Red lipstick on, Watch Parties devenues cultes, photoshoot ouvert au public avec Dazed Magazine ou encore campagne Zalando aux côtés de Lily Collins, Lyas s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la scène mode parisienne.

Créateur de contenus, critique de mode et figure Gen Z de la fashion contre-culture, il grandit à Rouen, fraude dans le train pour assister à son premier défilé, et (ré)invente à seulement 26 ans les fameuses Watch Parties. Ces expériences collectives et populaires permettent de rassembler les passionnés de mode comme les amateurs et s’ancrent pleinement dans l’héritage des années 80. On peut notamment penser au célèbre défilé Yves Saint-Laurent à la Fête de l’Humanité (1988) ou encore au show de Mugler au Zénith de Paris (1984). Lyas a su saisir avec justesse ce qu’il manquait à la mode : inclusivité, communauté et regard critique, en remettant au goût du jour la notion de « défilé-spectacle » avec les Watch Parties. Aujourd’hui, c’est aux côtés de Lily Collins qu’il s’affiche pour Zalando ! Entretien exclusif.
Tu partages aujourd’hui l’affiche de la nouvelle campagne Zalando Printemps-Été 2026 avec Lily Collins. Comment s’est passée votre première rencontre ? Qu’est-ce qui t’a le plus surpris chez elle ?
Elle est terriblement photogénique. C’était très cool de poser ensemble pour la même campagne en sachant qu’on incarne deux facettes très différentes de Paris : la sienne, très américanisée, et la mienne, un peu plus trash.
Qu’est-ce que ça fait de coller soi-même son affiche dans la rue ? Tes proches étaient au courant ou tu avais gardé la surprise ?
C’était jouissif de lancer la campagne à Paris et de voir mes pieds débarquer un peu partout en Europe ! Ma mère les voit à chaque fois qu’elle allume la télé. Elle est très fière.
Y a-t-il une pièce en particulier, signée Zalando ou portée lors de la campagne, qui t’a marqué ?
Leurs chaussettes sont imbattables, je les adore. Je les achète toutes sur Zalando car c’est presque impossible de trouver des chaussettes aussi amples ailleurs. Je ne supporte pas celles qui serrent au niveau de la cheville.
Quand tu construis un look, tu pars de la chaussure ou tu laisses tes cheveux et le make-up dicter le reste ? Quelle pièce a le dernier mot ?
Ça part presque toujours de la chaussure. Selon moi, une chaussure dicte une tenue, une humeur. Parfois je regarde quelqu’un, je le trouve canon, puis je baisse les yeux sur ses chaussures et c’est le ick instantané. Les chaussures font tout.
Le rouge à lèvres est ta signature, on ne te voit jamais sans ! Depuis combien de temps tu le portes, et quand est-ce que c’est devenu un geste intentionnel voire une forme de personal branding ?
C’est devenu une marque de fabrique en janvier 2025. Je voyais le monde devenir de plus en plus fasciste et je me suis dit que c’était notre devoir, en tant que personne queer, de revendiquer notre identité encore plus fort. Pour moi, ça signifiait le porter directement sur mon visage.

Si tu devais t’identifier à une esthétique ou un « core », ce serait lequel ?
Against-trend core.
Quelles sont les pièces de ton enfance qui ont façonné ta relation à la mode ?
Très clairement, les talons de ma mère. Je les essayais quand elle était au travail. Je prenais toujours une photo avant pour pouvoir les remettre au même emplacement et m’assurer qu’elle ne remarque jamais que je les avais portés. It’s hard to be gay.
Les Watch Parties, c’est ton concept signature. Organiser une soirée The Devil Wears Prada à New York, c’était le move ultime, comment l’idée est née ?
Initialement c’était une idée de Disney, donc chapeau à eux d’avoir perçu la valeur du format et fait en sorte que ça marche.
Entre tes Watch Parties à Paris et ton open photoshoot avec le magazine Dazed pour leur numéro « Culture Clash », on perçoit une vraie dimension communautaire dans tout ce que tu fais, d’où ça vient ?
J’essaie de faire en sorte que le gamin que j’étais quand je suis arrivé à Paris, avec des rêves plein la tête et des fringues sans goût sur le dos, ait l’impression que le monde n’est pas contre lui. Qu’il comprenne que la mode est un rêve auquel il a, lui aussi, le droit d’appartenir.
Si demain tu organisais une Watch Party sur quelque chose de complètement étranger à la mode, ce serait quoi ?
Je diffuserais l’investiture du prochain président français de gauche.

Si tu souhaites connaître les coups de cœur de Lily Collins en matière de style pour l’été 2026, on te laisse découvrir l’entretien Lyas x Lily Collins juste ici.





