Les générations passées se fichaient de savoir que le père de Drew Barrymore est John Barrymore (et même que sa famille est composée d’acteurs célèbres depuis les années 1700), ou que Nicolas Cage est un Coppola. Aujourd’hui, on parle ouvertement de ce phénomène, avec un ton souvent réducteur et ce petit label qui a pour but de discréditer la prochaine génération de talents qui se trouvent être des enfants de célébrités.
Maude Apatow a abordé le sujet avec un peu plus d’humilité, car quand bien même ses parents sont célèbres, elle n’était pas pour autant assise sur les genoux de Scary Spice aux VMA comme Zoë Kravitz, et son père fait des films avec Seth Rogen, ce n’est pas le même level de célébrité que Johnny Depp.
“Au début, je me sentais triste”, a raconté Apatow dans une interview accordée à Net-a-Porter, expliquant qu’elle avait l’impression d’être jugée sur autre chose que son talent. “J’essaie de ne pas trop mal le prendre parce que je comprends évidemment que je suis dans une position ultra privilégiée”, a-t-elle poursuivi. “Beaucoup de gens [dans une position similaire à la mienne] ont fait leurs preuves par le passé, donc pour me faire respecter, il faut que je bosse bien.”
Anok Yai opens up about her struggles as a newcomer in response to Lily Rose Depp’s ’nepo baby’ take pic.twitter.com/IKPiXbPjk1
— MODELS (@ModelsFacts) November 18, 2022
À Hollywood, on aime romancer les histoires de gloire et de réussite, avec des films comme A Star Is Born et La La Land. On a envie de croire au mensonge du rêve américain parce qu’il est romantique et porteur d’espoir. C’est plus catchy qu’une Maud Apatow qui dépose ses scénarios sur le bureau de son père ou Lily Collins qui obtient une audition pour l’ami d’un ami de son père Phil.
Mais dire que quelqu’un bénéficie de népotisme n’est pas une insulte. Tirer profit de ses relations, c’est comme ça que ça marche dans cette industrie, et dans pratiquement toutes les autres aussi. C’est un fait, et tout le monde devrait le reconnaître et avancer plutôt que de rester sur la défensive, car ça ne fait que creuser le fossé avec le public que ces célébrités cherchent tant à combler.
Les journalistes, comme souvent, se sont emparés du terme ces derniers temps, et ils ne peuvent pas s’empêcher de demander aux enfants de célébrités ce qu’ils pensent du concept de “nepo baby” (“bébé népo(tisme)”, donc). Alors que le minimum syndical de la décence voudrait que les personnes en position de privilège le reconnaissent gracieusement, certain.e.s nepo babies s’opposent à l’étiquette avec véhémence.
Quand Elle lui a demandé récemment ce qu’elle pensait du terme, Lily-Rose Depp a répondu qu’elle le trouvait réducteur. “Je trouve ça bizarre de réduire la carrière de quelqu’un à l’idée que cette personne est arrivée là juste parce que c’est un truc générationnel”, a-t-elle dit. “Ça n’a tout simplement aucun sens. Si le père ou la mère de quelqu’un est médecin, et que son enfant le devient, on ne va pas dire ‘Tu es médecin uniquement parce que tes parents le sont’. Bah non, en fait, j’ai fait des études de médecine.”
Dans une interview accordée à GQ, Zoë Kravitz a fait écho à ce sentiment : “Il est tout à fait normal pour les enfants de poursuivre une carrière dans le business familial”, dit-elle. “C’est comme ça que beaucoup de famille ont construit leur héritage d’une génération à l’autre.”
@veryeffy Le népotisme ou le cas Lily Rose Depp. La fille chérie de deux supers stars internationales ne veut pas qu’on s’adresse à elle comme un nepobaby entraînant la fureur de plusieurs mannequins qui ont ensuite partagé leur expérience sur les réseaux. #veryeffy #nepobaby #lilyrosedepp ♬ Monkeys Spinning Monkeys – Kevin MacLeod & Kevin The Monkey





