Courrèges, fond et formes
Une étude poussée de la symétrie et de la sensualité, bouleversant les paradigmes établis.
Orchestrée par Nicolas Di Felice, la nouvelle collection Automne/Hiver 2024-25 de Courrèges, marque une transition audacieuse vers une esthétique qui fusionne l’instinct avec la méthode, le sensuel avec le symétrique. Se distinguant par son approche innovante de la conception – une main enveloppant le cou dans la caresse d’une écharpe – ce geste initial devient ainsi le point de départ d’une exploration de formes et de textures qui défient les attentes.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par courreges (@courreges)

Plus précisément, le travail de Di Felice est une étude poussée de la symétrie et de la sensualité, bouleversant les paradigmes établis par Courrèges. L’utilisation de l’écharpe, non pas comme un simple accessoire mais comme une muse géométrique, guide la création des patrons, offrant une fluidité et une liberté aux coupes traditionnelles. Cette fluidité est manifeste dans la façon dont la collection déshabille les silhouettes héritées de leur solennité attendue, les libérant ainsi à travers une épure progressive qui trouve sa force dans l’exploration des formes primaires.

La collection est également caractérisée par son approche ludique de la fonctionnalité, jouant sur des combinaisons hybrides qui révèlent et célèbrent la singularité de chaque corps. Les détails classiques, tels que le revers cranté d’un manteau ou la ceinture rivetée d’un pantalon de motard, sont réinterprétés et reflétés dans des éléments inattendus comme des ornements siamois sur les ourlets et les poignets, offrant un nouveau regard sur la tradition. Les robes-nuisette, les talons en latex, les finitions inspirées de la lingerie, et les soutiens-gorge pin-up en cuir, quant à eux, invitent à un voyage derrière les portes closes, là où la mode rencontre l’intimité. Les textures, telles que les appliqués de plumes, ajoutent une dimension tactile, évoquant la sensation de chair de poule.

La scénographie du défilé, une collaboration entre Nicolas Di Felice, l’artiste Rémy Brière, et le collectif Matière Noire, s’interprète comme une œuvre d’art vivante. La piste, recouverte de lycra, se transforme et réagit, évoquant l’impression d’une respiration et d’un battement de cœur, amplifiant ainsi l’expérience émotionnelle du défilé. Cette mise en scène est soutenue par une bande sonore qui culmine avec la mélodie spectrale d’une “Nocturne” de Chopin, et soutient ainsi cette célébration de la géométrie vivante, où chaque pièce de la collection joue un rôle actif dans une danse d’effeuillage des passions.

Prochain article

Aya Nakamura & Jacquemus en 5 dates clés

Aya Nakamura & Jacquemus en 5 dates clés

It’s a fashion match ! Cela fait plusieurs années que la french pop star par excellence aka Queen Aya enchaîne les looks Jacquemus. Alors qu’elle vient tout juste d’annoncer la sortie de son nouvel album, Aya confirme sa relation avec le créateur en optant pour une...

Six leçons de philosophie punk signées Vivienne Westwood

Six leçons de philosophie punk signées Vivienne Westwood

Le punk, c’est bien plus qu’un simple port de tartan et de quelques épingles à nourrice : c’est un regard entier sur la société, la consommation, l’écologie et la place du vêtement au centre de tout cela. Voilà ce que je retiens de l’héritage laissé par Dame Vivienne...