Unless x Under Armour : Le vêtement qui disparaît- et ce qu’il dit du futur de la mode

Ce vêtement – comme chaque pièce de la collection – est biodégradable à 100 %, sans plastique, et conçu pour nourrir la terre à sa mort. Voici la promesse de la collaboration Unless x Under Armour, dévoilée à la Milan Design Week 2025 avec un mot d’ordre : « En tant que marque qui a toujours bousculé les codes de l’industrie, nous sommes prêts à le faire à nouveau. » décrit Eric Liedtke, CEO et cofondateur de la marque UNLESS et directeur de sa stratégie de marque UNDER ARMOUR.

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La mode qui se régénère : vers une nouvelle esthétique du vivant 

Une capsule régénérative qui réinvente le vêtement de sport. Pas une nouvelle ligne « green » en coton bio labellisé. Une vraie révolution textile, pensée de la fibre au sol. Un vêtement conçu pour être porté intensément, puis composté. Non pas recyclé. Pas incinéré. Mais retourné à la terre, comme un fruit, une peau, une promesse tenue. La mode régénérative n’est pas qu’un nouveau label. C’est un changement complet de paradigme. Un vêtement ne cherche plus seulement à « faire moins de mal », mais à faire du bien. Ici, chaque pièce est conçue pour améliorer l’environnement une fois usée. Un renversement de logique : le déchet devient ressource, la fin du produit devient le début d’autre chose. C’est dans cette optique que Unless x Under Armour – connu pour leur excellence technique, leurs innovations textiles et leur ADN de performance – franchissent un cap symbolique. L’esthétique sportive devient porteuse d’une vision écosystémique, où durabilité, désir et design s’entrelacent. Exit l’image austère de l’éco-conception. Cette collection prouve qu’on peut porter un hoodie aussi stylé qu’efficace, et qu’il puisse se décomposer aussi naturellement qu’un fruit tombé d’un arbre. 

“Notre approche unique et innovante marque une rupture majeure avec le cycle de production traditionnel, souvent basé sur le plastique et générateur de déchets. En utilisant uniquement des matériaux d’origine végétale, cette collection sportswear régénérative est conçue pour se décomposer naturellement plutôt que de polluer. Elle incarne une avancée révolutionnaire dans la manière dont nous réimaginons la création de produits dans notre secteur –un engagement novateur qui respecte à la fois les athlètes et la planète” précise Eric Liedtke. 

Du champ au compost : l’ingénierie invisible d’une révolution 

Ce qui impressionne dans cette capsule, c’est la cohérence absolue du cycle de vie. La matière première provient de fibres végétales cultivées sans produits chimiques : coton, lin, chanvre. Pas une trace de polyester, ni d’élasthanne. Même les finitions – fils de couture, étiquettes, encres – sont compostables. Le vêtement devient un organisme vivant, pensé pour se désintégrer avec élégance. Mais cette fragilité apparente cache une solidité bien réelle. Chaque pièce répond aux standards exigeants de Unless et d’Under Armour : respirabilité, tenue, résistance au frottement. Le vêtement accompagne l’effort physique

sans faillir. C’est une prouesse technologique presque invisible, qui marie l’exigence du sport à la délicatesse de la nature. Le tout avec une esthétique épurée : teintes minérales, silhouettes précises, textures confortables.C’est à Milan, capitale du design haut de gamme, qu’a été lancée cette collection. Là où l’on attend des lignes épurées, des matériaux nobles, une idée du luxe très matérielle. Mais c’est justement dans ce contexte que le message régénératif prend toute sa force. Il ne s’agit plus d’opposer luxe et écologie, mais de les réconcilier. Ce lancement agit comme une infiltration douce dans les sphères du design contemporain : un rappel que l’innovation ne doit pas seulement être visible — elle peut aussi être invisible, fertile, et vivante. 

Une industrie à transformer : promesses, preuves et héritage 

Cette collection n’est pas une fin en soi. C’est un prototype vivant, un manifeste en mouvement. Derrière cette capsule, Unless x Under Armour mettent en place une stratégie à long terme. Recherche textile, investissements en R&D, collaborations avec des laboratoires biologiques : l’idée n’est pas seulement de créer quelques pièces exemplaires, mais de poser les bases d’une mutation industrielle. Le défi ? La scalabilité. Faire du biodégradable non pas une exception, mais une norme. Cela implique de transformer l’amont (les filières agricoles), l’aval (les systèmes de collecte et de compostage), et le centre : l’éducation du consommateur. C’est pourquoi la marque mise aussi sur la transparence radicale : traçabilité des matières, indicateurs d’impact, documentation en open source. Under Armour et Unless refusent de se cacher derrière le mot “durable”. Ils veulent rendre leurs promesses mesurables, vérifiables, reproductibles. C’est cette rigueur qui permet à leur discours de tenir, dans un marché saturé d’initiatives cosmétiques. Et c’est cette sincérité, aussi, qui rend le projet inspirant pour les futures générations de designers. Il ne s’agit pas seulement de créer mieux, mais d’apprendre à penser autrement. 

Dans dix ans, si cette capsule a tenu ses promesses, elle ne sera peut-être plus là. Physiquement, elle aura disparu — comme prévu. Mais son impact, lui, pourra se mesurer dans la culture. Dans les écoles de mode. Dans les pratiques industrielles. Dans les mentalités. Parce qu’un vêtement peut être plus qu’un produit : il peut être un geste, un signal, un engagement vivant.

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