Pourquoi il faut absolument voir Better Man

Malgré une promo XXL, Better Man peine à trouver son public. On lui reproche son audace visuelle – notamment ce choix surprenant de représenter Robbie Williams sous les traits d’un singe en images de synthèse – et le fait que l’artiste, icône britannique, ne jouit pas d’une notoriété mondiale comparable à d’autres légendes de la pop.

J’étais plutôt sceptique au départ. Les affiches et visuels promo ne m’attiraient pas vraiment, évoquant un mélange étrange entre Fatal Bazooka et La Planète des Singes. Pourtant, on m’a convaincu de tenter le coup… et heureusement !

Une mise en scène magistrale et des scènes musicales époustouflantes

Dès les premières minutes, j’ai été bluffé par l’énergie et la créativité du film. Sous la direction de Michael Gracey (The Greatest Showman, Rocketman), les performances musicales sont incroyables, et les chansons de Robbie Williams s’intègrent à son histoire de manière bouleversante, sans suivre l’ordre chronologique de leur sortie.

Le film ne s’attarde pas non plus sur sa discographie récente, préférant réinterpréter ses grands tubes en les liant aux moments clés de sa vie. Par exemple, Feel accompagne des souvenirs d’enfance marquants, tandis que Rock DJdans une scène absolument spectaculaire qui, à elle seule, justifie le déplacement en salle selon moi – illustre l’époque Take That. Angels est utilisé à un moment particulièrement émouvant, où il est impossible de retenir une larme, mais no spoils !

Ce choix donne au film une dynamique unique et immersive, capable de séduire aussi bien les fans de la première heure que les néophytes.

Un regard fascinant sur la célébrité et ses excès

On plonge dans les coulisses de la formation de Take That, entre chorégraphies millimétrées, costumes improbables et rivalité avec Gary Barlow, le leader du groupe. Mais Better Man ne se contente pas de raconter l’ascension d’une popstar : il explore aussi les aspects plus sombres de la célébrité.

L’un des moments les plus saisissants du film est l’histoire d’amour méconnue entre Robbie Williams et Nicole Appleton (All Saints), incarnée par Raechelle Banno, marquée par une grossesse avortée sous la pression du label du groupe. Un passage bouleversant qui illustre la cruauté de l’industrie musicale à la fin des années 90.

Un final poignant qui brise les clichés du biopic

Le film explore avec une intensité rare les démons de la célébrité : drogue, mort, solitude et peur de l’échec. Son climax émotionnel survient lors d’une date cruciale de sa carrière, le concert de Leeds en 2006, déjà mis en lumière dans le documentaire Netflix qui lui est consacré. À cet instant charnière, Robbie Williams se livre à un face-à-face brutal avec lui-même, une lutte intérieure sublimée par des effets spéciaux saisissants et le choix audacieux de le représenter sous les traits d’un singe. Loin d’être un simple artifice, cette mise en scène renforce la puissance émotionnelle du film et nous plonge dans l’esprit tourmenté de l’artiste.

Better Man est bien plus qu’un biopic : c’est une relecture audacieuse et moderne du genre, qui ose une approche cinématographique radicale. Que vous soyez fan de Robbie Williams ou simplement curieux, courez voir ce film avant qu’il ne disparaisse des salles !

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