La Chloé girl est de retour !
Chemena Kamali fait renaître une icône stylistique de la Tumblr era des années 2010.
Par une matinée de grisaille habituelle à Paris, le gratin de la mode s’est rassemblé, avec grande anticipation, pour découvrir la première collection de Chemena Kamali en tant que directrice artistique de Chloé. L’ouverture du défilé pour la collection Automne/Hiver 2024-25 a immédiatement révélé l’ambition de Kamali de redéfinir la marque, en unifiant le pragmatisme d’un vestiaire du quotidien à une élégance bohème et girly qui évoque autant les rues parisiennes que la dextérité de la Haute Couture. 

Le premier look, un mélange sophistiqué et audacieux d’un capelet en cuir noir et d’une robe blanche à froufrous, accentué par un collier en or massif et accessoirisé avec des ballerines-spartiates, a parfaitement posé les bases de la vision de Kamali. Ce fut le prélude à une série de créations alliant la légèreté des robes fluides à froufrou en organza de soie à la solidité du cuir des cuissardes ultra-hautes, traduisant une vision du luxe portatif qui sublime l’allure quotidienne sans sacrifier le besoin de praticité. 

Plongeant dans l’histoire riche de Chloé, fondée en 1952 par Gaby Aghion, une créatrice visionnaire qui prônait une élégance jeune et bohème, Kamali a insufflé une nouvelle vie dans l’héritage de la marque. Forte d’une expérience auprès de grands noms et marques, comme Phoebe Philo et Saint Laurent, Kamali renoue avec les fondements de la Maison Chloé (chez laquelle elle a été stagiaire il y a maintenant une dizaine d’année, ndlr), réinterprétant la femme Chloé comme une figure de puissance, d’authenticité et de transformation. Ce retour aux origines se manifeste dans des créations qui marient harmonieusement les influences bohèmes historiques de la marque à des sensibilités résolument modernes, démontrant l’aptitude de Kamali à réinventer le patrimoine de Chloé pour la femme d’aujourd’hui.

L’inspiration derrière la collection puise dans un éventail d’influences variées, notamment les années 2010, rappelant une nostalgie de la pop culture boho-chic de la Tumblr era. Le défilé s’est clos sur une note personnelle émouvante, Kamali partageant un moment doux et spontané sur le runway en embrassant son fils, illustrant une dimension profondément humaine et accessible, qui fait si souvent défaut à la mode. Cette première collection de Chemena Kamali pour Chloé n’est pas seulement une démonstration de nowstalgia réussie, mais un récit de renaissance et d’agentivité, affirmant le pouvoir de la mode de se réinventer.

Prochain article

Quand la mode joue le jeu dangereux des paparazzis

Quand la mode joue le jeu dangereux des paparazzis

De Balenciaga à Bottega Veneta, les marques de luxe n'ont de cesse de s'enticher de faux clichés paparazzés pour se donner une street cred. Mais à l'heure où le consentement devient enfin une norme, les marques peuvent-elles encore se permettre de glamouriser des...

The White Lotus : les vacances sapées comme jamais

The White Lotus : les vacances sapées comme jamais

Ils sont beaux, ils sont riches, souvent cons et bien lookés : le casting de la dernière saison de The White Lotus nous a offert une masterclass des tendances à arborer en vacances cet été. Oubliez le combo méduses et paréos (et interdiction de retenter les...

Glenn Martens rend Margiela à Margiela

Glenn Martens rend Margiela à Margiela

Dans un moment de frénésie mode où les maisons s’entrechoquent à coups de rebrandings, Glenn Martens, lui, choisit l’alignement. À travers sa première collection Artisanal 2025 chez Margiela, le créateur belge ne cite pas Martin : il le ressuscite. Retour au point...