CLUB KID : THE KIDS ARE ALRIGHT!

Avec son premier long-métrage, Jordan Firstman nous plonge dans les nuits new-yorkaises de 2016, sur fond de « Sex with Me » de Rihanna dès la scène d’ouverture, pour raconter une histoire de fête, de famille choisie ou inattendue, et de reconstruction. Une comédie dramatique queer où l’on rit autant qu’on pleure, qui évite les clichés et les solutions faciles.

Peter (Jordan Firstman) est un organisateur de soirées new-yorkais qui passe ses nuits à faire la fête, entre clubs, afters et consommation de drogues. Jusqu’au jour où il découvre qu’il est le père d’Arlo, un garçon de dix ans dont il ignorait l’existence. Une rencontre qui va bouleverser son quotidien et l’obliger à grandir, qu’il le veuille ou non.

Sur le papier, l’histoire pourrait sembler déjà vue. Pourtant, Jordan Firstman parvient à lui donner une véritable singularité, notamment grâce à sa représentation particulièrement juste de la communauté queer. Les personnages, même les plus extravagants, échappent aux caricatures. Les seconds rôles sont attachants, drôles et possèdent chacun leur propre personnalité, à commencer par la voisine et le colocataire de Peter ! Une véritable famille choisie, avec ses excès, ses contradictions et sa solidarité.

La vie nocturne new-yorkaise occupe une place centrale dans le film. Les clubs, la musique et les fêtes interminables composent un univers aussi fascinant qu’épuisant. Mais derrière cette liberté apparente se cache une solitude profonde. Et c’est là que Club Kid se distingue : le film célèbre la culture club sans jamais glamouriser l’addiction. La drogue n’est pas présentée comme un accessoire cool, mais comme quelque chose qui détruit progressivement la vie de Peter et l’empêche d’avancer.

Jordan Firstman est particulièrement touchant dans ce rôle. On en oublie presque sa personnalité publique pour ne voir que cet homme perdu, parfois égoïste, mais sincèrement désireux de changer. Cara Delevingne surprend elle aussi par la justesse de son interprétation. On adore également l’apparition de Shygirl dans son propre rôle !

La relation entre Peter et Arlo constitue le cœur émotionnel du récit. Certes, l’enfant paraît parfois un peu trop parfait pour être crédible, mais leur complicité fonctionne. Leur amour commun pour la musique devient un moyen de se rapprocher, transformant ce qui était autrefois une échappatoire pour Peter en quelque chose de plus intime et constructif.

Surtout, le film refuse de faire de la paternité une solution miracle. Peter doit apprendre à prendre ses responsabilités, à affronter ses erreurs et à accepter que vouloir changer ne suffit pas toujours à réparer ce qui a été abîmé. Une approche particulièrement juste, qui donne au récit une profondeur inattendue sans jamais tomber dans la leçon de morale.

Et quel plaisir, enfin, de découvrir une histoire queer qui ne repose pas systématiquement sur la tragédie ! Club Kid parle d’addiction, de solitude et de responsabilités, mais laisse aussi une immense place à l’humour, à la tendresse et à l’espoir.

Un film drôle et profondément sincère, qui rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour essayer de devenir une meilleure version de soi-même. « Innit, girl? »

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