Courrèges, fond et formes
Une étude poussée de la symétrie et de la sensualité, bouleversant les paradigmes établis.
Orchestrée par Nicolas Di Felice, la nouvelle collection Automne/Hiver 2024-25 de Courrèges, marque une transition audacieuse vers une esthétique qui fusionne l’instinct avec la méthode, le sensuel avec le symétrique. Se distinguant par son approche innovante de la conception – une main enveloppant le cou dans la caresse d’une écharpe – ce geste initial devient ainsi le point de départ d’une exploration de formes et de textures qui défient les attentes.

 

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Plus précisément, le travail de Di Felice est une étude poussée de la symétrie et de la sensualité, bouleversant les paradigmes établis par Courrèges. L’utilisation de l’écharpe, non pas comme un simple accessoire mais comme une muse géométrique, guide la création des patrons, offrant une fluidité et une liberté aux coupes traditionnelles. Cette fluidité est manifeste dans la façon dont la collection déshabille les silhouettes héritées de leur solennité attendue, les libérant ainsi à travers une épure progressive qui trouve sa force dans l’exploration des formes primaires.

La collection est également caractérisée par son approche ludique de la fonctionnalité, jouant sur des combinaisons hybrides qui révèlent et célèbrent la singularité de chaque corps. Les détails classiques, tels que le revers cranté d’un manteau ou la ceinture rivetée d’un pantalon de motard, sont réinterprétés et reflétés dans des éléments inattendus comme des ornements siamois sur les ourlets et les poignets, offrant un nouveau regard sur la tradition. Les robes-nuisette, les talons en latex, les finitions inspirées de la lingerie, et les soutiens-gorge pin-up en cuir, quant à eux, invitent à un voyage derrière les portes closes, là où la mode rencontre l’intimité. Les textures, telles que les appliqués de plumes, ajoutent une dimension tactile, évoquant la sensation de chair de poule.

La scénographie du défilé, une collaboration entre Nicolas Di Felice, l’artiste Rémy Brière, et le collectif Matière Noire, s’interprète comme une œuvre d’art vivante. La piste, recouverte de lycra, se transforme et réagit, évoquant l’impression d’une respiration et d’un battement de cœur, amplifiant ainsi l’expérience émotionnelle du défilé. Cette mise en scène est soutenue par une bande sonore qui culmine avec la mélodie spectrale d’une “Nocturne” de Chopin, et soutient ainsi cette célébration de la géométrie vivante, où chaque pièce de la collection joue un rôle actif dans une danse d’effeuillage des passions.

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