Chez Lulu, Montparnasse retrouve son piano

Béton, moquette léopard et piano-bar : l’hôtel Lulu s’installe boulevard du Montparnasse

Vanessa Scoffier, la fondatrice de l’Hôtel Henriette, dévoile à deux pas du Jardin du Luxembourg un second hôtel parisien : plus anguleux, plus sombre, toujours attaché aux objets qui ont déjà eu une vie. Vingt-sept chambres, un jardin d’hiver, un piano-bar.

 

Lulu est le surnom que Vanessa Scoffier a donné au Jardin du Luxembourg, qui se trouve à quelques pas mais c’est aussi un hommage à Lulu de Montparnasse, figure emblématique de la vie nocturne parisienne des années 1930, connu pour avoir tenu le Monocle, l’un des bars lesbiens les plus prisés de la capitale. Il fallait donc un hôtel aussi iconique que son histoire. Et l’on est loin d’être déçu dans ce quatre-étoiles de vingt-sept chambres. Ceux qui connaissent Henriette, l’hôtel qu’elle a créé en 2013 en transformant la Résidence des Gobelins, n’y retrouveront pas l’esprit « maison de campagne parisienne ». Elle a volontairement tourné la page. Lulu est plus architectural, construit sur du béton coulé, de l’inox brossé, de la peinture laquée, des poutres apparentes et d’épaisses moquettes. La palette tient en six mots (blanc, noir, gris, caramel, brun, kaki) et laisse la lumière faire le reste. 

Ce qui n’a pas changé, c’est le goût des choses qui ont déjà vécu: la maison réemploie beaucoup. Les tables du rez-de-chaussée sont taillées dans d’anciens échafaudages, et les salles de bains sont habillées d’une mosaïque en verre recyclé, dont les teintes évoquent les piscines méditerranéennes de l’ancien Hôtel de Nice. Le reste a été chiné : un canapé Corbi de Klaus Uredat des années 70, une cheminée ancienne, un piano, des miroirs patinés, des portes de château, des livres, quelques chaises vintage. Le mobilier contemporain côtoie des éditions du XXe siècle, avec plusieurs clins d’œil au modernisme : luminaires de Le Corbusier et Charlotte Perriand, appliques Talia de Roberto Pamio. À l’entrée, une photographie de Manolo Campion, réalisée pour Vogue au Standard Hotel de New York, donne le ton. Dans les couloirs, une moquette léopard renvoie à l’Art déco, dont certaines brasseries du quartier sont encore les témoins. 

Le quartier est partout dans la maison. À Montparnasse, on croisait Hemingway, Man Ray, Fitzgerald, Lee Miller, Modigliani, Cocteau, Picasso ; à Saint-Germain-des-Prés, Sartre et Beauvoir. Des œuvres et des références à eux sont disséminées dans les chambres. La journée commence au coffee-shop, ouvert aux voisins autant qu’aux voyageurs, et se poursuit sous la grande verrière du jardin d’hiver. Le soir, le piano-bar prend le relais avec l’envie de faire revivre l’esprit Montparnasse pour une nouvelle génération.

Née à Nice, Vanessa Scoffier a d’abord travaillé dans la mode : rédactrice mode Marie Claire, puis chroniqueuse dans L’Atelier de la Mode. Elle a fondé Mademoiselle Rose, une boutique de décoration rue de Turenne avant de se consacrer à l’hôtellerie. Henriette a fini dans le City Guide Louis Vuitton. Elle a depuis imaginé des appartements privés et un château dans le Vexin. Avec Lulu, elle garde sa signature, l’attention aux matières et aux objets qui portent une mémoire, dans un décor plus épuré.

Infos pratiques Hôtel Lulu ★★★★ 155, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
Boutique-hôtel de 27 chambres, coffee-shop, jardin d’hiver, piano-bar
hotellulparis.com

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