequins, telle une armure. Cette vision métaphorique, exprimant le sentiment d’être emprisonné dans la réalité, a une portée résolument universelle. Ainsi, Rick Owens, par sa capacité à transformer ses propres expériences et aspirations en créations artistiques, s’érige en porte-parole d’une génération en quête d’évasion.

Prochain article

La Nowstalgia de Balenciaga

La Nowstalgia de Balenciaga

Une narration puissante sur la créativité face à un monde en perpétuelle mutation. Décrypter la collection Automne-Hiver 2024-25 de Balenciaga s’est révélé comme une plongée fascinante dans l'univers créatif de Demna. L'expérience du défilé a commencé de manière...

Hermès et le clair-obscur urbain

Hermès et le clair-obscur urbain

Une collection dynamique, teintée d'influences équestres et motardes. Le défilé Automne/Hiver 2024-25 de Nadège Vanhee pour Hermès a magistralement saisi l'essence d'un dynamisme urbain, teinté d'influences équestres et motardes, incarnant avec brio l'esprit d'une...

Comme des Garçons et le manifesto de la colère

Comme des Garçons et le manifesto de la colère

Rei Kawakubo nous confronte à un miroir qui reflète les turbulences de notre époque. Dans une époque qui requiert de l'introspection et de la remise en question constante, la collection Automne/Hiver 2024-25 de Rei Kawakubo pour Comme des Garçons dépasse les...

Le grand retour d’Ann Demeulemeester

Le grand retour d’Ann Demeulemeester

La collection Automne/Hiver 2024-25 de Stefano Gallici ravive la flamme de l’iconique marque flamande. Dans la fashion sphere, peu d'héritages sont aussi distinctifs et vénérés que celui d'Ann Demeulemeester. La créatrice flamande, figure de proue du collectif...

Valentino, back to black

Valentino, back to black

Pour sa nouvelle collection, Pierpaolo Piccioli célèbre le noir comme une palette de nuances infinies. Au sein de la collection Automne/Hiver 2024-25 de Valentino, orchestrée par le visionnaire Pierpaolo Piccioli, le noir est célébré non comme une absence de couleur...