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Cette saison, une fois de plus, on est venu à la 080 Barcelona Fashion pour chercher du spectaculaire, du conceptuel, mais surtout des coups de cœur. Entre un fishnet omniprésent, une héroïne pop nommée Superman et des silhouettes qui semblent s’être échappées d’un rêve bergmanien, on a vu, entendu, ressenti beaucoup de choses. Voici ceux qu’on n’a pas oubliés – et qu’on ne veut surtout pas oublier.

Ernesto Naranjo

Les vestes ont l’épaule qui s’arrête dans la nuque. Ça commence comme un accident de couture, et ça finit en manifeste. Les bas résille sont partout, sur toutes les jambes, peu importe la tenue : body, robe à traîne, mini-jupe fourrure ou tunique asymétrique. Un seul mot d’ordre : deflormatrixé. Une réminiscence à BodyMetamorphosis de Comme des Garçons, version ultra-glamour. Il y a du rose corail, du bleu Ariel, et cette touche de fluo maladroite — comme un stabilo qui aurait glissé sur le moodboard. Les sacs sont énormes, recouverts de paillettes, traînant comme une gueule de bois couture. Ernesto a compris : ce n’est pas une silhouette, c’est une attitude. Et ce soir, tout le monde porte du fishnet !

Txell Miras

Une fille-tableau ouvre le bal. Ambiance Bergman. C’est Persona en vêtements, version drapée. Noir, marron, gris — pas ternes, non, mélancoliques. Le genre de palette qui a lu beaucoup de poésie. Les matières débordent, débordantes, comme si le tissu avait quelque chose à raconter mais ne voulait pas aller droit au but. Tout est déstructuré, mais jamais hasardeux. Les zips soulignent les lignes, les coupes s’amusent avec la symétrie. C’est triste ? Peut-être. Mais dans cette tristesse, il y a une beauté douce, discrète, presque timide.

Juan Vidal

Avec une ouverture en blanc, comme une caresse et des manches plus longues que le col de Lagerfeld, ou encore de la soie qui coule comme une pensée un peu trop douce. On dirait que les imprimés sont tombés sur les mannequins par accident – romantisme diffus, presque rêveur. Puis viennent les fleurs, les pastels, les roses poudre, les bleus délavés. Et soudain, le noir. Pas pour casser, mais pour compléter. Le pastel devient sérieux, structuré, presque autoritaire. La secrétaire flirte avec la muse. Le fluide rencontre le strict. C’est un jeu de contrastes, et Juan Vidal le joue sans faute !



Maria Escoté

Premier défilé à la 080 pour cette diva ibérique et quelle entrée ! Maria Escoté, habituée des coups d’éclat (et de Desigual), s’attaque ici à une légende : Superman. Mais en version remixée, brodée, assumée. Des t-shirts qui s’ouvrent sur le logo, une chemise avec un un tulle des plus fascinants (coup de cœur absolu), et surtout un humour à peine masqué, à peine kitsch. C’est bold, c’est fun, c’est inattendu. Maria se moque gentiment de l’héroïsme et célèbre le fantasme pop. Une héroïne ? Non. Une super-diva.

Dominnico

Avec Dominnico, c’est toujours un événement. Cette saison, il pousse le curseur full cowboy, full sexy, full denim. Il connaît la recette du buzz — et Mia Khalifa qui ouvre le show, c’est une punchline mode à elle seule. La collection ? Un western queer futuriste. Du cuir, des franges, du glitter, des silhouettes taillées pour le TikTok runway. Dominnico ne défile pas : il met en scène. Il ne présente pas : il électrise !

Anel Yaos

Un monde en rouge et… blanc ! Des nœuds papillon, des robes pleines de tendresse, et une touche d’ironie qui rappelle l’univers d’Hello Kitty s’ ils avaient prévu de faire une version live action. C’est mignon, mais jamais naïf. Délicat jusqu’à l’extrême, presque cérémoniel. Une collection comme un gâteau de mariage qui aurait lu Roland Barthes. On sourit, on s’émeut, on ne sait pas si on doit applaudir ou faire une révérence.



Maison Moonsieur

Standing ovation méritée pour ce premier passage à la 080. Maison Moonsieur rend hommage à la femme — la vraie, l’historique, la mythologique, la future.
Il parle de leur rôle dans la société, mais aussi de leur rage, leur besoin d’espace. Le maquillage dégoulinant façon porcelaine brisée rappelle les heures les plus baroques de Pat McGrath. Et les chapeaux à clous ? Un manifeste visuel : “Don’t touch me.”
C’est précis, narratif, intense. Une collection pensée comme un opéra en trois actes — et Maison Moonsieur en chef d’orchestre visionnaire.

ACROMATYX

Slick, sérieux, et surtout premier degré — tellement premier degré que ça en devient du second. C’est la garde-robe de Mr & Mrs American Psycho, version 2025. Ici, pas de place pour la couleur : tout est noir, du noir très noir au gris charbon. La seule autre teinte visible ? La couleur chair, comme un rappel que sous cette panoplie de contrôle, il y a de la peau.
Les coupes sont tranchées, nettes, mais toujours avec un twist. La jupe est longue ? Oui, mais découpée sur les hanches. Le t-shirt ? Pas si simple. Il est déstructuré, hybridé : tantôt fini comme un hoodie, tantôt retourné comme s’il ne savait plus lui-même où il commence.
Ce défilé, c’est pour les méchants du film. Un zeste de blanc apparaît ici ou là — mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas une lueur d’espoir. C’est un révélateur : il fait ressortir le noir, il cadre le formel, il vous donne l’illusion de regarder un costume alors qu’en réalité, il est tout sauf ça.

La 080, c’est toujours un peu plus qu’une fashion week. C’est une scène où les créateurs ne font pas que défiler, ils racontent, ils osent, ils testent. Certains jouent la carte de l’émotion, d’autres celle de l’humour. Mais tous partagent une chose : une envie d’affirmer leur vision, de bousculer les formats, de créer du souvenir.
Et nous, on rentre avec des images plein la tête, des noms à suivre de près… et une folle envie de porter du fishnet. Focus sur nos coups de coeur de cette derniere edition de la 080 barcelon fashion week !

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