Rom-com sous tension : ce que Too Much dit (vraiment) de nous

Avant toute chose, saluons ce qui mérite de l’être : Meg Stalter. Aura solaire, timing comique millimétré, sens de l’autodérision en or massif. Elle incarne Jessica, trentenaire à la dérive, avec une verve mordante et un humour acide qui illuminent l’écran. On pourrait juste valider la série pour elle tant elle nous subjugue (et pour Adèle Exarchopoulos aussi) mais cela ne suffira malheureusement pas. C’est bien là le hic : voilà une performance brillante au milieu d’une série qui, elle, pose problème. 

Avis aux nostalgiques de Girls et de son joyeux foutoir libérateur : oubliez. Ici, Lena Dunham nous ressert une vision étriquée, presque rétrograde, de la célibataire post-rupture. Une sorte de Bridget Jones 2.0, sans la nouveauté de l’époque ni la profondeur du propos. Prenons le terme “too much”, pourquoi, au juste, Jessica serait-elle “trop” ? Parce qu’elle parle fort, sans filtre, balance des blagues crues et ose exister dans un corps qui ne cherche pas à plaire ? En 2025, cela devrait être la norme, pas l’exception. Ce personnage, qu’on veut fantasque et hors cadre, est en réalité une femme, au bord de l’âge adulte, paumée, et surtout, le cœur en miettes. Et c’est là que le bât blesse : l’intrigue entière tourne autour des hommes. Dès le premier épisode, un prince pas si charmant débarque (au bar, pas sur un cheval, mais l’idée est là), et voilà notre héroïne repartie pour un tour. Jessica a été larguée six mois plus tôt par son grand amour – au profit d’une influenceuse incarnée par… Emrata herself. Spoiler : elle ne s’en remet pas. Elle s’envole pour l’Angleterre, histoire de “s’émanciper”, mais tout ce qu’on voit, c’est une succession de clichés.

L’amour en boucle, le schéma aussi

Jessica reste enfermée dans le schéma : elle est quittée par un homme pour une autre, elle entre dans une rivalité avec cette autre, puis se retrouve en quête d’un nouveau sauveur. Toujours la même rengaine. Et le plus attristant ? C’est que cette quête-là, celle du grand amour, reste la base de son récit. Comme si, en 2025, une femme seule n’était toujours pas envisageable. Comme si le bonheur n’existait qu’en couple. Spoiler bis : une femme épanouie et célibataire, on attend toujours qu’on lui consacre une série. Alice Weill, qui tient la newsletter “Puissantes” signe un take fort : « Par rapport à Girls, qui était drôle, acerbe, crue, authentique, Too Much semble… fade, un peu caricaturale. Dans Girls, Lena captait à la perfection l’absurdité et la cruauté douce-amère de la vie à 25 ans. Là, on a l’impression qu’elle essaie de reproduire une formule sans y injecter la même vérité ni la même urgence. Tout est plus édulcoré, plus gentil, mais moins sincère. On aurait pu s’attendre à une série qui renverse les codes de la romance, qui parle de reconstruction post-rupture avec lucidité, qui montre une héroïne imparfaite mais puissante, drôle, créative, et qui finit par se choisir elle.»​​​​ 

Célibataire et fièr.e ? 

Ce qui pose problème ici, ce n’est pas le chagrin d’amour- que nous sommes malheureusement nombreux.ses à avoir connu- mais l’impossibilité, dans les séries, pour les personnages féminins de s’émanciper seules. En 2025, il faut encore que la quête de l’âme sœur gouverne les trajectoires de nos héroïnes, car la réalité persiste : une femme seule dérange. Une femme seule est “problématique”. Alors elles cherchent l’amour, désespérément, car c’est encore présenté comme la seule issue possible, le seul salut. Il est encore si rare de voir des personnages célibataires épanouis, vivre pleinement, et s’accomplir sans l’aval d’un homologue masculin (ou féminin). 

Syndrome de la sauveuse, épisode 1.572

Donc, spoiler alert : dès l’épisode 1, les dés sont jetés, et nos doigts se crispent. Jusqu’à la toute fin. Toute la série va tourner autour de Félix. Dix épisodes à se demander : “Est-ce qu’il m’aime ?”, “Est-ce que j’ai été trop intense ?”, “Est-ce que je suis normale ?”. Le tout entrecoupé de longs monologues émotionnellement étouffants, où Jessica s’oublie pour mieux s’adapter à lui. Elle le choisit, lui, au lieu de se choisir elle. Et si l’on parle de ce moment-clé, où Félix lui fait une déclaration qu’on pourrait trouver mignonne, “le moment too much mais sincère”,  il faut rappeler qu’elle sort d’une soirée chargée en substances, et que lui, seul personnage sobre de la série, a dû la regarder pendant des heures enchaîner les excès, assis, impuissant. Ex-accro, il n’avait d’autre choix que d’observer. On coche ici la case du syndrome de la sauveuse : Jessica tombe sur un artiste torturé qu’elle va “guérir” grâce à son authenticité. Traduction : encore une femme qui répare un homme. Un classique. On aurait aimé que Jessica se choisisse, avant de choisir Félix. Que sa folie douce, sa spontanéité, sa douleur aussi, soient le point de départ d’un chemin personnel- pas uniquement amoureux. Surtout quand la série aborde des dynamiques complexes : dépendance, décalage émotionnel, syndrome de la sauveuse. Des sujets puissants, mais traités ici sans vraie prise de risque. 

 

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Une invitation à voir autrement

Depuis quelques années, on sent que la mise en scène a changé. Moins de perfection, plus d’intention. Moins de surface, plus de densité. 

Et à ce jeu-là, l’iPhone 16 propose un équilibre rare. La précision d’un outil professionnel, la spontanéité d’un carnet de notes. Le “beau” ne se décide plus uniquement en studio. Il se devine dans un reflet, un mouvement, un silence. Dans cette manière de capter un instant avec justesse, sans chercher à l’embellir. Créer sans détour, c’est peut-être ça le vrai luxe L’époque a souvent confondu technologie et sophistication. 

L’iPhone 16 rappelle qu’on peut être sophistiqué sans être compliqué. Et que ce qu’on appelle “haut de gamme” n’est pas toujours une question de moyens. Parfois, c’est une question de regard. En 2025, une image peut être tournée sur un iPhone et projetée en galerie. Une photo prise au bord d’un trottoir peut évoquer un tableau. Et une séquence filmée sur le vif peut valoir un court-métrage. 

Ce n’est pas l’outil qui fait l’œuvre. Mais certains outils savent se faire oublier pour laisser la place à ce qui compte.

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