Et si c’était le moment de Nicola Peltz Beckham ?
L’actrice et mannequin, formant avec son conjoint l’un des duos les plus prisés des nepo babies d’Hollywood, se lance à présent dans l’écriture et la réalisation de films avec son projet Lola.
Nicola Peltz Beckham débarque au Polo Lounge de l’Hôtel Beverly Hills, tempête de charme vêtue d’un sweat noir Alo Yoga, épaule parée d’un sac Bottega d’un bleu Schtroumpf, tenant fermement son chargeur de téléphone dans la main en quête d’une prise. Fraîchement sortie d’une séance photo, elle confie avoir transporté toute la journée deux bouteilles de saké dans un dustbag Versace. « C’est pour une soirée entre filles organisée par une amie, » justifie-t-elle. « Hors de question d’arriver les mains vides. »

À 29 ans, Nicola Peltz Beckham réalise ses premiers pas de réalisatrice avec Lola, un film indépendant teinté de noirceur dont elle signe également le scénario. Elle y explore l’univers d’une danseuse exotique (qu’elle incarne) et de sa mère alcoolique (interprétée par Virginia Madsen, nominée aux Oscars). Elle se fondrait dans la masse des actrices en herbe sous pression en cette période de récompenses cinématographiques à Hollywood si ce n’était pour l’éclat de sa bague. Un diamant ovale, cadeau de son époux Brooklyn Peltz Beckham, qui évoque tantôt un bonbon Ring-Pop, tantôt l’étincelant sol de glace de la patinoire du Rockefeller Center, mais qui, contrairement à cette dernière, paraît encore plus imposant en vrai. Face à l’idée qu’un malfrat puisse lui le dérober en lui coupant son doigt, elle éclate de rire : « On me pose souvent la question. »

Autour d’une tasse de thé à la menthe, elle se remémore sa première visite au Polo Lounge à l’âge de 12 ou 13 ans. Un voyage mémorable à Los Angeles, orchestré par sa mère pour signer avec sa première agence de talents. Les pastels roses et verts de ce lieu mythique ont, d’une certaine manière, influencé la palette de couleurs de Lola. Le récit est narré principalement par Arlo, le jeune frère de Lola qui affectionne le vernis à ongles et le maquillage, « C’est sa vision du monde, empreinte de beauté malgré la noirceur des circonstances, que j’ai souhaité retranscrire, » explique-t-elle.

Devenir réalisatrice n’était pas un but initial pour Nicola. Après trois saisons dans Bates Motel et un rôle dans un des films de la saga Transformers aux côtés de Mark Wahlberg, récemment, elle incarnait Dorothy Stratten, une Playmate de Playboy assassinée, dans un épisode de la mini-série Hulu Welcome to Chippendales (elle apparaît aussi dans la dernière campagne de Balenciaga). Souvent, les acteurs se mettent à écrire faute de trouver des rôles satisfaisants. Mais Nicola ne se sent pas concernée par ce propos. L’écriture du scénario s’est d’abord présentée comme un exercice créatif. Cependant, après l’avoir partagé avec un producteur, ce dernier lui a suggéré de prendre elle-même la direction de Lola. Hollywood a longtemps privilégié un point de vue masculin, mais pour Nicola, la narration de cette histoire nécessitait un regard féminin. Pourquoi pas le sien, après tout ? Elle s’est alors attelée à la réalisation de storyboards dessinés à la main.

À première vue, Lola représente un contraste frappant entre le sujet traité et la vie de sa réalisatrice. Nicola, élevée à Bedford, New York, fille de l’investisseur milliardaire Nelson Peltz actuellement engagé dans une bataille contre Disney, dépeint Lola comme une strip-teaseuse dans un club miteux de Hollywood soutenant son frère en quête d’identité de genre.

Si tu penses que ce contraste n’a pas déjà été souligné, parfois avec une certaine délectation et surtout avec sarcasme, dans les médias, c’est que tu n’as pas suivi l’engouement médiatique autour de son mariage en 2022. Nicola s’est habituée à ce que son statut de nepo baby suscite scepticisme et malveillance, mais elle continue d’avancer avec une conviction joyeuse et déterminée dans ses projets.

La réflexion sur Arlo, inspiré par son filleul, lui a appris à faire confiance à ses instincts. Dans une scène poignante, le personnage joué par Virginia Madsen, rejeté par l’église et accablé par sa situation, enferme son fils dans la salle de bain pour lui raser les cheveux, lui ôtant ainsi une part de son identité et de son safe space. Nicola avait d’abord exclu cette scène du scénario, jugée être « too much » par un conseiller. Cependant, lorsqu’il a fallu tourner des plans supplémentaires, elle l’a réintroduite. Ce moment est devenu le plus sincère du film.
« Je suis tellement reconnaissante que Virginia m’ait fait confiance, » confie-t-elle. « C’est intimidant de s’en remettre à la vision de quelqu’un d’autre. Je sais ce que c’est. »

La réalisation du film a été une véritable affaire de famille. Sa mère, qu’elle considère comme « sa meilleure amie », était présente chaque jour sur le plateau, s’occupant des commandes de café et de déjeuner pour l’équipe et les acteurs. L’iconique Quincy Jones, un ami de la famille, a composé la bande originale. Brooklyn, de son côté, la conduisait sur les lieux du tournage et capturait des moments en coulisses, ce qui l’a conduit à une confession inattendue.

JE TOURNE LA TÊTE ET LÀ, JE NE TE MENS PAS, BROOKLYN SE CACHE DANS UN BUISSON POUR ÉVITER LES PAPARAZZI. DEPUIS, NOUS NE NOUS SOMMES LITTÉRALEMENT PLUS QUITTÉS.

Lola comporte plusieurs scènes dans un club de strip-tease. « Il y avait toutes ces danseuses sur le plateau, » raconte-t-elle. « Des femmes magnifiques. Brooklyn m’a avoué n’avoir jamais mis les pieds dans un club de strip-tease. » Pardon ? « C’était sa première fois. Je suis sûre qu’il était ravi ce jour-là, avec toutes ces belles femmes qui dansaient autour de lui. »

Nicola a rencontré Brooklyn grâce à l’un de ses six frères lorsqu’elle s’est invitée dans leur maison à Coachella pendant le festival, mais leurs chemins se sont à peine croisés. Un an plus tard, lors d’une soirée d’Halloween, elle retrouve Brooklyn. « À peine entrée, la sécurité arrête mon ami. J’insiste, Non, non, il est avec moi. La sécurité faisait des siennes et là, je tourne la tête, et sans exagérer, Brooklyn se cache dans un buisson, fuyant les paparazzi. Je lui lance, Brooklyn, tu peux venir m’aider s’il te plait ? Depuis ce jour, nous sommes inséparables. » Elle n’exagère pas. Depuis leur mariage, elle compte sur les doigts d’une main les nuits passées séparément.

Mais la véritable bonne histoire et celle de leur tentative de se responsabiliser en tant que jeune couple adulte. Après avoir vendu leur maison de Beverly Hills en 2022, Nicola a récemment révélé qu’elle et Brooklyn « économisaient pour acquérir la maison de leurs rêves ». Ils n’ont, en fait, jamais passé une nuit dans leur première demeure, cette résidence sécurisée, dont l’entrée était ornée d’un cristal de quartz censé « neutraliser les énergies négatives ».

Ils n’ont possédé ce bien de 7 700 mètres carré que pendant moins de neuf mois. « Nous n’y avons jamais dormi une seule nuit. J’étais en plein tournage de Lola. Puis, nous avons réalisé que cela ne correspondait pas à nos attentes. Tout était différent de ce que nous avions imaginé. Nous pensions emménager et que tout serait parfait. Bienvenue dans la vie adulte ! »

Était-ce une question de sécurité ? « Cela manquait d’intimité, » explique-t-elle. « Dès l’arrivée, on s’en ai rendu compte. Nos parents à tous les deux nous ont dit On vous l’avait bien dit ! Nous avons organisé un barbecue là-bas. Will, mon producteur, a amené sa famille. Ma mère était présente, tout comme mon coach d’acting. Brooklyn s’est chargé des hamburgers. Nous avons laissé derrière nous deux serviettes de plage — qui sait si elles y sont toujours. Peu après, nous avons vendu la maison. Cela a été une leçon onéreuse. »

Les jeunes époux n’ont jamais quitté le condo de Nicola à Century City, où ils envisagent une rénovation légère tout en planifiant leur prochaine étape. Entre temps, ils profitent de soirées avec Selena Gomez et son compagnon, le producteur de musique et cuisinier en herbe Benny Blanco, « qui prépare probablement le meilleur hamburger que j’ai jamais mangé, » selon Nicola. Et il y a les vacances avec les beaux-parents, Victoria et David, où le couple n’hésite pas à mettre les Spice Girls à fond. La supposée mésentente entre eux semble loin derrière.

« Brooklyn et moi adorons Holler. Quand on est en bateau ou en vacances, on se met à danser et on insiste pour que tout le monde nous rejoigne. »

Malgré l’attention médiatique parfois intrusive, Nicola se confie avec une aisance remarquable sur son mariage avec Brooklyn. Peut-être parce que leur relation est solide. Ils partagent une réalité commune, celle d’avoir grandi dans la richesse, mais après avoir visionné la série documentaire sur les Beckham l’an dernier, Nicola a mieux compris l’enfance de Brooklyn sous le feu des projecteurs.

« Ce qui m’a frappée, c’est de le voir bébé à l’arrière d’une voiture, entouré de paparazzi. Il m’avait raconté ces histoires, mais c’est différent de les voir concrétisées dans un documentaire. Ça m’a vraiment touchée. » Elle a vu les deux premiers épisodes lors de la première à Londres, puis, elle et Brooklyn ont fini de regarder la série avec son frère Cruz. « Je comprenais déjà Brooklyn, mais associer des images à ses récits a été une révélation. Grandir ainsi, c’est vraiment particulier. »

Cette surexposition médiatique n’a toutefois pas refroidi leur désir d’avoir des enfants. Chaque mention de leur projet familial devient un sujet brûlant. Brooklyn ne cache pas son envie de devenir père dès que Nicola sera prête. « J’adore son enthousiasme à l’idée de devenir père, » confie-t-elle, partageant son désir d’une grande famille. Pour l’instant, ils s’occupent de leurs cinq chiens, dont un chiot à trois pattes nommé Angel. Parfois, Nicola s’arrête pour les contempler : « Je les regarde et je me dis, Regardez comme ils sont parfaits. »

Pour ce qui est de fonder une famille ou de trouver leur foyer idéal, il n’y a pas de pression. « J’espère simplement passer au moins une nuit dans notre prochaine maison, » conclut-elle avec espoir.

Publication originale de NYLON.COM.

Photographs by Max Montgomery

Styling by Caitlin Burke

Hair: David Von Cannon

Makeup: Georgi Sandev

Talent Bookings: Special Projects

Video: Marshall Stief

Associate Creative Director, Video: Samuel Schultz

Contributing Style Director: Jan-Michael Quammie

Photo Director: Alex Pollack

Editor in Chief: Lauren McCarthy

SVP Fashion: Tiffany Reid

SVP Creative: Karen Hibbert

crédit image :
Manteau THE ATTICO
Boucle d’oreille SAFSAFU
Robe, sac et chaussures DIESEL
Top DION LEE
Boucles d’oreilles JENNIFER ZEUNER
Collier et bagues de Nicola Peltz
Crop-top, mini-jupe et chaussures MARC JACOBS
Boucles d’oreilles JENNIFER FISHER
Bagues de Nicola Peltz
Robe DIESEL
Top DION LEE
Boucles d’oreilles JENNIFER ZEUNER
Bagues LADY GREY et HARLOT HANDS (main droite)
Collier et bagues de Nicola Peltz (main gauche)
Top et lunettes de soleil MIU MIU
Bracelet de la styliste
Collier et bagues de Nicola Peltz
Manteau THE ATTICO
Jupe BLUMARINE
Boucle d’oreille SAFSAFU
Top, jean et chaussures VERSACE
Boucles d’oreilles JENNIFER ZEUNER
Bracelet et bague BOOCHIER (main droite)
Bagues de Nicola Peltz (main gauche)
Portable A-MORIR
Top et jupe MIU MIU
Bracelet de la styliste
Bague HARLOT HANDS et NICKHO REY (main droite)
Collier, boucles d’oreilles et bagues de Nicola Peltz (main gauche)

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