Barcelona is heating up
Eco-consciente, Y2K, radicale : La 080 Barcelona Fashion Week te dit tout sur comment rêver, raconter, penser la mode de demain. As told par the one and only Louis Pisano.
Baby, Barcelone était hotissime, et je ne parle pas seulement de la température de plus de 22 degrés. Ces quelques derniers jours, la ville balnéaire espagnole m’a accueilli pour la 30e édition de la 080 Barcelona Fashion Week : just imagine des défilés au Recinte Modernista de Sant Pau – le plus grand complexe Art nouveau du monde -, aux dîners et afterparties au-dessus aux hôtels Nobu et The Edition devant une vue scintillante : needless to say, la 080 Barcelona Fashion Week a été une expérience inoubliable mêlant les saveurs distinctes de la mode, de la nourriture et de la culture made in Catalogne.
Le premier jour, la marque barcelonaise Escorpion a offert un festin kaléidoscopique de tricots pour te faire bondir du canapé au nightclub. Sur une bande sonore de tubes de Loreen et de Kylie Minogue, des crop tops de couleur bonbon, des palazzos à carreaux et de pièces à paillettes accessoirisées de chaussures à plumes ont donné le coup d’envoi de la journée 080. Les tops en chenille et les minijupes pastels ont apporté à la collection un clin d’œil très tendance au revival Y2K, toujours aussi amazing – tandis que les pièces à rayures arc-en-ciel, allant des tops à volants sur les épaules aux robes moulantes, ont apporté un regain d’énergie avec un air de fun fun fun. Dans le monde d’Escorpion, la vie est une fête et ils ont tout prévu. Très littéralement.

Tiscar Espadas est une autre marque qui a attiré mon attention. Un peu plus calme en termes de palette de couleurs que le défilé précédent, mais créative, la marque m’a montré des pièces magnifiquement déconstruites avec une déconstruction des plus romantiques. Je ne peux que le décrire comme un marin naufragé de la période Renaissance esquissé sur la couverture d’un roman à l’eau de rose. Un blazer sans manches avec des découpes astucieuses sur une chemise blanche sans col ; un chemisier opalin à volants avec des attaches de différentes longueurs, le tout sur un jean foncé avec des surpiqûres contrastées ; une culotte de marin et des anoraks ultradoux : les vêtements semblaient habités, comme s’ils contenaient des histoires. Tiscar Espadas a présenté le récit le plus visuellement poétique de la semaine et je vais y penser pendant un certain temps.

Le premier jour m’a également permis de découvrir la collection Sunrise2Sunset d’Amlul. Amlul, la création durable et éthique de la It-Girl espagnole Gala Gonzalez, est connue pour ses pièces uniques et abordables. Des combinaisons confortables en coton ont fait place à des robes moulantes en satin. Le thème du grain de bois, peut-être un clin d’œil à l’éthique écologique de la marque, est également apparu dans la collection sous la forme d’un ensemble en denim foncé et d’une tunique en soie chartreuse. Une autre pièce récurrente était la robe chinoise Cheongsam proposée dans des rayures et des fleurs délicates. J’ai particulièrement adoré le cardigan transparent et la jupe enserrant les cuisses, en argent glacé, qui racontent un pur minimalisme des années 90. Pour Sunrise2Sunset et au-delà, Amlul a quelque chose pour tout le monde.

Le deuxième jour, le volume a augmenté avec Dominnico. En entrant dans la salle du show, la techno était à fond et je savais que the show was on. Un premier rang rempli de cool kids et de drag queens portant la marque et posant avec enthousiasme devant les caméras témoignait de l’iconisation pop de Domingo Rodriguez : ce dernier a travaillé avec Rosalia et Lady Gaga pour te donner une idée du calibre de ses fans célèbres. Des robes sexy à découpes so 2000, avec des traînes à volants et des strass, se remixaient à des looks en cuir cyberpunk et à des ensembles inspirés du motocross, avec des bottes et des gants en cuir blanc à hauteur de cuisse. L’un de mes préférés était un dos nu rose de moto et une jupe assortie, très Transformer Barbie. Les robes de bal en taffetas, accompagnées de colliers et de ceintures punk, n’étaient pas en reste. De la haute vitesse à la haute société, Dominnico est la marque espagnole à suivre de près.

Le troisième jour, le défilé qui m’a le plus marqué est celui de Martin Across. Avec une inspiration tirée de la mer et des éléments océaniques, le storytelling a vraiment mis en valeur la collection. Un ensemble 2 pièces couleur jaune marin avec des cordons de voile en boucle donnait le ton de ce qui allait suivre : à comprendre, des pulls en filet, des robes prèsdu corps aquarellées, des ensembles en denim marbré comme des paysages, et des motifs récurrents de reflets d’eau sur les pièces. Dans ces pièces fabriquées à la main en Équateur, je pouvais vraiment sentir la connexion de Martin au monde naturel. La façon dont les vêtements de travail plus techniques sont adoucis par des motifs all-organic apporte cette idée de proximité terrienne et que surtout, que « tout est dans tout ».

All in all, la 080 Barcelona Fashion Week a vraiment mis en évidence la diversité des talents espagnols. Une chose que j’ai remarquée, du défilé aux participant.e.s, c’est qu’ici, il semble que la durabilité soit un mode de vie et non une tendance ou un gadget marketing. Qu’il y ait un sentiment de fierté locale et d’importance de soutenir les entreprises locales et une énergie de camaraderie au sein de la communauté. J’ai pu le sentir, j’espère que tu le sentiras à ton tour, et que ça sera aussi inspirant pour toi que pour moi.

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